Un commandement russo-kurde pour liquider Daesh©

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La Russie et les YPG kurdes établissent une salle commune de commandement  des opérations dans le Sud-Est de Deir Ez Zor

Russia And YPG Establish Joint Operation Room In Southeastern Deir Ezzor

 

Le 3 décembre, le Général Eugeny, représentant de l’armée russe en Syrie, a annoncé, au cours d’une rencontre avec le dirigeant des Unités de protection du Peuple Kurde (YPG)Sîpan Hemo, à Salhiya, dans le district Est de Deir Ez Zor, que l’armée russe et les YPG allaient mettre sur pied une salle conjointe de commandement des opérations à Salhiya, afin de coordonner leurs opérations militaires contre Daesh, selon l’agence kurde d’information Hawar (ANHA).

Au cours de cette rencontre, le général a aussi révélé que les Forces Aérospatiales ont conduit 627 sorties de combat et- détruit 1.450 cibles de Daesh dans la Vallée de l’Euphrate et que l’armée russe aurait aussi soutenu les opérations militaires offensives des YPG dans ce secteur, en renfort de la coalition pro-américaine.

Le Général a insisté sur le fait que la Russie cherche à travailler avec les tribus arabes locales, grâce au Centre pour la Réconciliation présent sur la base aérienne de Hmeimim, afin de restaurer une vie normale dans tous les villages et toutes les villes de la Vallée du Fleuve Euphrate, dès que Daesh sera vaincu.

Peu de temps auparavant, ANHA rapportait que Hemo avait annoncé que les YPG étaient prêts à instaurer une salle conointe de commandement des opérations avec sdes partenaires (une allusion à la Russie et aux Etats-Unis), dans le but d’éliminer la menace réminiscente de Daesh plus complètement.

Les efforts russes visant à bâtir une meilleure relation avec les YPG sont probablement destinés à apaiser les tensions entre les groupes kurdes et les alliés de la Russie à Damas.

D’autres mesures qui sont susceptibles de se mettre en palce dans l’avenir proche pourraient comprendre la transmission aux forces russes de certains puits de pétrole conquis par les YPG kurdes, dans la province de Deir Ez Zor, ou du moins est-ce que que les Russes escomptent.

Les YPG kurdes déclarent avoir le contrôle de l’arrière-pays de l’Est de Deir Ez Zor au cours d’une rencontre avec des officiers russes

YPG Declares Full Control Over Eastern Deir Ezzor Countryside During Meeting With Russian Officers

 

Dimanche, les Unités de Protection du Peuple Kurde (YPG) ont annoncé dans un communiqué officiel, lu par leur porte-parole Nori Mahmoud, que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis ont pelinement libéré l’Est de l’arrière-pays de Deir Ez Zor de la présence de Daesh.

L’Agence Hawar (ANHA) a rapporté que 72 djihadistes dse Daesh ont été tués et cinq autres capturés par les FDS au cours des affrontements qui se sont déroulés pour la libération de Suwaydan (à ne pas confondre avec Al-Suweida, dans les contreforts druzes du Golan), qui se situe à la frontière syro-irakienne, près des territoires disputés entre l’Irak et le Kurdistan irakien. Les FDS ont aussi détruit un véhicule de Daesh et saisi plusieurs types d’armements, selon ANHA.

Les YPG ont conjointement remercier la coalition dirigée par les Etats-Unis et l’armée russe pour avoir soutenu par leur appui aérien les opérations kurdo-arabes contre Daesh dans le gouvernorat de Deir Ez Zor.

“Après la resistance héroïque des Unités de protection, en coopération avec les clans arabes (Baggara et Shaitat)  de la région, et avoir éliminé le terrorisme de Daesh, l’arrière-pays de Deir ez-Zor à l’est de l’Euphrate a été complètement libéré, grâce au soutien des forces russes en Syrie et de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis,” déclaré le communiqué officiel des YPG.

Sîpan Hemo rencontrait au même moment des officiers russes de haut-rang, dont le commandant de la base aérienne de Hmeimim. Au cours de cette rencontre, Hemo a appelé les Etats-Unis et la Russie à se faire les garants de toute “solution politique pacifique et démocratique” en Syrie et de la préservation des zones libérées, jusqu’à ce que “notre peuple recouvre sa pleine capacité d’auto-défense” : cela s’interprète comme la volonté de transformer la Syrie en une fédération, où les Kurdes pourraient intégrer l’armée syrienne, tout en défendant l’autonomie acquise..

On a assisté, au cours de ces derniers mois, à un accroissement des tensions, entre les FDS et l’armée syrienne du régime Assad. Les tensions ont atteint un niveau dangereux, quand les FDS se sont emparés des champs pétroliers d’Al-Mor, les plus importants de Syrie, dans l’arrière-pays du Sud-Est de Deir Ez Zor. De nombreuses déclarations hostiles ont été formulées par les deux camps.

While the Russian-YPG meeting will ease the tension between the YPG and the SAA for sure, it is highly unlikely that it will solve the problems between the sides. It’s not likely that the YPG is not ready to give up on any of its recent gains. Another reason is that the Damascus government view the YPG relationship with the US as a threat to Syria.

Alors que la rencontre et la mise au point d’une salle conjointe de commandement des opérations entre la Russie et les YPG va certainement abaisser le niveau des tensions entre les YPG et l’armée d’Assad, il reste hautement improbable que cela résoudra tous les problèmes entre les deux camps. Il reste improbable que les YPG renoncent à leurs conquêtes. Une autre raison est que le régime de Damas, à l’instar du gouvernement Erdogan d’Ankara, perçoit les relations entre les YPG et les Etats-Unis comme une menace contre l’alignement de Damas sur le régime des Ayatollahs.

Dans ces démarches, les YPG kurdes avancent avec habileté, à un moment où Washington est sous pression turque pour cesser de fournir le moindre équipement militaires aux FDS. Ce rapprochement de bout de course avec Moscou invite la Maison Blanche à repenser à deux fois avant de céder aux chantages d’Ankara. En même temps, les Kurdes de Rojava font indirectement pression sur Assad pour qu’il réfléchisse bien aux avantages et inconvénients d’un système fédéraliste laissant une large autonomie aux Kurdes. Néanmoins ceux-ci restent échaudés par l’absence totale de réaction des Etats-Unis, de la France, d’Israël et d’autres, face aux exactions des milices chiites irakiennes pro-Iran sur Kirkouk, à partir du 16 octobre dernier…

©Marc Brzustowski pour JForum avec agences. 

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