
L’estimation que huit (à présent douze) obus ont traversé la frontière en si peu de jours, tirés depuis le théâtre de la guerre en Syrie vers la partie israélienne du Golan – et que trois (et jusqu’à cinq) fois consécutives, l’armée de l’air israélienne a décollé pour viser des cibles de l’armée syrienne – commence à paraître inquiétante ; cette situation ressemble de plus en plus à l’escalade dans les tirs de roquettes et les représailles aériennes, devenus automatiques depuis bien longtemps, dans le type de relations qui se sont instaurées avec la Bande de Gaza – et peu importe, au bout du compte, qui les tire.
Le dernier cycle de ce type s’est déroulé mercredi soir du 13 septembre, au lendemain d’un début de trêve fragile censée entrée en vigueur dans la guerre en Syrie.
Selon les sources militaires de Debkafile, le raid aérien contre une batterie d’artillerie de l’armée syrienne était déplacé. Ces obus venaient clairement du camp rebelle, lancé dans cette bataille.
En même temps, le Ministre de la Défense Avigdor Lieberman peut s’être servi du prétexte de ces tirs « perdus » d’obus pour frapper la position syrienne et renvoyer la balle à l’unité du Hezbollah pro-iranien posté dans la zone de Quneitra, directement en face de la frontière du Golan israélien.
Concernant cette bataille, nos sources militaires révèlent que la branche syrienne d’Al Qaïda, le groupe rebelle Jabhat al Nusra, renommé Jabhat Fateh al-Sham, l’ont lancée il y a cinq jours. L’objectif de cette milice islamiste était de créer un pont terrestre entre ses forces déployées au Sud de Quneitra et ses unités positionnées au nord de cette ville-clé, en s’emparant de Tel al-Ahmar, aux mains des forces syriennes.

Dans le vif de la bataille, les obus rebelles perdus ont traversé la frontière vers le Golan israélien.
Les relations d’Israël avec les divers groupes rebelles syriens détenant des positions, ou combattant près de ses frontières sont en dents de scie. Elles connaissent leurs hauts et leurs bas. Le principal problème se présente à chaque fois que des villages druzes du voisinage – actuellement encerclés par les rebelles – sont sous la menace, comme ça l’est actuellement, en particulier Al Khader, alors que les leaders des communautés druzes israéliennes et syriennes se tournent vers Israël en demandant à Tsahal d’intervenir pour les sauver.
Israël a, jusqu’à présent, toujours résisté à leurs pressions [y compris en ce qui concerne l’aide médicale apportée aux rebelles et aux civils syriens, suspects d’être potentiellement islamistes aux yeux des Druzes].
Si les milices rebelles avaient été en mesure de s’emparer de Tel al-Ahmar, à à peine cinq kilomètres de la frontière israélienne, elles auraient pris le contrôle des « collines rouges » stratégiques, puisqu’elles commandent l’accès à la principale ville du Golan syrien, Quneitra et à l’autoroute reliant le Sud de la Syrie à Damas.
Mais l’offensive rebelle islamiste a échoué et coûté de lourdes pertes au Front al-Sham, dont certaines ont été évacuées vers la frontière israélienne pour bénéficier de soins médicaux.

Certaines réactions israéliennes sont déconcertantes.
Bien que les obus débordant des combats vers le côté israélien de la frontière proviennent du camp rebelle, les forces aériennes israéliennes ont concentré leur raid, mardi 13 septembre, sur Abu Qaouq, au Nord-Est de Quneitra. C’est de là que l’artillerie syrienne apporte un soutien aux défenseurs de l’armée syrienne dans le village stratégique de Tel al-Ahmar.
Cependant, la politique poursuivie par le gouvernement Netanyahu consiste à dire que le gouvernement au pouvoir est seul responsable de tout acte d’agression émanant de son territoire – bien que le régime Assad ne contrôle pas de vastes parties du territoire de la Syrie, comprenant, dans le cas d’espèce, toute la bande territoriale entre Quneitra et la frontière du Golan côté israélien.
Il est aussi difficile de comprendre pourquoi un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que des missiles S-200 de l’armée syrienne ont été tirés contre les avions israéliens alors qu’ils frappaient les positions syriennes – et que ces missiles ont manqué leur objectif. Damas claironnait ses affirmations fallacieuses, disant que des missiles syriens avaient abattu un avion de combat et un drone israéliens. Au lieu de démentir purement et simplement cet incident fictif ou de l’ignorer, ce communiqué de Tsahal donne au régime d’Assad un coup de fouet absolument inutile à sa propagande…
DEBKAfile Reportage Exclusif 14 septembre 2016, 12:36 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski

Un « rebelle » blessé, traité par des soldates et soldats israéliens près de la frontière de Quneitra en Israël (Photo: dailymail.co.uk)

Wounded Al-Nusra terrorists, treated by Israeli soldiers near the Quneitra border in Israel (Photo: dailymail.co.uk)

Soldats et rebelles dont des islamistes à la barrière de Quneitra (Photo: twitter.com / GeopoliticsWar)

Soldats et rebelles dont des islamistes à la barrière de Quneitra (Photo: twitter.com / GeopoliticsWar)
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