Le siège de Microsoft France à Issy-les-Moulineaux, le 6 mars 2018. | Gérard Julien / AFP

Pour Microsoft, le « no code » est le futur de l’informatique

La clé de l’informatique de demain réside dans cette technologie de codage sans code, éprouvée lors de la crise du Covid-19.

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Il a notamment fallu trouver des solutions informatiques simples à utiliser et à mettre en place.

Pour Microsoft, cette situation a souligné la nécessité des technologies low code et no code, qui permettent de concevoir une application mobile sur-mesure via une interface graphique, sans avoir à manipuler les tréfonds de sa programmation.

Sophie Pietremont, directrice de l’entité Business Applications et Xavier Perret, directeur d’Azure chez Microsoft France nous ont répondu pour détailler leur vision de cette technologie, ses implications pour le métier de développeur et la stratégie de leur entreprise.

korii: Quel a été le rôle de Microsoft pendant la pandémie?

Sophie Pietremont: Pendant la crise, le Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah), qui est la centrale d’achats pour les hôpitaux, a fait appel à Microsoft parce qu’il devait pouvoir approvisionner l’ensemble de ses adhérents répartis un petit peu partout en France. Il avait besoin d’un processus automatisé lui permettant de distribuer de l’équipement médical, aussi bien les masques que les respirateurs ou les lits spécialisés.

Sur la Power Platform [la plateforme low code de Microsoft, ndlr], on a donc monté une équipe virtuelle pour construire une app centralisée et sécurisée, ce qui est très important dans ce cas.

Que ce soit celle de Microsoft ou celles d’autres entreprises, ce type de plateforme permet d’automatiser certains métiers en fonction des besoins.
Sophie Pietremont, directrice de l’entité Business Application de microsoft

Cette app permet de visualiser les endroits où il manque du matériel puis de gérer son envoi et sa réception. Tout cela a été monté en à peu près quinze jours par des développeurs. Il s’agit d’une application low code, c’est-à-dire qu’elle peut être construite sans compétences particulières en programmation informatique.

Ce type d’outil peut-il être pérennisé ou n’est-il adapté qu’à ce cas précis?

Sophie Pietremont: L’avantage de cette solution est qu’elle permet de customiser et de personnaliser ses applications. Que ce soit celle de Microsoft ou celles d’autres entreprises, ce type de plateforme permet d’automatiser certains métiers en fonction des besoins. En ce moment, beaucoup de nos partenaires, qui vont de l’industrie au détail, ont besoin d’applications personnalisées pour permettre le retour au travail.

Il faut ainsi pouvoir gérer les demandes de retours individuels, mais aussi leurs conditions: qui peut se rendre dans quel étage, s’il manque du gel hydroalcoolique, etc. Tout ceci est installé dans une application mobile que les employés peuvent utiliser. Cela permet, pour nous, de rapprocher les développeurs des autres métiers.

Comment ces développeurs créent-ils des solutions pour des environnements dont ils ne sont pas familiers?

Sophie Pietremont: On se fait accompagner par des partenaires qui ont ces connaissances et aident à personnaliser les applications, en fonction des réglementations et normes du secteur associé. Pendant la crise, c’était surtout des établissements de santé, mais demain, ce sera plutôt les chaînes de production, la remise en service, comment organiser le retour au travail des techniciens dans les usines.

Xavier Perret: Il y a plusieurs tendances aujourd’hui qui font évoluer le métier de développeur. La première, c’est la démocratisation, la capacité de développer des applications de manière simple sans être développeur soi-même.

Je pense que la valeur du développeur de demain est dans sa faculté à transformer son code en processus-métier, quelque chose qui fait sens pour son client.

Xavier Perret, directeur d’Azure chez Microsoft France

La seconde tendance est celle de la vélocité du développeur, et comment ses outils lui permettent de ne pas avoir à gérer un certain nombre de tâches, au niveau de l’infrastructure ou de la sécurité, notamment. Ça lui permet de se concentrer sur les réponses aux besoins de ses clients.

Avec la crise du Covid, mais ce n’est pas le seul exemple, on voit qu’il y a des cas où il faut faire face à des problèmes spécifiques et imprévus. Il faut donc pouvoir travailler à distance, collaborer avec ses collègues et d’autres professions, et pouvoir appliquer son code très rapidement. C’est un métier qui est technique à la base, mais qui nécessite beaucoup d’interactions avec d’autres secteurs.

Est-ce que ces tendances favorisent les développeurs aux profils plus variés, pas uniquement technique?

Xavier Perret: Complètement. J’appelle ça des parcours hybrides. Je vais vous citer mon fils, c’est un développeur et un matheux, il code des trucs qu’il récupère sur GitHub mais sans réfléchir à l’usage qui en est fait. Or, il est absolument nécéssaire d’apprendre cette partie-là. À l’inverse, je crois que les gens qui ne sont pas développeurs devraient maîtriser un petit bagage technique.

Je pense que la valeur du développeur de demain réside dans sa faculté à transformer son code en processus-métier, quelque chose qui fait sens pour son client. C’est ça, la vraie valeur du développeur, pas uniquement sa capacité à utiliser tel ou tel outil, mais cette double compétence.

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