Comment l’Iran emploie des voyous du monde entier pour faire son sale boulot
L’Iran et ses réseaux criminels

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a annoncé une série de mesures exceptionnelles à l’encontre de l’Iran, à la suite de conclusions accablantes des services de renseignement. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, Canberra a décidé d’expulser un ambassadeur étranger, en l’occurrence celui de la République islamique. L’Australie a également fermé son ambassade à Téhéran et inscrit les Gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes.

Cette décision intervient après qu’une enquête de l’ASIO, l’agence australienne de sécurité intérieure, a établi un lien direct entre Téhéran et plusieurs attaques contre des institutions juives en Australie.

Attaques ciblées contre la communauté juive
Selon le directeur de l’ASIO, Mike Burgess, l’Iran serait impliqué dans l’incendie criminel du restaurant casher « Louis Continental Kitchen » à Sydney en octobre 2024, ainsi que dans celui de la synagogue « Adass Israel » à Melbourne deux mois plus tard. D’autres incidents, comme l’incendie de la synagogue « East Melbourne » en juillet dernier, sont également examinés, certains suspects interpellés ayant des liens directs avec l’Iran.

« L’Iran et ses intermédiaires ont mis en danger des vies et terrorisé la communauté juive », a déclaré Burgess, ajoutant que des réseaux criminels avaient été utilisés pour masquer l’implication directe des Gardiens de la révolution.

Face à cette vague d’antisémitisme, le Premier ministre Albanese a dénoncé une « ingérence inacceptable », affirmant que l’Iran avait recouru à des « criminels locaux » pour mener des attaques, brouillant ainsi les pistes et évitant toute responsabilité apparente.

Téhéran dans le déni
Comme attendu, le ministère iranien des Affaires étrangères a nié toute implication. Son porte-parole, Esmaeil Baghaei, a rejeté les accusations, estimant qu’il s’agissait d’une « projection » australienne et affirmant que l’antisémitisme était un « phénomène occidental ». L’Iran a par ailleurs averti que toute mesure diplomatique jugée « inappropriée » entraînerait une réponse réciproque.

Une méthode qui dépasse l’Australie
Les autorités australiennes ne sont pas les seules à mettre en garde contre l’usage par l’Iran de réseaux criminels pour mener des attaques. Des exemples similaires ont émergé en Europe.

En Suède, le gang Foxtrot, dirigé par Rawa Majid, dit « le Renard kurde », est soupçonné d’avoir mené plusieurs actions violentes pour le compte de Téhéran. Parmi elles : le dépôt de grenades à l’ambassade d’Israël à Stockholm, des tirs contre la représentation diplomatique, ou encore des attaques à Bruxelles et à Copenhague en 2024. L’enquête a montré que ce gang recrutait parfois des adolescents pour exécuter ses missions, une pratique dénoncée comme cynique et dangereuse.

Au Danemark, un citoyen a été arrêté pour espionnage au profit de l’Iran, tandis qu’au Royaume-Uni, une cellule liée à Téhéran a été démantelée alors qu’elle préparait une attaque contre l’ambassade d’Israël. La commission parlementaire britannique du renseignement a confirmé cet été que la République islamique représentait une menace « croissante et imprévisible » pour la sécurité nationale.

Aux États-Unis, deux mafieux ont été condamnés en mars dernier pour avoir tenté d’assassiner la journaliste dissidente iranienne Masih Alinejad à New York, moyennant une somme de 500 000 dollars.

Le choix risqué de l’« externalisation »
Pour les spécialistes, cette stratégie iranienne de délégation à des bandes criminelles n’est pas nouvelle. Danny Citrinowicz, ancien responsable du renseignement militaire israélien, explique que Téhéran cherche à « se protéger diplomatiquement » en confiant à des intermédiaires les attaques contre des cibles israéliennes et juives.

Selon lui, cette méthode est apparue après les lourdes conséquences diplomatiques des attentats de Buenos Aires dans les années 1990, qui avaient coûté cher à l’Iran en termes d’image. En utilisant des groupes criminels, Téhéran espère brouiller les pistes et réduire sa responsabilité directe. Mais ce choix n’est pas sans inconvénients : « Ces organisations sont souvent amateurs et infiltrables, et même si les Iraniens veulent paraître distants, tout le monde sait qu’ils en sont à l’origine », précise-t-il.

Une menace mondiale
De l’Australie à l’Europe en passant par l’Amérique, les enquêtes convergent : l’Iran a recours à des criminels pour mener des actions violentes ciblant des institutions juives et israéliennes. Cette stratégie illustre la volonté de Téhéran d’agir sur plusieurs continents, tout en tentant d’échapper à une condamnation diplomatique directe.

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