Lundi 2 février, le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia a fait escale à Rennes, pour y rencontrer cette communauté de province, parmi toutes celles qu’il visite, depuis son élection du 22 juin 2014.
Homme de terrain et aumônier militaire, on est tenté de le comparer à un général, voire, au « petit caporal » (surnom donné par les « Grognards » à Bonaparte) en campagne, passant de bivouac en bivouac, au crépuscule, à la veille de la bataille sous le soleil d’Austerlitz.
Ont frappé ceux qui l’ont approché, tout au long de la journée, l’à-propos, la concision et l’efficacité de ses réponses -l’humour en prime- , sur tous les sujets qui rendent la vie des petites collectivités juives (et au-delà) plus difficile que dans les grands centres urbains de présence ancienne et instituée.
La journée était aussi ouverte à tous les secteurs de la vie politique, civile et religieuse, à travers des rencontres avec les autorités locales et régionales. Le débat de fond, en soirée, s’est animé aux quatre vents, autour de « l’accueil de l’étranger ».
Ce thème ne peut que résonner (étrangement), du fait des évènements récents qui lui donnent un éclairage tout-à-fait particulier : comment réparer, retisser la relation, alors qu’on est confronté à une idéologie fondée sur la négation de toute altérité? D’autant qu’actuellement l’abord de ce sujet n’est, réellement, possible qu’avec tempérance et sous bonne garde de l’armée et des forces de sécurité. Ce que les journalistes présents n’ont pas manqué de noter.
Le Judaïsme, de tous temps, lors des grandes controverses de la jurisprudence talmudique, a cherché et procuré des réponses à qui conserve des yeux d’enfant indispensables à poser les questions et provoquer la rencontre. Car ce n’est pas l’évènement (du 11 janvier 2015, par exemple) qui recrée du lien, mais l’attitude qu’on adopte et le sens qu’on lui donne dans la durée.
Ce n’est pas, non plus, la première fois que le peuple juif se trouve mis au pilori par des multinationales concurrentes cherchant à lui subtiliser une bénédiction, ou par une inquisition, un régime racial ou parti unique. C’est, sans doute, ce génie de l’issue à une situation, a priori, impossible, difficilement supportable, en tout cas unique, que le Judaïsme français devra, à nouveau, mobiliser.
Car au-delà, il n’y a pas simplement la situation sécuritaire globale, très préoccupante, qui pose problème, mais un ensemble de facteurs relatifs à la désaffection, au départ des jeunes vers les grands centres ou au choix de l’Aliya réfléchie, qui génèrent un climat caractérisé par le manque. Cela touche tout le territoire de juridiction du Grand Rabbin et il lui faut aller partout prendre le pouls des groupes qui restent, réinventer la direction à suivre, en leur sein comme vis-à-vis de l’environnement.
En équilibre sur l’échelle de Jacob
Il ne sert, sans doute, à rien de comparer l’action de tel haut dignitaire du Consistoire central avec l’un de ses prédécesseurs, tant les styles, les formations, les parcours, les époques, surtout, conservent, chaque fois, toute leur singularité. Pourtant, il semble clair que l’un des modèles d’inspiration du Grand Rabbin Haïm Korsia est celui sur qui il a écrit un livre et une réflexion sur la citoyenneté en état d’urgence et d’exception :
Haïm Korsia (préf. Jacques Chirac), Etre juif et Français : Jacob Kaplan, le rabbin de la république, Paris, Prive, 2006.
Le Grand Rabbin Jacob Kaplan
Le Rav Jacob Kaplan, devenu Grand Rabbin de France par intérim, en janvier 1944, n’a eu de cesse, au cours de la période la plus éprouvante, de trouver des solutions pour sauver tous ceux qui l’entouraient. Plus tard, à partir des années 1950, comme Grand Rabbin de Paris, puis Grand Rabbin de France, à partir de 1955, le voilà qui règle l’Affaire Finally (provoque, pourrait-on suggérer, Vatican II, dans l’esprit d’un autre Juif, à l’ONU, René Cassin, co-promulgateur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme), rebâtit, pas à pas, la communauté juive de France décimée, puis organise l’accueil de tous ceux des Juifs, qu’on a appelé les « rapatriés d’Algérie » et autres protectorats, en pleine révolution Nord-Sud : la décolonisation.
Nous sommes, sûrement, à l’autre bout de ce cycle de reconstruction, dont les ponts nous mènent jusqu’aux années 2000, à l’Intifada 2, aux « Printemps » qui tournent au cauchemar. Depuis, le temps s’est accéléré et les menaces ont redoublé : de Sébastien Selam, dont le meurtre sauvage traîne encore les couloirs des prétoires et la rubrique « faits divers » d’un moment de « folie », à Ilan Halimi, aux enfants Sandler, leur père Jonathan, Myriam Monsenego, à la tuerie de Bruxelles, … jusqu’à ce que le massacre des 12 de la tribu Charlie-Hebdo – dont les créateurs se seraient bien marré à l’idée d’autant de sabres, de calottes et de goupillons réunis pour plancher sur leur cas – et d’une stagiaire de police de 26 ans n’écarquille les yeux profondément assoupis d’une France, largement indifférente au sort des communautés et des individualités qui les composent… Face à cela, le Grand Rabbin a évoqué le sentiment d’abandon des Juifs de France et comment bouleverser ce paysage moribond.
Si le commentaire journalistique peut être dythirambique, il ne convient pas, nécessairement, d’entendre ce qui n’est pas dit. Le Grand Rabbin de France n’a pas vocation à dissuader de monter en Eretz Israël, en tant que haut-fonctionnaire d’un « plan anti-Aliyah ». Il doit faire en sorte que si on le choisit, cela soit pour les bonnes raisons, par appel de l’idéal, choix construit. Et non parce que mû par un divorce mal vécu avec les principes bafoués de la République, au premier titre desquels le droit du citoyen, quelle que soit sa confession, à la sécurité, premier besoin élémentaire.
L’Unité jaillit de l’émotion, si elle est bordée par la règle
Reste cette question fondamentale du « vivre-ensemble », ou plus exactement de « l’être-ensemble », qui puisse déboucher sur le sentiment d’appartenance à la nation. Celle-ci vit un éclatement de ses représentations, du rapport aux institutions, à l’autorité, à la règle commune, où il n’y aurait plus qu’un spontanéisme, parfois nihiliste, souvent destructeur et dangereux. Haïm Korsia nous rappelle une autre de ses sources d’inspiration : George Braque. Il nous dit : « J’aime la règle qui corrige l’émotion ». En peu de mots, c’est aussi toute l’histoire de la Loi mosaïque.
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Le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, espère que l’unité manifestée lors de la « marche incroyable du 11 janvier », incitera les juifs tentés par le départ en Israël à rester en France.
Entretien
Haïm Korsia,
Grand rabbin de France, depuis juin 2014.
A-t-on tiré tous les enseignements des attentats de Paris ?
Le 27 janvier, le chef de l’État a annoncé un plan contre le racisme et l’antisémitisme. De nature à vous rassurer ?
De quoi décourager les Français juifs de partir pour Israël ?
Que retenir du 70 anniversaire de la libération des camps ?
Recueilli par Éric CHOPIN.
Article issu de l’édition de Rennes Nord du mercredi 4 février 2015
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Le grand rabbin de france est un salarié de la france, il défend son employeur comme il le peut, ne soyons pas dupe, il est scandaleux, grave, irresponsable et suicidaire de ne pas réveiller les juifs de france, il en porte une responsabilité aggravante du fait de son poste et de la confiance que lui témoignent certain juifs, un représentants de la religion juive qui va a l’encontre des plus grands rabanimes du monde juste pour défendre son employeur, ça veut dire qu’il est juste un petit homme comme les autres, informez vous autrement.
Rectificatif : l’employeur du GRF est Hachem. Cela peut paraître surprenant, mais il n’a compte à rendre qu’à Lui. Ceci depuis le Sinaï. Deuxièmement, il a été élu par ses pairs et les représentants des communautés françaises et certainement pas nommé par un Ministère ou l’Elysée. Il fait donc, avec le rôle qui lui est imparti, ce qu’il est en mesure de faire avec les moyens du bord. Troisièmement, personne ne se mettrait, comme beaucoup, à jeter des pierres à un envoyé Loubavitch envoyé en Inde ou au fin fond de la Papouasie réunir les derniers Juifs locaux pour tacher qu’ensemble, ils fassent communauté, éventuellement que quelques-uns décident de monter en Eretz. Par contre, alors, le Grand Rabbin de France, comment on va lui tailler des costards parce qu’il a le malheur de faire son job, de là où il est et en mobilisant toute l’énergie nécessaire.
Quatrièmement, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais 7000 Juifs auront fait l’Aliyah en 2014, on en attend environ 10.000 au bas mot, en 2015, ce qui représente à peine 2% de 500.000 pour arrondir. Cinquièmement, croyez-vous sincèrement, à moins de faire partie du Ministère de la planification, que l’Etat d’Israël aurait les moyens d’absorber 500.000 individualités avec des moyens et des besoins différents en, admettons, 5 à 10 ans? Ceux qui posent ces chiffres de 10.000 maximum sont ceux qui planifient en Israël. Un autre plan a été mis en place, qui n’a pas, à cette heure, l’aval des gouvernants. Il évoque la possibilité d’intégrer 120.000 migrants Francophones dans les 5 à 10 années à venir. Dans les meilleures configurations et les plus optimistes, pour ne pas dire utopiques, resteraient 380.000 de ce « stock » brut à attendre leur éventuel ticket d’entrée. Tant qu’on n’atteint pas les 250.000 alyot, on n’a pas passé le cap qui fera quela majorité bien trempée reste en France, à cette heure. C’est sans doute dur à se l’avouer, mais c’est la réalité.
En attendant, il faut que le Talmud Torah, les Bar-Mitsvoth ou Bat-,les mariages, les enterrements, les conversions, le Beth-Din, la Cacherout, etc., voire les tamponnages de certificat de Judaïcité continuent et pas de manière artisanale ou approximative, administrative,mais avec vigilance t bon pied bon oeil. Ou alors on passe tout le Judaïsme aux oubliettes et on monte parce qu’on serait de naissance juive, voire par filiation plus ou moins étalbie, etc…
Qu’est-ce qu’on fait, on les laisse dans la nasse, on les fait patienter? On imagine de nouvelles situations transitoires, genre Ouganda ou Madagascar, on les débarque à Nicosie ou à Malte, comme en 47?
Dans la mesure où on a, face à soi, des commentateurs qui remuent de grands idéaux et de graves accusations sans avancer autre chose que leur sentiment de peur et de fuite, et SURTOUT qui refusent de lire ce qui est écrit noir sur blanc : si c’est par appel spirituel et de l’idéal, c’est la décision respectable et individuelle à prendre, si c’est pour fuir un cadre encore républicain parce que celui-ci a échoué, alors on doit s’attaquer aux causes de ces départs « forcés » (et non pas « incriminer » ceux qui font ce choix, comme on a pu le lire de la part de commentateurs malveillants). Mais, comme on le voit, seule la caricature et l’incrimination manifeste l’emportent, contre ceux qui se retroussent les manches pour ceux qui ne sont pas encore dans l’avion ou qui n’ont pas d’autre raison de partir que la peur face à la dégradation de la situation. Cela veut dire que tout débat sur ces questions sensibles et qui ne se résolvent pas à l’emporte-pièce devient impossible. C’est-à-dire que le Judaïsme ne devrait plus s’appuyer sur son pilier : le sens du discernement et l’intelligence des situations, mais sur des slogans, du « tout, tout de suite », du « fichons-l’camp », surtout du : « Si on n’est pas encore parti, c’est la faute au Grand Rabbin », soit une attitude infantile, un discours « d’orphelin » face aux Institutions, un manque flagrant de prise en charge, si on souhaite ou doit partir, bref un véritable discours d’assistés franchouillards. Il serait peut-être temps de se dire que si on n’est pas partis, c’est un peu de notre responsabilité, sans attendre de grands discours ronflants et moralisateurs, faisant de l’Alyah illico une obligation à réaliser immédiatement.
Bon, allez, je veux bien prendre le pari que si le GRF disait le contraire : « Fichons-le-camp! », il y aurait des dizaines de voix pour contester qu’il n’est pas dans son rôle, qu’on ne lui a rien demandé, qu’on ne va quand même pas plier les gaules devant une bande d’abrutis qui hurlent des ordres de faire les valises ou le cercueil en arabe mal sonnant, comme ces dégénérés de frères Kouachi et Coulibaly, qu’on ne va pas céder devant la Racaille.
Parce que les Juifs sont aussi ainsi faits, indociles, souvent résilients, parfois résistants… Au bout du compte, c’est une guerre mondiale, mal cantonnée sur 200.000 kms carré et qui déborde un peu partout. Et rien n’empêche personne d’aller s’engager dans Tsahal, voire auprès des Kurdes pour tacher d’y mettre un terme, ici ou ailleurs…
Il est très facile de critiquer le grand rabbin de France en ne s’appuyant que sur des dires. On a facilement tendance à oublier que ce dernier occupe une fonction POLITIQUE !!
Vous pensez ne pas être en sécurité ?? Eh bien attendez que le grand rabbin de France en appel publiquement au départ des Juifs de ce pays et vous pourriez presque en devenir nostalgique de l’antisémitisme Islamique !!!
Réveillez-vous un peu !!
Nuances : des « dires » qui ne sont pas dits, mais réinventés pour des besoins politiques. Oui, au fait, depuis quand l’Agence Juive réclame un document signé en 3 exemplaires par le Grand Rabbin en personne, pour ouvrir un dossier d’Alyah? Être en règle, certes (Ketouba, etc.), mais personne n’exige, outre toute confirmation de Judaïcité, d’autorisation (grand-)rabbinique spéciale pour commencer à faire le pas. Allons plus loin, les services habilités du Consistoire de France facilitent, à ces conditions exigées par Israël, ces démarches (jamais simples). Peut-on dire qu’il s’agit d’une « ambassade » ou d’un « consulat »? Procès d’intention.
Mais si ce départ est causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société, alors là, il n’est pas acceptable.
PAS ACCEPTABLE ?
Pas acceptable par QUI ? Par vous ? Le gouvernement ? Les journalistes qui criminalisent les Juifs de vouloir faire leur Alya ?!
Et vous comptez faire quoi au fait, leur envoyer les flics, peut-être ?
Que je sache, les Juifs ne sont pas des enfants et encore moins les vôtres ! S’ils décident de partir pour quelque raison que ce soit, ils n’ont AUCUN COMPTE à vous rendre là-dessus et encore moins au gouvernement.
Moi, je suis parti exactement pour ça : « ce départ ÉTAIT causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société ».
Vous voulez que je vous rappelle pourquoi ? Les synagogues brûlées, les Juifs attaqués dans l’indifférence générale, en particulier celles de Jospin et Vaillant. Nous étions les SEULS à manifester de République à la Bastille, tout le monde s’en foutait.
J’ai décidé qu’il était inacceptable de devenir un citoyen de seconde zone, qui n’a le droit que de la fermer (la fameuse « paranoia » juive) et d’être la cible qui arrange tout le monde, j’ai fait mon Alya. Et malgré mon amour de la France – ou plutôt de la France dans laquelle j’ai grandi et qui n’existe plus – pas un seul instant je ne l’ai regretté.
Finalement, Shmuel Trigano a raison : les institutions juives, au lieu d’être les porte-paroles de la communauté auprès du Gouvernement, sont devenus les porte-paroles du Gouvernement auprès de la communauté. Raison de plus pour se barrer, comme si on en avait besoin.
Ah ouais, au fait, Dreyfus, ça fait un bail. Entretemps, il y a eu Vichy, puisqu’on en est à évoquer les bons souvenirs.
La honte, cette interview.
« Pas acceptable » pour le contrat républicain. C’est une faille de la République elle-même et du droit élémentaire à la sécurité. Avant « l’interview », une partie du texte met en garde contre ce genre de raccourcis. Evidemment qu’il n’est pas question de « blâmer la victime », comme le font souvent les médias. Et évidemment qu’il ne s’agit pas, du tout, de dire : « Ne partez pas! », comme le laisse entendre le journaliste qui est payé à entendre des choses qui ne sont pas évoquées. Si les Juifs eux-mêmes commençaient par éviter de faire des procès d’intention, on comprendrait vite que ce n’est pas son rôle de freiner une « Aliyah de choix » (comme on dit à l’Agence juive), mais de veiller à ce qu’elle ne se transforme pas en Aliyah sous contrainte et dans la peur : qu’on le sache, l’adaptation n’est jamais simple et il n’est pas bon d’envoyer des gens qui reviendraient 1 an plus tard la queue entre les jambes » : la Yérida est aussi une réalité moindre, mais elle existe.
Dénoncer le jeu perfide des médias, des extrêmes incendiaires, l’abandon depuis 2003, cela fait partie des taches à couvrir. Et Shmuel Trigano écrit encore un France et en français.
On est, exactement, dans la situation symétriquement inverse à celle de « Vichy », même si ce n’est pas toujours « agréable » de voir l’armée et la police autour de lieux qui devraient être libres d’accès… « comme les autres ». Voilà ce qui n’est pas « acceptable » : que l’ordre ne règne pas tout seul, ni le principe de sécurité garanti pour tous. En particulier, pour les Juifs.
Bonjour Marc,
Vous travaillez pour le GRF ? Je pose la question parce que vous avez l’air sacrément au courant de ce qu’il voulait dire, au lieu de LIRE simplement ce qu’il dit :
Il dit:
Il faut l’espérer [qu’ils soient découragés de partir]. Car si le départ est dû à un choix personnel, dicté par des raisons spirituelles ou philosophiques, c’est respectable. Mais si ce départ est causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société, alors là, il n’est pas acceptable. L’enjeu pour nous est de faire en sorte que l’on soit, comme par le passé, « heureux comme un juif en France ». Un pays capable de se déchirer pour Dreyfus est un pays dans lequel il faut vivre.
Vous dites:
Et évidemment qu’il ne s’agit pas, du tout, de dire : « Ne partez pas! », comme le laisse entendre le journaliste qui est payé à entendre des choses qui ne sont pas évoquées
Si le journaliste a déformé ses propos au point de lui faire dire exactement le contraire de ce qu’il a dit, alors il doit opposer un démenti. Car qui ne dit mot consent. Il n’y a ici aucun procès d’intention de ma part : je sais lire, c’est tout. Si ce qui a été écrit n’est pas ce qu’il a dit, qu’il s’exprime.
D’autant plus que plusieurs autres propos viennent directement démentir votre interprétation:
« L’enjeu POUR NOUS » : ça ne peut pas être un enjeu pour lui, mais pour le gouvernement. Lui, il n’est pas chargé de la sécurité des Juifs en France.
Quant au rappel sur Dreyfus, il est ridicule ; le passé d’une Nation est complexe : il y a des hauts et des bas, comme je le rappelais (et non pour comparer la situation actuelle à celle de Vichy, comme vous faites semblant de le croire).
ce n’est pas son rôle de freiner une « Aliyah de choix » (comme on dit à l’Agence juive), mais de veiller à ce qu’elle ne se transforme pas en Aliyah sous contrainte et dans la peur
Encore une fois, LUI ne peut et ne DOIT PAS veiller sur cela : c’est le rôle de la République. C’est la République qui doit faire en sorte que les Juifs n’aient plus peur (et ils ont peur depuis 15 ans), pas au GRF.
C’est quand même étrange que tant dans ses propos que dans les vôtres, il y ait une confusion récurrente entre le rôle qu’il doit tenir et celui de la République.
De plus, il faudrait finir par m’expliquer comment et pourquoi une expatriation (quelle qu’elle soit) devrait s’opérer pour certaines raisons et pas d’autres : comme procès d’intention, on ne fait pas mieux. Dois-je vous rappeler la désertion forcée des enfants juifs de l’école publique, dont personne ne parle ?
qu’on le sache, l’adaptation n’est jamais simple et il n’est pas bon d’envoyer des gens qui reviendraient 1 an plus tard la queue entre les jambes » : la Yérida est aussi une réalité moindre, mais elle existe.
Où, dans mon message, m’avez-vous encourager l’Alya ? J’ai juste parlé de mon cas. Pour moi, les Juifs font ce qu’ils veulent, pour les raisons qu’ils veulent, restent et partent où ils veulent : ils n’ont aucun compte à rendre à qui que ce soit. Y compris Shmuel Trigano, dont la pertinence des propos (je remarque que vous ne répondez pas sur le fond) sur ce que sont devenues les institutions juives n’a rien à voir avec le lieu où il vit : moi-même, qui vit en Israël, je peux me rendre compte qu’il a raison.
Enfin votre dernier paragraphe (mis à part le procès d’intention absurde sur Vichy) soulève la VRAIE question : la sécurité POUR TOUS.
Merah, les frère Kouachi, Coulibaly – yimakh shemam – étaient tous – avant de tuer – des criminels multi-récidivistes et n’avaient rien à faire dehors : dans un pays où l’instance judiciaire fonctionne, ils auraient écopé de plusieurs années de prison ferme pour tous leurs méfaits. En France, on les relâche.
Une société qui transforme ses juges en assistantes sociales est une société qui choisit la loi de la jungle contre l’état de droit.
Les Juifs – qui ne sont pas plus cons que les autres Français – le constatent tous les jours, et sachant qu’ils sont des cibles privilégiées (c’est-à-dire les premières), qui peut les blâmer de vouloir partir pour des raisons de sécurité ? C’est la meilleure.
1) si je conteste ce journaliste, c’est en raison visible de deux choses :
– son chapeau, avant l’interview, c’est-à-dire que je, journaliste, vous donne mon sentiment général avant même que vous lisiez. Ce qu’il faut retenir :
Et 2) cet insert, dès la première ligne : Il faut l’espérer [qu’ils soient découragés de partir]. – Quel droit se donne ce journaliste de décourager quiconque à faire quoi que ce soit? Peut-on, une seule seconde, imaginer un GRF « espérer » décourager des Juifs? Cet insert est une véritable TRAHISON du propos.
Les Juifs résolus à partir partiront, c’est uniquement inscrit dans leur détermination et pas dans la sienne. Il n’empêche qu’on est pas obligé de tout faire, en laissant la peur, le balagan s’installer, en démultipliant les zones où il est facile d’agresser, etc. En un mot : en ne veillant plus.
Ce ne sont pas les Juifs qui sont seuls en cause, mais bien le droit théoriquement assuré à tout citoyen. Sauf si et quand la République est totalement débordée et subvertie par d’autres principes (zones de non-droit, etc.)
Le reste de votre galimatias est une sur- ou sous-interprétation à la cantonade qui se termine par : qui peut les blâmer de vouloir partir pour des raisons de sécurité ? C’est la meilleure –
C’est-à-dire que vous êtes persuadé que le GRF fait tout pour « blâmer les victimes ». Or, si vous aviez, ne serait-ce que lu honnêtement mon propos ci-dessus, je démens formellement que quiconque l’ait fait.
De même que votre propos qui m’est attribué sur « Vichy » : je dis : on est à l’inverse symétrique de Vichy- et n’accuse personne de trop « d’amalgame entre les époques ». Sauf que vous, le premier, évoquez Vichy qu’on ne peut oublier. Vous y étiez? Non, parce que les 3/4 de ma famille y sont passés. Les leçons de morale à d’autres.
Simplement, reconnaissez-le ou pas, police et armée protègent les synagogues, là où sous Vichy c’était potentiellement, un lieu où regrouper les Juifs, en vue de déportation. Ceci n’est pas nécessairement exempt d’une arrière-pensée républicaine, que j’appelle, d’ailleurs, dans l’article « plan anti-Aliyah« . Ce à quoi correspond, entre autres, la tournure, ou l’encadrement interprétatif de l’interview et l’insert collé, mais dont on ne sait pas d’où il sort. Dont je distingue le propos lui-même, parce que « sorti de son contexte ».
Maintenant, autre procès non seulement d’intention, mais de dépendance par le salaire : vous supputez : « vous travaillez pour le GRF »? Donc, toute personne qui tâche de restituer ce qu’il a entendu « travaille pour le GRF », et donc touche sa dîme? Des émoluments, des honoraires, voire « un pot de vin »? Non?
Pour être tout-à-fait clair avec vous, je « travaille » bénévolement avec une autre structure, à travers laquelle, tous les ans, à la suite d’un séjour positif en Eretz, des gens vont choisir l’Aliyah et ce, depuis 12 ans. Mais, je sais, c’est sûr on pendra les traîtres à un crochet de boucher. Beaucoup de commentaires, tels que celui-ci, ont une structure foncièrement « trotskyste » et ce genre d’allusions en fait partie. On est lié par « le capital ou le salaire ».
Mon propos est de dire et uniquement : Tant qu’il restera un seul Juif en France, fût-il le dernier, la maison devra être correctement tenue.
Votre propos me semble t-il, est, d’abord de nier tout rôle républicain, y compris à un GRF, comme si aucun Juif n’a quoi que ce soit à dire ou à faire en France et surtout pas de « collaborer » avec les autorités républicaines, ne serait-ce que pour le mieux-être et la sauvegarde de ceux qui reste, jusqu’à plus ample informé. « Ce n’est pas son rôle » prétendez-vous, bien sûr de cette négation!
Evidemment qu’il ne fait pas personnellement la circulation au carrefour de la rue St George. Mais sa parole compte dans le concert général. Vous le niez?
A vous lire, on finirait par comprendre qu’au bout du compte, ce n’est pas si mal si, par le plus grand des hasards, la maison sombre dans le chaos, que sa sécurité est inexistante, et que cette bonne vieille ruine finit par s’effondrer.
Les Juifs ne laissent pas le bordel derrière eux si et quand leur temps est venu de faire le bon choix. It’s all, Folks. Le reste, c’est du commentaire et je ne vais pas épiloguer pendant 107 ans. Comme le journaliste, vous restez « libre de tout insert et de toute interprétation ». Sauf de traiter tout autre que vous de « vendu ». Eventi?
Maintenant, autre procès non seulement d’intention, mais de dépendance par le salaire : vous supputez : « vous travaillez pour le GRF »? Donc, toute personne qui tâche de restituer ce qu’il a entendu « travaille pour le GRF », et donc touche sa dîme ? Des émoluments, des honoraires, voire « un pot de vin »? Non?
Seigneur, quelle paranoïa (ainsi que la sortie « trotskyste » o_O) : je n’ai pas un instant pensé à un salaire quelconque, encore moins un pot de vin, j’ai juste dit que vous affirmez sans cesse que vous savez mieux que nous ce que le GRF a véritablement dit et je me suis demandé comment vous pouviez le savoir (vous dites plus loin : » je démens formellement que quiconque l’ait fait. » – vous étiez présent lors de l’interview ?). Moi je me suis contenté de lire ce qui est écrit.
Ce qui est écrit est une invention ? Soit, qu’il le dise. Parce que, en l »état, sa réponse telle qu’écrite ici est inacceptable et même vous, vous vous en rendez compte.
Quant à votre couplet sur la « collaboration » (!) avec les autorités républicaines, je vous rappelle ceci : tant le CRIF que le GRF ont pour mission – dans des domaines différents – de se faire l’écho auprès des pouvoirs publics de ce qui se passe dans la communauté juive, UN POINT C’EST TOUT. Ils ne sont pas les porte-paroles du gouvernement auprès de cette communauté. Et s’ils le deviennent, ils perdront toute crédibilité, qu’ils en prennent bonne note.
Quant au reste (vous parliez de galimatia, relisez-vous donc), c’est du grand n’importe quoi. Le bordel, ce sont les différents gouvernements depuis 15 ans – si ce n’est depuis 30 – qui l’ont laissé s’installer en France. Et ce sont les Juifs qui ont été les premiers à le payer. Et vu ce que j’entends, c’est pas près de s’améliorer.
Ya basta.
1) tout « travail » mérite salaire et 2) J’étais présent toute la journée sur le site. Il serait bon d’arrêter de supputer en permanence que le rôle de GRF serait d’être le représentant du gouvernement auprès des Juifs et non l’inverse. Grave accusation, mais les populistes ne sont pas à un jeu de massacre près. Il n’est pas, une seconde, question du CRIF dans tout ce qui précède, donc c’est vous qui l’introduisez, dans un plan et des fonctions qui sont sans rapport. Vous êtes très précisément parti dans votre délire accusateur de la mention « inacceptable ». De là j’ai tâché de répondre à ce post excité qui part dans tous les sens, pour dire ce que j’ai vu et entendu, rien de plus. Babyfinger nous ressert ses brouettes d’accusations sans fondement. Non, ce n’est pas « lire », c’est faussement interprété, à partir d’un terme servant de déclencheur à l’auto-allumage d’un pêteur de plomb. De la mise en cause gratuite et du grand n’importe quoi.
« L’an prochain à Jerusalem », il connait pas le rabbin?
Quand environ 500.000 Juifs se seront concertés pour monter tous ensemble par le même avion. Oui, pourquoi pas? Sinon quoi, on laisse tous les vieux, les handicapés, les isolés, les sans-fric et on s’achète des villas sur la Tayelet?
Ce message est horrible : vous croyez que tous les Juifs qui font leur Alya son friqués, et qui plus est sont responsables « des vieux, des handicapés, des isolés » qu’ils « laisseraient tomber » en partant ?
C’est de la démence.
« qui plus est sont responsables » : pourquoi ne seraient-ils pas coresponsables, avec ceux à qui ils les confient, de l’état de santé et de fortune de ceux qui vont moins bien? La solidarité effective serait de la « démence »?
La question que je vous pose c’est : « Avez-vous une solution viable à proposer et mettre en oeuvre pour ceux qui, à ce stade, par malchance, parcours ou toute autre raison ne seraient pas illico en mesure de monter à Jérusalem l’an prochain? Ou vous contentez-vous d’accuser l’homme dont il est question dans cet article, de ne pas connaître le célèbre adage conclusif de Pessah? En toute irresponsabilité.
Je remarque que, dans votre première réponse, vous passez sous silence votre cliché abject des « villas sur la tayelet ». « Tous les Juifs sont riches » pour vous aussi ?
De plus, on ne parle pas de solidarité ici : ce que vous avez dit c’est :
« Sinon quoi, on laisse tous les vieux, les handicapés, les isolés, les sans-fric et on s’achète des villas sur la Tayelet?
ce qui veut dire : « Si vous prenez la décision – pour vous et votre famille – de partir, vous laissez tomber les vieux, les handicapés, les isolés qui ne peuvent pas faire de même ».
Ah bon ?
Depuis quand un chef de famille juif, qui décide en toute conscience avec sa femme que leurs enfants n’ont plus d’avenir en France deviendrait-il par magie le remplaçant des médiations qui sont là pour aider « les vieux, les handicapés, les isolés » en France, juste parce qu’il veut partir, et donc devrait renoncer à une décision PERSONNELLE qui ne regarde que lui et sa famille parce qu’il y a des gens qui ne peuvent pas le même choix ? Je répète : c’est de la démence.
Maintenant pour votre deuxième message :
Ici, je n’attaquais pas le GRF mais votre message, qui était horrible. Ne pas confondre.
Quant à la question que vous posez, je vous suggère la chose suivante : murmurez à l’oreille du GRF qu’il serait pas mal qu’il invite les gens du CRIF à dîner (en toute intimité), et qu’il suggère, entre la poire et le fromage, d’organiser du fund-raising pour aider les familles pauvres qui veulent faire leur alya mais ne le peuvent pas faute de moyens.
Ces gens connaissent un tas de monde susceptible de se payer des villas sur la Tayelet, mais qui n’ont justement aucune intention de partir. Qu’ils soient donc un peu solidaires dans les faits des vieux/handicapés/isolés et qu’ils les aident à financer leur cadre.
Je sais ce que ça coûte : j’ai mis trois ans à réunir les fonds nécessaires. Pour vous dire à quel point j’ai les moyens de m’offrir une villa. Pfff.
« Tous les Juifs sont riches » pour vous aussi ? : Ben non, voyez-vous, je viens de dire exactement le contraire, et il me semble que vous repartez comme en quarante en suggérant qu’on réinvente le fund-raising entre la poire et le fromage. En gros vous accusez plus riche que vous de ne pas honorer ce genre de système ou Tsedaka. Pärce que eux ils ont des « villas sur la tayelet ». Et bien je vous rnevoie la question : il n’y a pas plus de mal à être riche en diaspora et s’en foutre ou être riche en Eretz et s’en foutre. Le geste ou l’attitude est la même. D’où se subodorait un vieux relent de marxisme. Bonne soirée. Faut aller souffler et profiter de la beauté de l’environnement et de l’air que D., celui de H. Korsia et de bien d’autres, vous donne.