Gaza : le travail sans relâche des observateurs de Tsahal©

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Le travail exténuant des observateurs de Tsahal pendant les affrontements frontaliers à Gaza

Les observateurs, logés dans les salles d’opération, le long de la frontière sont chargés de surveiller la clôture de sécurité et d’alerter les troupes au sol de tout mouvement suspect ; c’est leur travail de faire la distinction entre les terroristes armés, les principaux instigateurs d’émeutes, les manifestants non impliqués, les bergers et les travailleurs palestiniens qui essaient de traverser illégalement.

À partir d’ une salle d’opération climatisées, disposant de nombreux grands écrans, les observateurs de la division de Gaza ont a gérer l’une des tâches plus complexes à laquelle est confronté le Commandement Sud est confronté, au beau milieu de la campagne du Hamas, qui a déclenché des manifestations le long de la clôture marquant la frontière, au cours des deux dernières semaines : l’ identification des suspects qui s’approchent dangereusement de la barrière frontalière.

Les observateurs de Tsahal doivent faire la distinction entre les terroristes armés, les principaux instigateurs d’émeutes, les manifestants non impliqués, les bergers et les Palestiniens non armés qui traversent la frontière pour chercher du travail ou chercher à se faire arrêter, trouvant la vie plus aisée en prison israélienne que sous l’égide du Hamas.

Les troupes au sol, qui sont stationnées le long des remblais de monticules de terre battue, faisant face à la clôture frontalière, ont une ligne de vue limitée. Ils sont donc assistés par les observateurs, qui surveillent régulièrement la frontière mais doivent maintenant sortir le grand jeu pour empêcher des milliers de Palestiniens de traverser et de déferler en Israël.

Au cours des quatre derniers mois, les observateurs de Tsahal ont dû lutter contre des engins explosifs implantés près de la barrière frontalière ; des terroristes armés qui se dirigent vers la frontière et qui sont ensuite éliminés selon leurs instructions ; les principaux instigateurs essayant de saboter la barrière frontalière et d’entrer en Israël ; et en plus de tout cela, des critiques – pour la plupart injustifiées – sur leur rôle supposé dans les échecs opérationnels qui ont permis à des Palestiniens de s’infiltrer en Israël [récemment jusqu’à la base de Zeelim, à 20 km de la barrière].

Des émeutes palestiniennes près de la frontière de Gaza

“Je ne pense pas que nous ayons eu des tensions opérationnelles aussi intenses ici, depuis Bordure Protectrice”, a déclaré la lieutenante Kerem Aviner, une femme-officier responsable des observateurs de la division de Gaza, à Ynet.

«Les soldats sur le terrain voient les choses sous un angle très précis, et l’observateur peut voir toute la zone, il/elle peut identifier qui est dangereux et qui ne l’est pas. Nos recommandations aux forces aident à déterminer qui doit ouvrir le feu et qui ne le doit pas. Les forces sur le terrain ne tirent pas de leur propre chef, il y a eu des cas où la force avait quelqu’un dans le viseur, mais n’a pas tiré – et pas seulement pendant les émeutes », a-t-elle expliqué.

“Nous pouvons déjà identifier certains des Palestiniens, nous savons d’avance quelle personne ne pose pas de problème, quelle personne n’est pas venue pour provoquer de dommages – comme quelqu’un portant une bannière ou un drapeau – qui est vraiment un berger, où sont les groupes composés essentiellement d’enfants, et qui est un terroriste », a-t-elle ajouté.

Cinq heures de surveillance pour un seul terroriste

Le lieutenant Aviner a aidé à contrecarrer une attaque terroriste dans la nuit de mercredi à jeudi, lorsqu’un terroriste armé d’un AK-47, de grenades et d’une ceinture explosive a été repéré par des observateurs de Tsahal avançant vers la barrière.

Les observateurs ont appelé les forces du corps blindé et de la brigade Golani sur les lieux, qui ont fermé la zone. Après cinq heures de surveillance de ce terroriste, il a été éliminé par un drone de l’IAF (Forces Ariennes de Tsahal).

“Cela n’a pas été facile que nous puissions dire aux forces qu’il était effectivement un terroriste, ce n’est seulement qu’après l’avoir surveillé et observé pendant une longue période de temps, en analysant ses mouvements, en reconstruisant l’angle et en réexaminant l’angle de la caméra, il a sauté par dessus des obstacles et roulé sur le sol et il n’apparaissait plus comme innocent. », explique le lieutenant Aviner.

Observateurs de Tsahal à la frontière de Gaza (Photo: Haim Hornstein)

Observateurs de Tsahal à la frontière de Gaza (Photo: Haim Hornstein)

 

“La salle des opérations est calme pendant de tels moments, et après, également.  Nous ne jubilons pas, quand c’est fini, nous nous asseyons avec les observateurs après un tel incident, nous leur parlons et nous enquêtons, nous analysons chaque phase, parce qu’ils ont assisté à quelque chose de complexe, ” poursuit-elle.

«Nous sommes appelés« les yeux du pays », mais c’est seulement quand vous venez ici, que vous réalisez à quel point c’est vrai. Nous conseillons les forces combattantes où elles doivent prendre position et nous savons comment diriger les tirs des chars, des avions et des forces d’infanterie. “continue le lieutenant Aviner.

Il y a quatre mois, les observateurs de la Brigade du Nord de la Division de Gaza ont reçu des éloges de la part des commandants du secteur, après que l’un d’eux ait identifié deux Palestiniens près de la barrière frontalière avec un chariot tiré par des chevaux. Les deux hommes se sont arrêtés à environ 50 mètres de la barrière de sécurité, où ils ont mené des actions qui se sont avérées suspectes. Pouvoir les identifier comme des terroristes n’était pas facile, alors que des milliers de Palestiniens du quartier de Saja’iyya se sont révoltés à proximité.

“Il n’y avait pas de mouvement suspect (au préalable), mais je dirigeais toujours la caméra à cet endroit”, se rappelle le caporal Gal HaLevy, un observateur qui a travaillé sur ce tour de garde, dans une conversation avec Ynet. “J’ai remarqué que c’était inhabituel, et j’ai insisté pour que l’endroit suspect près des barbelés soit vérifié par les forces.”

Plusieurs jours plus tard, l’engin explosif improvisé découvert avait explosé lors d’une explosion contrôlée. C’était un dispositif puissant destiné à tuer les soldats opérant près de la barrière frontalière. Il a été neutralisé par un système DEW (“Directed Energy Warfare” à guidage laser) monté sur véhicule appelé THOR.

THOR en action

 

Il y a environ une semaine, un ami de HaLevy a identifié deux terroristes avançant vers la barrière frontalière près du quartier de Zaytun. Quelques minutes après que les terroristes aient ouvert le feu, les instructions de l’observateur ont permis à une force Golani sur le terrain d’éliminer les deux terroristes sans faire de victimes du côté israélien. La vidéo de l’incident a été diffusée le jour même par l’armée israélienne.

Entre ces incidents, les observateurs de la division de Gaza ont travaillé pour identifier les principaux instigateurs au cœur des émeutes à la frontière de Gaza, ainsi que les Palestiniens qui escaladaient des tours électriques pour saboter les infrastructures militaires près de la frontière.

La Caporale Omer Kaplan est responsable du secteur de Bureij au centre de la bande, où de nombreux travailleurs palestiniens essaient de traverser la frontière pour entrer illégalement en Israël.

“Nous devons être plus pointus, car tout peut arriver sous la couverture de la foule”, a-t-elle déclaré.

L’image problématique des observateurs et leur travail exigeant ont subi un autre coup dur, récemment, en raison des reportages en ligne, qui ont prétendu que les observateurs de Tsahal étaient responsables de plusieurs infiltrations de Palestiniens en Israël.

«Cela m’a particulièrement mis en colère parce que ce n’est pas vrai», a ajouté HaLevy. «Au début, je ne voulais pas faire ce travail, mais c’est seulement quand on arrive ici, qu’on comprend sa signification déterminante, et cela vous donne un sentiment qui reste difficile à décrire, nous savons que des vies humaines seront soit blessées, soit sauvées, selon que nous fassions notre travail avec minutie. “

 

Première publication le: 04/07/18, 23:51

Yoav Zitun | Publié le: 04.07.18, 23:51
Adaptation : Marc Brzustowski

3 COMMENTS

  1. Un peuple mobilisé et solidaire pour sa liberté et son identité. Certains devraient en prendre de la graine…
    “La liberté n’est pas un manque d’engagements mais la capacité à faire des choix”

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