Des partisans du Hezbollah bloquent l'ancienne route de l'aéroport dans la banlieue sud de Beyrouth, en brûlant des pneus, pour protester contre l'accord trilatéral signé entre les États-Unis, Israël et le Liban le 27 juin 2026.

Le Hezbollah provoque des émeutes à Beyrouth

L’accord conclu vendredi entre Israël et le Liban, destiné à garantir un retrait israélien du territoire libanais et le désarmement du Hezbollah, a déclenché des manifestations violentes à Beyrouth. Des partisans du Hezbollah ont organisé des rassemblements, initialement symbolisés par des motos arborant des drapeaux du groupe et de l’Iran, qui ont rapidement dégénéré en incendies de pneus et en blocages de routes stratégiques, notamment celles menant à l’aéroport de la capitale. Des affiches appelant à la souveraineté libanaise ont été brûlées, marquant un rejet clair de l’accord.

Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a qualifié l’accord, négocié sous l’égide des États-Unis, d’humiliant et de violation de la souveraineté libanaise. Il a affirmé que son organisation ne respecterait pas les termes du pacte et continuerait ses opérations armées, en contradiction avec les lois nationales. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné que l’accord permettrait aux forces israéliennes de rester dans le sud du Liban si le Hezbollah ne déposait pas les armes, conformément à une loi libanaise adoptée en mars interdisant aux acteurs non étatiques de porter des armes.

Les menaces de confrontation sont renforcées par les déclarations de membres du Hezbollah, comme le député Hassan Fadlallah, qui a averti que l’application de l’accord par les autorités libanaises pourrait conduire à une guerre civile. Des experts en sécurité estiment que malgré les avancées israéliennes, le Hezbollah conserve une influence suffisante pour déstabiliser le Liban. Le groupe s’oppose fermement à toute mesure visant à le désarmer, rendant l’exécution de l’accord incertaine.

Cette crise intervient dans un contexte de tensions accrues après la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, consécutive à la mort du leader iranien Ali Khamenei. Ces affrontements ont provoqué un déplacement massif de la population libanaise, accentuant la fragilité du pays. Par ailleurs, les tentatives iraniennes d’impliquer le Liban dans un mémorandum d’entente avec les États-Unis sont perçues comme une ingérence supplémentaire dans les affaires internes libanaises. L’accord Israël-Liban, bien qu’accueilli favorablement par certains pays de la région, reste donc vivement contesté sur le terrain, laissant planer un risque élevé d’escalade dans une région déjà instable.

L’accord entre Israël et le Liban, censé stabiliser la frontière sud et réduire la menace du Hezbollah, se heurte à une opposition frontale de ce dernier. Le refus de désarmement et les menaces de violence rendent incertaine la mise en œuvre de l’accord, posant un défi majeur à la souveraineté et à la sécurité du Liban. La situation reste volatile, avec un potentiel de conflit qui pourrait s’aggraver dans les semaines à venir, affectant durablement la stabilité régionale.

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