Claude Lanzmann est mort : décès du réalisateur français de « Shoah »
Le journaliste, réalisateur et philosophe avait 92 ans.

CULTURE – Claude Lanzmann est mort. Le réalisateur de « Shoah » est décédé à l’âge de 92 ans ce jeudi 5 juillet à Paris, révèle l’entourage du cinéaste au quotidien Le Monde.
« Claude Lanzmann est mort ce matin à son domicile. Il était très très faible depuis quelques jours », a indiqué une porte-parole de la maison d’édition Gallimard. Son décès a été constaté à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Né le 27 novembre 1925 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), Claude Lanzmannétait l’auteur d’une dizaine de films, dont le film documentaire « Shoah » sur l’extermination des juifs d’Europe durant la Seconde guerre mondiale en 1985. Son travail de cinéaste a été marqué par la mémoire du génocide juif. Son dernier film « Les Quatre Sœurs » était sorti ce 4 juillet.
Claude Lanzmann avait reçu un César d’honneur en 1986 et un Ours d’or d’honneur lors de la Berlinale 2013 pour l’ensemble de son œuvre. Ancien résistant à Clermont-Ferrand, puis journaliste pour France Dimanche et Les Temps modernes, le jeune diplômé de philosophie s’était lié d’amitié avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir avec qui il a eu une histoire d’amour.
Il sort son premier film « Pourquoi Israël » en 1973, avant de se lancer dans le projet de sa vie et la réalisation du film documentaire « Shoah » pour lequel il a travaillé 12 ans. Entre recherche historique, de témoignages, de tournage et de montage, ce film d’une durée de 9 heures sur l’enfer des camps nazis fait encore aujourd’hui référence.
Claude Lanzmann avait été très affecté en janvier 2017 par la mort de son jeune fils Félix à l’âge de 23 ans d’un « cancer impitoyable ». « La mort ne va pas de soi. Moi, je ne suis pas du tout pour la mort, avait-il récemment confié. Je crois toujours à la vie. J’aime la vie à la folie même si elle n’est pas le plus souvent marrante ».
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C’était un défenseur constant et ardent du peuple juif, et un fervent soutien d’Israël. Personne d’autre que lui n’a su aussi bien témoigner, raconter et mettre en images l’histoire de la Shoah. IL NOUS MANQUERA.
Il y a un peu plus de deux ans, il avait dit à Laszlo Nemes, le réalisateur du film « Le fils de Saul » en visionnant cette oeuvre cinématographique : « Vous êtes mon fils ». Espérons que des fils empreints de l’amour du peuple juif et de son histoire souvent tragique feront toujours vivre la mémoire de la Shoah et la mémoire de Lanzmann.