Faillite au Consistoire de Paris
Treize candidats pour treize postes au Conseil d’administration du Consistoire de Paris, et tous de la même tendance : celle de Joël Mergui, président depuis plus de vingt ans…Ne cherchez pas ni la pluralité ni la démocratie , le Consistoire n’est plus une association mais un clan au service d’une personne.*
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’élection du 30 novembre n’aura rien de révolutionnaire. Lors des précédentes élections, il y avait une fausse liste d’opposants, dont la tête de liste était acquise à Mergui, ce qui lui permettait d’être le seul élu alors qu’il avait pour mission de saboter l’opposition tout en donnant une vague odeur de démocratie.*.
Ce serait pourtant le moment : créée par Napoléon en 1808 pour organiser la communauté juive d’Île-de-France , l’institution se trouve en quasi banqueroute. Au printemps dernier, il restait si peu d’argent dans les caisses qu’il a été demandé aux synagogues et aux centres culturels placés sous sa tutelle de ne plus régler les factures pour éviter les chèques sans provision, le temps de reconstituer la trésorerie, à l’occasion de la fête de Kippour, propice aux dons. La plupart des synagogues et des centres culturels estampillés consistoriaux ont des doubles comptabilités. Une partie de l’argent est envoyée au Consistoire, une autre – la plus importante – est conservée par sécurité afin d’éviter que les sommes en question soient englouties par l’institution en faillite. Cela a permis à aux présidents de ces communautés de se maintenir depuis vingt ans et plus sans élection, au mépris des fidèles dont la seule utilité consiste à payer des dons sans être vraiment considérés.*
Le fisc à l’affût
Selon des documents sur lesquels « Le Canard » a mis la palme, la situation s’est progressivement dégradée depuis deux décennies, avec environ 2 millions d’euros de déficit chaque année, pour un budget pourtant en régression de 26 millions – sans que les bourgeois de la communauté ne s’en étonnent-. Le Consistoire a un train de vie bien au-dessus de ses revenus.
Le patrimoine dont ont hérité les différents conseils d’administration a fondu comme neige au soleil. Ce patrimoine immobilier important qui peut servir de garantie a permis grâce à une vente en 2024 d’afficher un bilan meilleur à -1.3 million d’euros. Mais personne ne s’est risqué à fanfaronner : à la même date en effet la dette cumulée avait , elle grimpé à 45.2 millions d’euros. Une partie – 9 millions d’euros rien que ça – devant revenir au fisc et aux caisses de sécurité sociale avec lesquelles le Consistoire est en délicatesse depuis de nombreuses années déjà. La construction du Centre européen du Judaïsm du 17e qui est un échec architectural, fonctionnel, et un gouffre financier n’a pas arrangé les choses. La mégalomanie du président et l’incompétence notoire de la maîtrise d’œuvre y sont pour beaucoup. Tout cela de quoi entamer sérieusement les réserves de l’institution lorsqu’il faudra éponger la dette, ce qui semble quasi impossible.
Soucieux d’éviter l’émergence d’une liste dissidente qui pourrait être tentée de mettre le nez dans ses affaires, Joël Mergui, avec la complicité des bourgeois du 17e et de Neuilly qui l’ont toujours soutenu, en tant insubmersible président a communiqué à minima sur les élections à venir. Moins serein qu’il n’y parait il laisse désormais entendre qu’il pourrait céder sa place, avec la patate chaude. L’un de ses proches a entrepris une tournée au sein des communautés franciliennes pour se faire connaître au cas où. Il a déjà gagné le doux surnom de Medvedev…
- JForum.fr
Pour mémoire – les méthodes Mergui
Le Canard Enchaîné épingle le Consistoire. Ce n’est pas la première fois.
Depuis des années, sur JForum, nous avons été les seuls à dénoncer cette situation lamentable.
À chaque fois, les réseaux d’amis de Mergui se sont coalisés pour le maintenir au pouvoir. Ces idiots utiles, les petits bourgeois de Neuilly et du 17e, lui ont permis de se maintenir. Ils sont co-responsables de la dette cumulée de 42 millions d’euros, que la communauté est incapable de rembourser. Et d’ailleurs, pourquoi le ferait-elle ? Pour une institution qui n’apporte plus rien à personne. Plus de 400 synagogues non consistoriales vivent en équilibre financier sans rien demander au Consistoire. Combien de personnes vivent aux crochets de la communauté et vous regardent d’un air hautain lorsque, par malheur, vous avez besoin d’eux, surtout au Beth Din ?
La cacherout peut se trouver ailleurs, et prier dans une synagogue non consistoriale est devenu courant. A-t-on déjà vu une fois dans nos communautés le grand rabbin de Paris ou de France ? Jamais.
La majorité des formations à la Bar Mitsva se fait par des circuits privés.
Le plus malheureux dans tout cela, c’est que dans l’esprit du donateur, son argent va dans une mitsva, et dans son imaginaire, il fait preuve de foi, mais la réalité est bien plus prosaïque, compte tenu de la mauvaise gestion.
Depuis longtemps, l’État aurait dû mettre un terme à cette catastrophe, ne serait-ce que par le non-respect des règles démocratiques. Sans parler des bilans que des commissaires aux comptes ont validés année après année.
Il vaudrait mieux considérer cette institution comme morte et laisser Mergui se débrouiller avec sa dette. Après tout, n’est-ce pas son affaire ?
JForum.Fr
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Jforum, je suis choqué par la méchanceté de votre article
C est honteux d écrire un tel article
Qu’est-ce donc qui est honteux ? La dette de 42 000 000 d’euros, l’absence de démocratie, le mépris des fidèles ou l’aveuglement et l’omerta ?
La communauté n’est-elle vouée qu’au silence, alors que la cacherout coûte un bras au bénéfice d’un clan soutenu par des personnes qui veulent l’asservir encore et encore ?
La honte doit retomber sur ceux qui ont instauré et profité de ce système.
Votre silence sur tout cela, ainsi que votre approbation, fait de vous un complice de la mise à mort de la communauté.
C’est elle, la seule et unique victime silencieuse.
par rapport aux associations americaines UJA ou Agudas Yisroel, elles sont beaucoup mieux preparees et ecoutent bien au peuple. Elles ont fait le chabbat plein une fois par an dans les hotels differents. Pas seulement pour les bourgeois.
Le culture francais se reflete bien a Marie-Antoinette’s « let them eat cake » quand la population n’a plus le pain…..
Quand on a du pouvoir et des honneurs on a du mal à s’en passer. Cela fait des années que la gestion de l’Acip est décriée et contestée, mais rien ne se passe, les mêmes se maintiennent au pouvoir et l’institution coule.
On a besoin d’une institution qui assure et garantisse le Beth-Din, la cacherout, les mariages, la Hevra kaddicha, le Talmud thora, les synagogues, la formation des rabbins, etc. La fin de l’Acip serait donc une catastrophe. Mais qui en sera le sauveur ?
L’article du Canard parle d’un « Medvedev » à la manoeuvre, autrement dit d’un faux-nez de l’actuel président ou d’une marionnette à sa botte. On aimerait savoir qui est-il.
Lamentable.