Le massacre juif de Séville: honorer les 4000 âmes éteintes

Préserver la mémoire de la Judería de Sevilla, c’est rendre hommage aux 4000 âmes juives qui ont péri lors du massacre de 1391.

La Judería de Sevilla est un Harova Hayehudi, un ghetto sévillan dans lequel les Juifs ont vécu depuis la reconquista sevillana par Ferdinand III de Castille, jusqu’à leur exil sous l’édit de Grenade, émis par les Rois Catholiques. Aujourd’hui, cette zone comprend les quartiers de San Bartolomé et de Santa Cruz.

Et si nous revenions un peu en arrière ? La ville de Séville a été conquise en 1248 par le roi Fernando III de Castille. Les Juifs ont alors commencé à y affluer en grand nombre.

Le Roi Alfonso X (le fils), lui accorda quatre mosquées à convertir en synagogues, qui servent de nos jours d’églises de Santa María la Blanca, Santa Cruz, Convento de Madre de Dios (Séville) et San Bartolomé.

Il y eut, quelques années plus tard, l’assaut des Chrétiens sur le barrio. C’était la première agression jamais perpétrée contre un quartier juif espagnol dans l’histoire.

Une ode au souvenir

Ainsi, l’archidiacre d’Écija, Ferrand Martinez, commença à opposer les Chrétiens de Séville à ses Judíos. La rébellion éclata, et les masses affluèrent dans le quartier juif, où elles détruisirent les magasins et attaquèrent les habitants. La peur est alors aussi grande que le mal.

La révolte se termina lorsque la police arriva, mais les responsables restèrent impunis. En raison de cette impunité, le 6 juin 1391, la foule pénétra à nouveau dans le Barrio Judío, abattant cette fois-ci plusieurs milliers de Juifs, presque tous ceux qui étaient domiciliés à Séville.

Ainsi, le roi infligea à la ville une amende à laquelle il avait dû se tenir pendant toute une décennie.

Cent ans plus tard, l’expulsion des Juifs d’Espagne ou leur conversion massive et forcée au christianisme est décrétée. Dans cette partie du sud ibérique, cette mesure n’a eu aucun écho, car en raison du carnage de 1391 et de l’insécurité qui a suivi, il ne restait que très peu de Juifs dans la ville andalouse de Séville.

Houda Belabd

Casas de la Judería, San Bartolomé – Benjamín Núñez González
À PROPOS DE L’AUTEUR
Journaliste avec préméditation, auteure en devenir et poétesse du dimanche, Houda voue un amour sans pareil au patrimoine judéo-andalou, un de ses sujets de prédilection. Lors de ses quelques voyages en Espagne (à Cadix, Jaén, et Huelva en Andalousie, mais aussi à Vilajoyosa, une commune d’Alicante en Communauté Valencienne) elle a pu visiter quelques juderías et découvrir les écrits du grand et majestueux Maïmonide sur son long séjour dans le beau Sud ibérique.

1 COMMENTAIRE

  1. Voici un exemple « simple », de tueries et spoliations diverses et variées envers nos ancêtres, qui expliquent directement pourquoi les Juifs ne sont qu’une poignée sur la planète, 14 millions dans le meilleur des cas, peuple pourtant à l’ origine du monothéisme Christo-musulman, 3.5milliards …
    Circonstance aggravante, le taux d’unions mixtes….
    Mais n’est-ce pas la quotité observable d’une royauté de prêtres, face au monde laïc ?
    Certes… Si tous les Juifs réalisent qu’ils portent l’étendard divin, chacun, en toute circonstance, et sont observés dans tous leurs comportements.
    On y arrive…
    .
    N. B
    Il est probable qu’en fait, nous ne soyons pas plus nombreux que les 3 millions et quelques, qui campèrent autour d’une petite montagne du Sinaï, il y a 35 siècles… Heureusement que quelques « Grands », étincelles perdues, retrouvent leur chemin depuis les Nations.

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