L’augmentation de l’activité Israélienne de repérage des tunnels pourrait provoquer le Hamas et le pousser à lancer précocément une attaque-surprise.
Le gouvernement américain va investir 120 millions de dollars dans un projet conjoint avec Israël pour le développement et la fabrication d’un système capable de détecter les tunnels, suite à l’approbation du Congrès pour le transfert des fonds nécessaires. Israël va investir un montant similaire. S’il y avait eu l’ombre d’un doute quant à l’efficacité des nouvelles technologies inventées, le Congrès n’aurait pas approuvé le transfert d’un seul centime.
Le vice-ministre américain de la Défense s’est rendu en Israël, il y a quelques semaines et a observé les premiers balbutiements du projet global contre les tunnels autour de la bande de Gaza. Impressionné, il a débloqué 40 millions de dollars pour couvrir la première année du projet.
Les Etats-Unis ont besoin d’expériementer un tel système à leur frontière avec le Mexique et avec l’implication des Américains dans le projet, les chances sont réunies pour qu’il progresse de concert en Israël. L’injection de l’argent et de la technologie américaine va raccourcir le processus et le système sera mis à jour. Cela signifie qu’il pourra être déployé plus rapidement. Dans quel délais exactement? Le Hamas paierait cher pour connaître ce secret.
Israël est dans une course contre la montre pour terminer le projet et faire fonctionner le système à son niveau optimal. Il est supposé être capable de détecter s’il y a creusement ou toute autre activité, jusqu’à une profondeur de plusieurs dizaines de mètres.

Brigade Al Qassam « Des membres du Hamas sous un tunnel »
Le Hamas est aussi dans sa propre course contre la montre. Du point de vue de l’organisation, elle a déjà achevé ses préparatifs en vue d’une confrontation militaire avec Israël et se demande maintenant quel sera le meilleur moment pour son déroulement. Et ce calendrier sera grandement affecté par le rythme auquel le projet israélien progresse.
Le Hamas prépare une attaque surprise. S’il croit qu’Israël dispose d’une solution technique qui révélera à coup sûr l’emplacement de ses tunnels sur la place publique, cela le poussera à lancer une attaque précocement. Et c’est précisément de là que découle la mauvaise nouvelle: deux trains accélèrent l’un vers l’autre et la collision est susceptible d’avoir lieu dans quelques mois. L’armée israélienne a déjà évalué cette possibilité.
Une série de décisions et d’événements survenus au cours des dernières semaines témoigne de la préoccupation que le prochain cycle de combats entre Israël et le Hamas survienne tôt ou tard. Cela a commencé avec les médias, en particulier en Israël, assurant que des tunnels du Hamas ont déjà pénétré en territoire israélien.
Récemment, l’effondrement d’un tunnel a tué sept [à 12] personnes [ un autre hier, 2 février]. Même si on n’a guère de précisions sur l’emplacement exact de ce tunnel, il est clair qu’il était sur le point de pénétrer le territoire israélien. Les affirmations hâtives qui ont découlé de cet incident ont poussé le Hamas à accélérer considérablement ses activités de creusement, conduisant à un accident.
Ce récent accident a embarrassé la direction du Hamas. Au début, ils ont couvert le nombre des décès et transformé l’effondrement en un héroïque « accident opérationnel ». Ismaïl Haniyeh a prononcé un rare discours dans lequel il a donné des détails sur les préparatifs militaires de son mouvement en vue d’une guerre contre Israël.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’a pas, non plus, manqué de saisir l’occasion. Le leader de l’opposition, Isaac Herzog, a lancé un appel disant qu’il faut attaquer les tunnels avant qu’ils ne nuisent et sans attendre. Netanyahou va devoir lui démontrer sa façon de menacer et dissuader le Hamas en générant le sentiment que la guerre est aux portes. Et les politiciens israéliens visitent les communautés frontalières, où ils reconnaissent que l’inquiétude est palpable, sans toutefois divulguer aucune information précise.
Le Hamas est témoin de tout cela et il est convaincu qu’Israël se prépare à lancer l’assaut. Cette paranoïa pourrait entraîner le même type d’erreur qui a précédé l’opération « Bordure protectrice » en 2014 et conduit à une guerre de 51 jours.
Alex Fishman est analyste et spécialiste des questions de défense.
![]() |
![]() |





































Connectez-vous pour lire les commentaires. Connexion
Connectez-vous pour lire les commentaires. Connexion
Connectez-vous pour lire les commentaires. Connexion