Ce texte est inspiré d’un cours de Talmud enseigné par le Grand Rabbin Gilles BERNHEIM
A l’approche de Hanoucca, l’inauguration du Temple purifié, j’aimerais évoquer un point souvent débattu: que célébrons nous lors de cette fête si particulière dans la mesure où elle n’apparaît pas dans la Torah écrite ? Est-ce le miracle de la fiole d’huile qui dura huit jours alors qu’elle ne suffisait que pour un jour selon toute logique ? Est-ce la victoire militaire des Maccabim qui permit à nouveau l’indépendance du peuple juif sur sa terre?
Un enseignement du Grand Rabbin Gilles BERNHEIM nous apprend que dans la Guemara Shabbat chap 2, il est question des huiles défectueuses interdites pour Shabbat. La question se pose de savoir si elles peuvent être utilisées pour l’allumage des bougies de la Hanoukia.
Tout le problème est de définir où se situe l’essentiel de cette Mitsva: Est-ce l’allumage qui compte, ou bien est-ce la combustion ? Autrement dit, est-ce l’acte fondateur ou la totalité du travail qui doit être accompli?
L’allumage, c’est à dire le premier élan, est-il central, ou faut-il rallumer à chaque fois la bougie si elle s’éteint de manière à maintenir la flamme allumée?
Il y a une polémique dans la Guemara entre les Sages à ce propos, au nom du Ciel, lechem chamaiim. Une école de pensée considère que l’important est l’allumage, peu importe si la flamme s’éteint.
Une autre école définit la Mitsva par la combustion, il faudrait donc rallumer la bougie à chaque fois qu’elle s’éteint.
Une question est posée : Un enfant peut il rendre quitte son père si celui-ci est absent?
Quand l’allumage prime et représente donc l’essentiel de la Mitsva, l’enfant ne peut pas remplacer son père absent, car le geste primordial est le geste d’allumer la flamme, or le père est absent à ce moment-là. Par contre si la combustion est centrale dans cette Mitsva, dans son essence, l’enfant pourrait rendre quitte son père puisque celui-ci, en rentrant chez lui, aurait juste à déplacer la Hanoukia en signe d’accomplissement de la Mitsva, les bougies étant en train de brûler, il accomplirait donc la Mitsva.
En réalité, la Guemara pose une question cruciale : Les Maccabim ont-ils eu raison de considérer cette petite fiole d’huile comme suffisante?
Ils ne savaient pas qu’Hachem accomplirait un miracle; alors qu’est-ce qui les a poussé à allumer une bougie qui allait s’éteindre au bout d’un jour?
L’espoir, la foi, la conviction qu’il fallait faire quelque chose en dépit de ce qui allait arriver…. un peu tel Hertzl avait son rêve de créer un État juif sans aucune garantie et contre toutes attentes: ils y ont cru!
Autrement dit, il ne nous appartient pas de finir le travail mais nous avons l’obligation de le commencer !
Le miracle vient après, lorsque le premier effort, le premier pas ou le premier acte, est réalisé…Hachem nous aide à continuer et offre parfois l’issue tant espérée!
Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle fête de Hanoucca, pleine d’éclairages nouveaux dans l’étude, de douceurs partagées en famille et la joie de voir jouer les enfants avec les toupies et les cadeaux…
Tout cela participe à la commémoration d’un événement inspiré et inspirant, au souvenir et la reconnaissance de l’immense bonheur pour notre peuple d’être à nouveau indépendant, déjà grâce aux Maccabim, les H’achmonaiim, qui ont ouvert la voie en d’autres temps….
Et, encore aujourd’hui, merci aux fondateurs ou visionnaires comme Herzl ou Ben Gourion qui, le sachant ou pas, ont bénéficié, je le crois, au delà de leurs propres efforts, de l’aide d’Hachem dans l’œuvre qu’ ils ont entamée et accomplie.
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