« Cette œuvre a pu apaiser leur peine » : succès d’une « fresque » contre l’antisémitisme après le tronçonnage de l’olivier d’Ilan Halimi
« Ce qui compte le plus pour moi, c’est d’avoir reçu des mots de la famille d’Ilan Halimi », explique au Parisien l’artiste Yehiel Attias, auteur de la fresque virtuelle.
Par Ronan Tésorière
« L’ART CONTRE L’ANTISÉMITISME. » On peut parler de manifeste au regard de la portée de l’œuvre. Ce vendredi, l’artiste Yehiel Attias a publié sur son compte Instagram une œuvre rendant « hommage à Ilan Halimi », comme écrit en capitale d’imprimerie en guise de frontispice.
Ilan Halimi, jeune homme juif de 23 ans, est mort en 2006 après avoir été enlevé et torturé pendant 24 jours par le « gang des barbares ».
Cette œuvre veut réhabiliter l’olivier d’Ilan Halimi et son message de paix. En effet, cet arbre, planté en 2011 à sa mémoire à Épinay-sur-Seine, a été tronçonné dans la nuit du 13 au 14 août suscitant l’indignation de la communauté juive et de la classe politique dans son ensemble.
L’artiste a ajouté un texte biblique à son œuvre numérique où l’on voit un arbre repousser depuis la souche de « l’arbre de vie » d’Ilan Halimi. « Car pour l’arbre, il est encore de l’espoir ; si on le coupe, il peut repousser et les jeunes pousses ne lui manqueront jamais ». « Job : 14, 7 » est ajouté à cette fresque monumentale qui n’a a priori pas encore trouvé de vrai mur pour l’accueillir. Elle a en tout cas déjà recueilli plus de 5 000 likes sur le post original et est recopiée à l’envie sur Instagram et X.
« Mots de la famille d’Ilan Halimi »
« J’ai voulu réagir à l’indignation profonde que nous ressentions face à la profanation d’un mémorial : un acte qui, en lui-même, revient à profaner une mémoire déjà meurtrie», a commenté l’artiste Yehiel Attias, joint par Le Parisien.
« L’engouement suscité sur les réseaux sociaux, les centaines de messages reçus — de juifs comme de non-juifs — montrent à quel point cet acte a touché bien au-delà de notre communauté. Il a révélé l’importance de répondre, de transformer la douleur en un geste artistique porteur de mémoire et de résilience », a-t-il précisé.
« Mais ce qui compte le plus pour nous, c’est d’avoir reçu des mots de la famille d’Ilan Halimi. Savoir que notre œuvre a pu, ne serait-ce qu’un peu, apaiser leur peine et celle de tous ceux qui ont été indignés, voilà ce qui donne tout son sens à ma démarche », a conclu l’artiste.
« Ils ont tronçonné la vie »
L’artiste Yehiel Attias n’en est pas à sa première du genre. En novembre 2023, cet artiste originaire de région parisienne et installé à Strasbourg (Bas-Rhin) avait déjà fait parler de lui pour avoir détourné dans « une réponse à la haine » des tags qui se voulaient antisémites dans le VIVe arrondissement de la capitale.
« J’ai vu coup sur coup les photos des étoiles sur les murs et la vidéo d’une dame âgée en pleurs devant, retrace-t-il. J’ai voulu transformer ces tags qui font peur en un message d’amour pour proposer une réponse à la haine. » Expliquait-il y a quelques mois dans nos colonnes.
L’artiste a récidivé ce week-end, offrant là aussi un message d’espoir après un geste de haine qui a choqué profondément encore une fois.
« On est très choqués, on a l’impression qu’on assassinait à nouveau Ilan Halimi. Ils n’ont pas cassé la plaque, mais ils ont tronçonné un arbre, c’est-à-dire qu’ils ont coupé la vie. Oui, ils ont tronçonné la vie », confiait ce vendredi David Elbaz, vice-président de la communauté juive d’Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) qui a participé à un long moment de recueillement, devant la stèle honorant la mémoire d’Ilan Halimi. Le dessinateur Plantu a lui aussi rendu hommage à Ilan.
![]() Ilan, ta mort ne leur a pas suffi. Ils ont voulu effacer ta mémoire, ils ont coupé l’arbre de la paix. Mais ce qu’ils ne savaient pas, Ilan, c’est que tu es éternel. Pour chaque branche cassée, nous planterons un arbre ; pour chaque arbre coupé, nous planterons une forêt ; pour chaque coup de haine, nous déverserons un océan d’amour. Ce qu’ils ne savaient pas, Ilan, en s’attaquant à ta mémoire, c’est que dans ton pays qu’on appelle France, pour chaque Dreyfus, il y aura toujours un Zola. Nous ne t’abandonnerons plus jamais ! Plus jamais ! Plus jamais ! Et à vous toutes et tous qui me lisez : postez une photo d’olivier.
Inondez le monde d’oliviers. Qu’ils sachent, ces barbares, que nous sommes légion ! |
Sources: www.leparisien.fr et Ilanesteternel
Cette œuvre, encore virtuelle, n’a pas encore trouver de vrai mur. YehelJudaica/Instagram
JForum.fr
![]() |
![]() |











































L’entendement humain ne peut pas comprendre pour quelle raison
Dieu nous a choisi parmi les autres nations:
Rabbi Na’hman de Breslev.