Vayichlah: la lutte de Jacob contre l’ange- vidéo

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Marc Chagall la lutte de Jacob et de l’ange
Vayar ki lo yakhol lo vayiga békhaf yérekho vaték’a caf yérekh ya’akov béhéavko imo.
“Il vit qu’il ne pouvait le vaincre. Il lui toucha l’os de la hanche et il luxa la hanche de Jacob, pendant sa lutte avec lui”.

Lors de ce fameux épisode biblique, Jacob se mesure à un personnage mystérieux durant une nuit.
Nos maîtres de mémoire bénie nous révèlent qu’il s’agit de l’ange d’Essav, qui n’est autre que l’archange du mal lui-même ! Dans ce verset, l’ange se rend compte qu’il ne peut vaincre Jacob.
Alors il lui porte atteinte physiquement ..
Voici plusieurs allusions inscrites dans les lettres et les mots de ce verset.
1) Vayar : il vit. Le nom de l’archange du mal (que je ne mentionnerai pas parce qu’il ne faut pas lui donner trop d’importance) est relié à l’idée d’aveuglement.
En effet, son but est d’aveugler, c’est à dire altérer la vision objective et authentique de l’homme, pour lui faire croire certaines choses …
Autrement dit, comme l’indique Rabbi Na’hman zatsal, le penchant au mal n’est autre que la force de l’imagination (mais non raffinée et purifiée).
Parfois, dans des situations de la vie, on a l’impression que ce que l’on entreprend est bien. On s’entête, on s’obstine, mais comme le dit le roi Shlomo alav hachalom, tel chemin paraît droit à l’homme, mais finalement il conduit à la mort, à D.ieu ne plaise …
Nous avons besoin, en permanence, de l’aide de D., afin de percevoir les pièges tendus, sur notre chemin de vie. En un mot, contre notre propre aveuglement, nous avons besoin de la lumière de D., qui est la Vérité.
Cette lumière, c’est la sincérité. Quand l’homme s’attache à cette lumière, l’obscurité, reliée à l’incertitude, au doute, aux peurs et autres angoisses, n’a aucune prise sur lui.
Ainsi, devant une telle personne, l’ange du mal ne peut faire que le constat de son échec : il voit Vayar que chez Yaakov, D. est Ouri, Ma lumière (Vayar – il voit – a les mêmes lettres que Ouri – ma lumière). Ma lumière, c’est celle de la foi, c’est celle de l’espoir éternel d’Israël, c’est Hanouca …
2a) Alors le mal voit qu’il ne peut le vaincre : ki lo yakhol lo. Il voit qu’Israël est uni, dans toutes ses composantes, Israël – Cohen – Lévi : ces trois mots forment les initiales de yakhol – il peut.
Quand nous cessons nos vaines querelles, en se rappelant que la vie sur terre est bien éphémère, quand nous utilisons notre bouche pour la bénédiction et non l’inverse, alors tout Israël yakhol ! Israël peut !
Tout est possible ! Seulement grâce à l’unité du peuple. C’est cela Hanouca : s’unir contre ceux qui prônent des idées contraires à notre sainte Torah, et relever le combat, pour la Torah d’Hachem !
Mais dans cette bataille, nous devons prendre des forces. Ces forces se trouvent là-bas, secret du mois d’Eloul, mois du pardon et des séli’hot. Le mot yakhol est encadré par lo (négation) et lo (pour lui).
Ces deux mots composent le nom du mois : Eloul. Car c’est en Eloul que l’homme crée une nouvelle chance, une nouvelle possibilité d’existence.
Il casse, par sa téchouva, les schémas routiniers du passé, pour naître à une nouvelle vie. Ainsi, le mal ne peut vaincre Yaakov, ki lo yakhol lo, parce qu’il voit la force du mois d’Eloul, son potientiel de prière et de retour à D.
2b) L’ange du mal ne peut rien contre Yaakov : lo yakhol lo, expression qu’il est possible de comprendre ainsi : lo yakhol, il ne peut pas. Pourquoi ? Lo ! Lo, de valeur numérique égale à 36, fait allusion aux 36 lumières que nous allumons durant la fête de Hanouca. Devant la force spirituelle créée par ces lumières, le mal s’avoue vaincu : il ne peut rien contre les 36 lumières de Hanouca …
3) Que fait l’ange du mal ? Vayiga, il va toucher, heurter Yaakov, dans ce qu’il a de plus saint : le Beit hamikdach. Les Grecs ne voulaient pas tuer le corps juif, ils voulaient tuer l’âme juive, ce qui a de beau et de noble en elle : sa foi dans le D. unique, béni soit-Il. Vayiga – il toucha – c’est Hanouca (les deux mots ont la même valeur numérique (89)).
4a) A quel niveau l’ange d’Essav va-t-il toucher Yaakov ? Bécaf yérékho, au niveau de l’os de la hanche.
Bécaf (102), c’est la émouna, la foi (102). Vayiga bécaf : il va toucher la foi d’Israël. Alors nous devrons réparer cela grâce au pakh chemen, la fiole d’huile du miracle de Hanouca (pakh est lu caf dans l’autre sens). En allumant les lumières de Hanouca, on répare les dommages portés à la foi.
4b) A un autre niveau, vayiga bécaf yérékho, c’est la pureté du langage. En effet bécaf s’épelle beit-caf-pé, autrement caf-beit-pé, soit les 22 (caf-beit) de la bouche (pé), c’est à dire la pureté de notre langage qui s’exerce à travers la prononciation des 22 lettres.
Là encore, les Grecs ont tenté de contaminer Israël, en lui faisant découvrir les “charmes” de la langue et de la culture grecque, à D. ne plaise …
4c) Dans le même ordre d’idées, nous avons un travail à faire avec l’amélioration de notre qualité de parole : il faut étudier les lois du langage, ce qui permettra à nos prières et à notre étude de la Torah, d’atteindre leurs cibles.
4d) Yérékho, sa hanche. Ce terme désigne l’organe de la Brit mila, comme on le voit dans la paracha Hayé Sara, à propos du serment d’Eliezer à l’égard de son maître Avraham, pour lui assurer qu’il ne prendra pas pour Yits’hak une épouse parmi les filles de Canaan …
Nos maîtres de mémoire bénie nous enseignent que dans le domaine de la sexualité, le mauvais penchant engage toutes ses forces. En effet, c’est la sainteté, dans ce domaine-là, qui ouvre les portes du bonheur, de la bénédiction, de la foi, de la joie, etc.
En touchant ce point, le penchant au mal fait tembler et vaciller l’homme juif sur ses bases. Malheureusement, à notre époque, ce domaine est tellement bafoué et piétiné.
L’homme perd sa crainte de D., en évoluant dans un environnement où dit-on, “je ne vois pas où il y a du mal”… Il faut beaucoup prier pour être préservé des mauvaises pensées, des visions interdites, des séductions et des pièges tendus par le yetser.
4e) Yérékho : sa hanche. Nos maîtres nous enseignent que ce terme est en relation avec la Séfira Hod, reliée à Hanouca. Hod, la gloire, c’est aussi Hodaa, le remerciement.
Ainsi, comme le dit Rabbi Na’hman, les jours de Hanouca sont des jours de remerciement à Hachem. Une occasion de plus pour Le remercier pour tous les miracles qu’Il fait pour nous au quotidien.
4f) Ainsi, on apprend ici que le penchant au mal essaie dans un premier temps de falsifier notre vision et de là fait chuter l’homme dans la tristesse. Celle ci relève d’une incapacité à remercier Hachem, parce que la vision authentique a été altérée. C’est là le sens de Vayiga bécaf, il toucha l’os …
En effet, la lettre Vav de Vayiga, est reliée à la notion de séparation (comme on le voit dans la lettre Aleph dont la barre oblique Vav crée une séparation entre la partie supérieure et inférieure).
Après le Vav de Vayiga, les lettres suivantes sont Yod-Guimel et Aïn. Yod(10) et Guimel(3) conduisent à 13, E’had, Un, Ahava, l’Amour. Enfin la lettre Aïn c’est l’oeil, le regard. Ainsi, le mal crée une séparation (vav) dans la dimension d’unité-amour (yod-guimel) divin de notre regard(aïn).
A cause de cela, notre foi est altérée : vayiga bécaf (102) – émouna, ce qui entraîne ensuite des dommages au niveau de l’Alliance de la Brit Mila et de notre capacité à remercier le Créateur (yérékho).
4g) Comment y remédier ? Faire du hessed, apporter du bien aux gens, les réconforter, leur transmettre la Torah. Grâce à cela, on redonne au Vav sa dimension initiale de lien et non de séparateur.
En cultivant la bonté (yod-guimel – é’had-ahava) et en étudiant la Torah dans tous ses aspects (Aïn – 70 facettes de la Torah), on répare le dommage occasionné par l’ange d’Essav.
4h) Autre lecture de Vayiga – il toucha. En apprenant que le Créateur nous aime d’un amour infini (yod-guimel – ahava), on apprend à découvrir Son amour dans toutes les situations de la vie, ses 70 facettes, en quelque sorte (aïn).
C’est de la sorte qu’on attire à soi (Vav de Vayiga est un tsinor canal) la lumière de la bénédiction. C’est alors qu’on accède à la foi émouna (bécaf) et qu’on répare les dommages portés à l’Alliance sacrée de la Brit Mila et la tristesse engendrée par une absence de remerciements.
En effet, si tu remercies le Créateur pour tout ce qu’Il t’envoie, même si tu ne comprends pas, alors tu lui montres que tu l’aimes vraiment, et que tu es d’accord avec lui sur la façon dont Il gère ta vie dans ce monde.
5a) Vatéka – il heurta. C’est aussi la sonnerie Tékia : téka béchofar gadol, sonne du grand Chofar pour nous délivrer. Car les sonneries du chofar viennent réveiller l’homme de sa torpeur. Cela signifie ici que le penchant au mal cherche à endormir l’homme, et qu’il lui faut se réveiller, en prenant un nouveau départ.
5b) Quand l’homme a réparé la foi (bécaf) et sa propre faculté de remerciement (yérékho), il accède alors à la signification des allusions qui sonnent à ses oreilles, et l’invitent à revenir à D. : vatéka – heurte, sonne.
Tous ces messages merveilleux que D. nous envoie sur notre chemin de vie, et qui nous crient, et qui nous hurlent, comme le capitaine du bateau, au prophète Jonas : Ben adam, ma lekha nirdam ? Koum kéra el Elokékha ! Fils de l’homme, qu’as-tu à dormir ? Lève-toi et invoque ton D. ! Là encore, on répare par cela, ce qu’a fait l’ange d’Essav à Yaakov.
6) Caf yérekh Yaakov. Vous remarquerez que l’expression caf yérekh (littéralement os de la hanche) apparaît deux fois dans le verset. Caf yérekh fait 330 en valeur numérique. Multiplié par deux, on obtient 660, soit Séter, ce qui est caché.
L’exil est marqué par un double voilement. Dans un premier temps, on transgresse un interdit : c’est un premier voilement, car nous nous privons nous mêmes de la lumière de D., par notre attitude.
A ce stade, il est encore possible de Le trouver si l’on part à sa recherche. Mais si, à D. ne plaise, on continue à fauter, on entre dans la phase du second voilement : le voile à l’intérieur du voile.
A ce stade, on ne sait même plus que D. est caché, comme l’enseigne Rabbi Na’hman zatsal. Comme nos maîtres de mémoire bénie nous le disent, l’obscurité c’est la Grèce.
Yavan le fils de Yafet, le culte du corps et de la beauté … Mais Yavan c’est aussi yaven, la boue et la fange … Car leur prétendue sagesse et leur esthétique cachaient en fait des comportements beaucoup moins avouables, comme la débauche …
6b) Dans le second voilement, appelé caf yerekh yaakov, notre sainteté yod – première lettre de Yaakov – est relayée au talon – ‘ekev (lettres suivantes de Yaakov), car à ce stade, on ne sait plus que D. est caché …
Le talon d’Essav cherche à fouler notre sainte étincelle, l’âme authentique d’Israël. Cependant, dans le plus grand des secrets, l’âme juive est intouchable, inaltérable, et elle peut encore se réveiller, s’embraser, et brûler toutes les écorces et les épines qui la retiennent prisonnière.
Malgré les difficultés et les souffrances, la dimension de l’Amour s’éveille : l’âme épuisée se rappelle de l’Amour que le Créateur lui voue, un Amour infini …
7) C’est là le sens des derniers mots du verset : béhéavko imo, alors qu’il lui est attaché … A un certain niveau de sens, l’ange du mal lutte au corps à corps avec Yaakov : béhéavko imo …
Mais c’est aussi la dimension d’Amour, car l’âme juive même au summum de l’éloignement, sait que béhéavko imo, que D. lui est attaché à jamais.
En effet, le mot béhéavko possède les lettres Aleph-Hé-Vav-Beit qui forment le mot Ahouv, aimé. Il reste les lettres Beit et Kof, ensemble de valeur numérique égale à 102, comme la foi, Emouna.
Notre foi est une expression de notre Amour pour le Créateur. Inversement, quand nous nous renforçons dans la foi, c’est là le signe que nous sommes aimés par le Créateur …
En résumé :
1) Le mal ne peut rien contre Yaakov – Israël : D. est ma lumière ! (Vayar)
2) La force de l’unité du peuple, par le service de D. lors du mois d’Eloul, neutralise le mal (ki lo yakhol lo), ainsi que l’allumage des 36 lumières de Hanouca.
3) Avoir une vision nette de notre devenir et de notre objectif dans la vie : prendre conscience de l’Unité divine d’amour dans tous les moments de la vie (Vayiga).
4) Cultiver la foi, conserver la pureté de son langage, se sanctifier, remercier D. pour Ses bontés quotidiennes (yérekho).
5) Découvrir les clins d’oeil de notre Créateur, pour se rapprocher de Lui – Sonneries du Chofar (vatéka).
6) Même l’éloignement (voilement dans le voilement) a une finalité bonne (caf yerekh yaakov).
7) Celle de prendre finalement conscience, malgré les épreuves et les souffrances, que notre Créateur nous est attaché : notre foi est la preuve de notre amour pour Lui, et en même temps la preuve de Son amour pour nous (béhéavko imo).
Gloire à D., d’éternité en éternité, amen ! Shavoua tov !
Shmouel  DARMON

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