Il y a quelques années, le Consistoire de Paris, avait décidé de modifier le système d’élection des administrateurs de son Conseil par listes et de le remplacer par un scrutin uninominal.

En effet, ce qui avait prévalu pendant des décennies, n’avait plus de sens. Jusque-là,les dirigeants élus, en place – principalement les Rothschild – choisissaient des hommes connus, réputés pour leur compétence ou leur attachement à la Communauté juive, et les intégraient à leur liste,ce qui permettait aux électeurs d’opter pour des hommes fortement recommandés, aptes à former un conseil harmonieux et efficace.

Et puis, les années passant, nous avons pris conscience que la Communauté se démocratisait et que des hommes, peu connus, ne réunissant pas forcément les qualités morales requises pour diriger l’institution, désiraient y intégrer.

Au fil des ans, le Consistoire devenait un moyen d’accéder à un certains statut social .Les prétendants à un poste d’administrateur avaient de moins en moins la volonté de servir la Communauté, mais plutôt de se servir d’elle !…

Nous avons alors pressenti le danger que courait l’institution, vu le très faible taux de participation enregistré à chaque scrutin. Elle risquait de tomber entre les mains de groupes constitués pour les besoins de la cause et ayant perdu les valeurs juives attachées au Consistoire, qui devenait ainsi un enjeu purement politique.

En adoptant un scrutin uninominal, où les électeurs votent pour des individus et non des listes globales, on retire la possibilité à des blocs homogènes, de devenir majoritaires et risquer de conduire l’institution dans une direction contraire aux intérêts des fidèles.

Lorsque le choix se porte sur des personnalités éminentes, des hommes capables de participer valablement à l’essor de la Communauté, ce qui prime ce sont leurs aptitudes personnelles, et non leur appartenance à telle ou telle liste.

On ne choisit plus une série de noms figurant sur un » soi-disant regroupement », mais des personnalités reconnues pour leurs qualités. Ce faisant, le Conseil élu du Consistoire s’enrichit par la coexistence de natures diverses, qui fournissent, chacune à leur manière, leur contribution pour résoudre les problèmes qui se posent.

Des caractères opposés sont alors en mesure de se confronter et toutes les opinions peuvent valablement s’exprimer. Si un regroupement – en fait, une liste officieuse !- gagne haut la main les élections, il aura tendance naturellement à imposer une vision unilatérale, faute de débat entre des points de vue contraires. Le judaïsme ne se conçoit pas sans l’échange, la discussion, la dualité, la confrontation positive.

On conçoit, à la lumière de ce que je viens d’exposer, la dérive possible des dernières élections de l’ACIP, où une seule liste a remporté tous les suffrages, venant ainsi grossir un bloc déjà majoritaire. Dès lors, plus aucune voix opposée ne sera en mesure de défendre un point de vue différent de celui du groupe dirigeant.

A ce propos, je me souviens d’une assemblée générale du Consistoire Central de France, où les délégués étaient tous d’accord sur une certaine motion, et j’étais le seul à m’y être opposé.

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Et c’est alors que le Grand Rabbin de France d’alors, le Grand Rabbin JosephSitruk, zal est venu à ma rescousse, en rappelant qu’au Sanhedrin, une décision, n’était pas recevable, s’il y avait unanimité des opinions.

Chacun a le droit, et même le devoir, de défendre son point de vue personnel, même si, in fine, on parvient à une concertation.

Il est grand temps de revenir à la sage décision du scrutin uninominal, qui statutairement est celui officiellement en vigueur, et de combattre toutes les tentatives de choisir sur la base de regroupements, capables d’annihiler les expressions individuelles, que ces rassemblement soient officieux, présentés « sous le manteau « ou donnant lieu à des publicités dans la presse juive ou formulés par des e-mails collectifs.

Une révision des statuts devrait supprimer totalement la possibilité de présenter des listes ou des regroupements, sous quelque forme que ce soit. On contribuera ainsi à motiver des énergies nouvelles qui pourront s’exprimer en toute liberté, en privilégiant la pluralité des idées.

Moise COHEN
Président d’Honneur du Consistoire de Paris

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7 Commentaires
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Bejar

Apres m’etre relu je me rends compte que je specule beaucoup. Je vais essayer d’etre concret. La charite precede la solidarite. Dans la societe de la misere au dela de l’exploitation des ressources et du profit prive ce qui compte c’est le travail. Au mieux l’emploi de la masse. Peut etre dans l’ideal. Mais le travail comme l’emploi engendre des depenses privees qui sont necessaires. La sante les accidents du travail les vacances les retraites… C’est donc la une diminution des recettes/produits prives. Mais c’est aussi ce que l’on peut appeler imposition. Dans la societe de la croissance on pourra parler plutot de taxation. Le profit prive devient croissant grace au commerce et a la consommation. Enfin dans la societe de la rente il augmente grace a la rentabilite financiere. Publique et privee. Dans le 1er cas la democratie portera sur la sante et l’armee publiques et la charite privee. Ensuite la republique pourra developper l’objet public. Par la solidarite publique evidemment. Mais pas seulement… Alors il faut operer une distinction. Et pour cela d’un point de vue speculatif je pense que ce doit etre possible en divisant l’objet public. Entre d’un cote ce qui est necessaire/utile et de l’autre ce qui est suffisant/inutile. Et a ce stade la marque d’une societe civilisee devient une elite publique de qualite. Mais je ne le voyais pas jusque la…

Bejar

Si l’objet commun a minima de la democratie representative est la solidarite publique sa fonction/competence est alors de determiner la representation pour developper une dynamique partenariale. C’est grace a elle que en federant solidarite et charite la democratie representative va pouvoir former la republique, la structure/capacite. La fraternite dans ce cas specifique. Comme il s’agit la d’un processus et non pas d’une simple statique nous retrouvons cette ossature minimale et donc teta a un niveau meta. L’international/solidarites publiques, le global/charites privees et cette dynamique que nous nommons dorenavant mondialisation partenariale. Alors que jusque la il s’agissait simplement d’un partenariat. C’est a dire d’un processus interne aux frontieres et donc propre a la nation. D’un point de vue pragmatique ce qui compte c’est d’organiser suivant la qualite de la tache/fonction (urgente, a traiter, en cours, traitee ou a classer…). La possibilite de sortir de cette dialectique hegelienne est une eventualite qui depend des moyens/ressources disponibles. Ce developpement est bien sur une ingenierie. Il faut le concevoir avant de la realiser et surtout l’evaluer avant de l’etendre. Encore une fois nous sommes sur la piste du Maguen David. Du Yin et du Yang en Asie. Il faut arreter ou au pire reduire la consequence negative grave. On peut aussi diminuer les consequences negatives aigues. Mais cela n’est pas une necessite. Nous savons bien que l’injustice privee est a l’origine de la justice publique. Cette diminution devient donc necessaire si les moyens/ressources sont suffisants. Elle aussi va permettre d’etendre l’objet commun. Le public. Si les moyens/ressources sont insuffisants ce qui compte alors c’est a minima la charite privee. L’objet publicn’estpas une necessite. Ce quiau niveau teta est suffisant c’est la democratie.

bejar

Le probleme de la democratie participative ce que l’on peut aussi nommer halakhah c’est la necessite de capacite et non pas de competence pour les sujets qui composent l’assemblee. Il n’y a qu’elle qui rende possible cette structuration – et non plus cette fonction – d’un objet commun autour duquel tous les sujets s’accordent a minima (teta) au pire. Mais le plus souvent a maxima heureusement. Et c’est a maxima que en se rapprochant de la finalite l’interet devient general. L’autre probleme de la democratie participative est l’incompetence a representer. C’est la que se trouve l’origine de la democratie representative de la republique et de l’elitisme. En complement c’est la kabbalah qui va permettre au sein des consequences de denicher la cause. Et c’est en aval de cette derniere que la halakhah permet d’atteindre la suite : les consequences suivante (prevision sure) et la cause prochaine (predicition certaine).

bejar

Bonjour
Je vous remercie pour ce bel exemple de representation democratique. A l’heure ou la democratie participative pointe de plus en plus dangereusement au mepris de son propre dysfonctionnement interne en limitant a l’induction ce qui releve aussi de la deduction vous nous montrez un bel exemple merci ! J’en profite pour laisser ici un fil d’actualite https://www.google.fr/search?q=« representation+politique »&tbm=vid&tbs=qdr:d

Nicole h'annah

L’union des juifs de France dirigée par un groupe oligarchique, très intéressant…
« Polémique » un mot utilisé à toutes les sauces pour éviter de regarder en face certaines problématiques, pour éviter de s’impliquer. Et laisser la décision à des notables « respectés » comme c’est facile…et…. Pas besoin d’élections alors ; puisque dans un tel contexte un « nouveau » ne pourra jamais apporter quelque chose, faute de « poids social »?!
Je pense que ce rabbin a raison. Une institution a besoin de l’expression d’idées neuves de tout un chacun pour ne pas tomber dans un dictat de potentats.

Joseph

Ou comment faire pour déboulonner le Président Joël MERGUY brillamment soutenu lors des dernières élections?

Moïse Cohen ou Comment faire pour reprendre le siège de président du consistoire?
M Moïse COHEN il est temps de vous résigner.
Nous n’avons pas besoin de polémiques!
Nous avons besoin d’union des juifs de France!

Danielle

Mais pourquoi vous ne faites pas appel à un avocat pour dénoncer cela ?