Montréal ; l’appel à rompre les relations avec Israël
Le conseil municipal de Montréal a voté lundi une motion amendée relative au conflit au Moyen-Orient, lors d’une séance marquée par un débat intense. La version finale, adoptée par 54 voix contre 6, a supprimé les propositions initiales de l’opposition qui demandaient la rupture des liens institutionnels avec Israël et accusaient l’État israélien d’apartheid et de génocide. Ce retrait a été motivé par des inquiétudes sur la compétence municipale et les risques de tensions communautaires. Le texte adopté exprime la solidarité du conseil avec le peuple palestinien ainsi qu’avec toutes les victimes civiles des hostilités, appelle au respect du droit international et soutient tout processus judiciaire visant à examiner d’éventuelles violations dans la bande de Gaza.
La proposition initiale, portée par le parti Projet Montréal, a suscité une vive controverse. Ses partisans ont défendu la nécessité pour les autorités locales de prendre position sur les crises humanitaires internationales, arguant d’un devoir moral. Une conseillère a rappelé des précédents historiques pour justifier cette prise de parole. Un autre élu a insisté sur la cohérence, affirmant que si des crimes contre l’humanité sont condamnés en Russie, ils doivent l’être aussi en Israël. En revanche, les opposants et les membres de l’administration municipale ont souligné que la géopolitique mondiale dépasse le cadre des responsabilités municipales et que de telles prises de position risquent d’attiser les divisions au sein de la communauté montréalaise. La maire Soraya Martinez Ferrada a insisté sur le rôle des élus locaux, qui doit se concentrer sur la gestion de la ville, la sécurité des citoyens, la fourniture des services et la cohésion sociale, sans s’immiscer dans des conflits internationaux.
La décision intervient après plusieurs mois de tensions croissantes et de mobilisations publiques à Montréal. Le Centre pour Israël et les affaires juives (CIJA) avait déjà exprimé ses préoccupations quant aux débats municipaux sur des conflits internationaux, craignant une aggravation des tensions locales. Après le vote, le CIJA a salué la suppression des clauses les plus controversées, tout en critiquant le principe même d’importer ces conflits dans le débat municipal. L’organisation a également dénoncé certains propos tenus en séance, notamment le refus de qualifier le Hamas de groupe terroriste et la minimisation de l’attaque du 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts, dont un Montréalais. Le CIJA a appelé les élus à revenir à leurs priorités locales et à rejeter les tentatives de division qui menacent la coexistence pacifique des communautés montréalaises.
Cette motion amendée reflète un compromis entre la volonté de certains élus de s’engager sur des questions internationales et la nécessité de préserver la cohésion sociale et la compétence municipale. Elle souligne aussi la sensibilité du sujet dans une ville multiculturelle où les opinions sur le conflit israélo-palestinien sont très diverses. Le débat à Montréal illustre les difficultés rencontrées par les gouvernements locaux pour naviguer entre engagement moral et responsabilité politique, tout en évitant d’exacerber les divisions internes. Le conseil municipal semble avoir choisi de privilégier une approche plus prudente, centrée sur la solidarité humanitaire et le respect du droit international, sans prendre parti dans les accusations les plus polémiques.
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