Israël : Qui est Gadi Eisenkot, le général qui va défier Benyamin Netanyahu aux prochaines élections ?
Campagne électorale. Alors que des législatives sont prévues en Israël le 27 octobre, Gadi Eisenkot, un ancien général qui se présente comme centriste, domine Netanyahu selon certains sondages.
Alexandre Vella
Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major sans véritable charisme ni expérience politique, s’impose comme le principal rival de Netanyahou avant les législatives du 27 octobre en Israël.
Proposant une commission d’enquête sur les failles ayant permis l’attaque du 7-Octobre, il pousse aussi pour un service militaire universel incluant ultra-orthodoxes et Arabes israéliens, mais reste flou sur le conflit israélo-palestinien.
Fils d’immigrés marocains, Gadi Eisenkot a perdu son fils dans la guerre à Gaza. Il défend une ligne sécuritaire dure tout en critiquant la conduite de la guerre par Netanyahou.
Parviendra-t-il à faire tomber Benyamin Netanyahou ? A l’approche des législatives du 27 octobre, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot s’impose comme le principal rival du Premier ministre israélien sortant, malgré son manque de charisme et d’expérience politique.
Son ascension survient alors que le scrutin fait figure de référendum sur Benyamin Netanyahou, au pouvoir pendant plus de dix-huit ans. Si celui-ci reste crédité d’une forte popularité, il est également contesté, notamment sur la gestion du pays après l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.
Chef de l’armée de 2015 à 2019, Gadi Eisenkot, 66 ans, est l’un des critiques les plus virulents de sa conduite de la guerre à Gaza, où le fils du candidat est mort en décembre 2023. Même s’il défend lui aussi une ligne sécuritaire dure sur les différents fronts, du Liban à l’Iran.
Il se présente comme centriste
Son programme en dix points, qu’il présente comme centriste, commence par la promesse d’instaurer une commission d’enquête indépendante, comme le réclament de nombreux Israéliens, pour définir les responsabilités dans les défaillances ayant permis l’attaque du Hamas. Le candidat pousse aussi pour une « loi de service national universel » qui concernerait les juifs ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens, aujourd’hui exemptés de service militaire. Le sujet est central pour les Israéliens, qui ont de plus en plus de mal à accepter l’exception accordée aux ultra-orthodoxes alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux depuis 2023.
« C’est un gouvernement qui choisit d’affaiblir l’armée en plein milieu d’une guerre sans merci, alors que la fine fleur des fils et filles de ce pays sont déployés sur tous les fronts », a-t-il récemment tancé. Sur le conflit israélo-palestinien, celui qui a brièvement été ministre sans portefeuille entre octobre 2023 et juin 2024 a choisi de cultiver le flou pendant cette campagne.
Partisan de la stratégie de représailles massives
« Le seul message qu’il a fait passer, c’est qu’Israël doit être un Etat de droit », souligne Tal Elovits, chercheur au centre de réflexion israélien Molad, laissant entendre que « les implantationss illégales et les violences commises (en Cisjordanie) feraient l’objet de mesures ».
Mais soucieux de courtiser cet électorat, il s’est rendu en avril dans des implantations du nord de la Samarie dont l’une parmi « les plus violentes », selon l’ONG israélienne anticolonisation « La paix maintenant ».
Au Liban, où il a officié lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah pro-iranien, Gadi Eisenkot a été l’un des initiateurs de la « doctrine de Dahiyé », en référence au bastion du Hezbollah en banlieue de Beyrouth largement pilonné sous son commandement. Une stratégie de représailles massives qui part du principe que le mouvement chiite dissimule des combattants et armes au milieu des habitants et infrastructures civiles.
Origine sociale opposée à Netanyahou
Fils d’immigrés marocains ayant grandi à Eilat (sud), il offre un contraste saisissant avec Benyamin Netanyahou, héritier d’une riche famille de l’élite ashkénaze, qui a passé une partie de son enfance aux Etats-Unis.
Le général, qui s’inscrit dans la longue tradition d’anciens chefs d’état-major reconvertis en politique comme Yitzhak Rabin et Ehud Barak, bénéficie d’un fort capital de sympathie à la suite de la mort de son fils Gal en décembre 2023 et de deux de ses neveux dans les combats à Gaza.
En tête des sondages
Sa jeune formation, Yashar (« droit » ou « intègre » en hébreu), supplante désormais le Likoud de Netanyahou dans les sondages. Ses autres concurrents, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l’opposition Yaïr Lapid, qui se sont unis en vue du scrutin, apparaissent distancés.
« De nombreux électeurs de droite qui n’aiment pas ce que fait Netanyahou […] cherchent une maison politique. Et pour eux aujourd’hui, c’est Gadi Eisenkot », affirme Gayil Talshir, professeure de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. Pour ceux du centre, il représente avant tout un choix stratégique pour pousser vers la sortie le Premier ministre sortant.
JForum.fr avec 20minutes.fr A.V. (AFP)
Gadi Eisenkot, a perdu un fils et deux neveu dans la guerre à Gaza. Il est pressenti pour devenir le futur premier ministre d’Israël et devance Netanyahou dans les sondages à un peu plus de trois mois des élections - D. Vazinovich/Middle East Images via AFP
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Tous les généraux de l’armée sont sélectionnés par le deep state wokiste et anti religieux. Donc un de plus…