Le parquet de Paris a demandé mercredi à la juge chargée de l’enquête sur le meurtre de Sarah Halimi, que le caractère antisémite soit retenu.

« C’est une grande satisfaction », a déclaré l’un des avocats de la famille Halimi, Me Buchinger, à i24NEWS.

Le meurtre de Sarah Halimi en avril a provoqué une vague de colère et d’indignation, notamment auprès de la communauté juive française qui réclamait depuis plusieurs mois que le caractère antisémite du crime soit retenu par la justice.

« Le fait que le parquet a décidé de demander la requalification avec la circonstance aggravante que le meurtre a été commis en fonction de la religion de Mme Halimi, me parait être tout à fait fondamentale », a également dit Me Buchinger.

Malgré des « incohérences » relevées par l’avocat dans le rapport de l’expert psychiatre, et son « regret » que la dimension antisémite n’ai pas été inscrite de manière « claire » dans les conclusions du document, Me Buchinger s’est toutefois dit « satisfait » de la décision du parquet.

i24NEWSMe Buchinger, l’un des avocats de la famille de Sarah Halimi, le 20 septembre 2017  i24NEWS

Le parquet a annoncé avoir fait cette demande au vu de « l’expertise psychiatrique » rendue la semaine dernière, et « des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs » la semaine dernière, a-t-il précisé.

Dans la nuit du 3 au 4 avril, Kobili Traoré, 27 ans, s’était introduit dans l’appartement de sa voisine, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi. Aux cris d' »Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la défenestrer. « J’ai tué le sheitan » (le démon, en arabe), avait-il hurlé.

Le meurtre de cette ancienne directrice de crèche confessionnelle, juive orthodoxe âgée de 65 ans, a suscité une très vive émotion.

Interné depuis le drame, Kobili Traoré a été mis en examen le 10 juillet pour meurtre, mais la juge d’instruction n’avait pas retenu la circonstance aggravante de l’antisémitisme, suscitant de vives réactions des parties civiles.

L’expertise rendue début septembre concluait, elle, que le trouble psychotique dont souffrait Kobili Traoré, pris d’une « bouffée délirante aiguë » dont les effets ont été « démultipliés » par la consommation « massive » de cannabis, n’était « pas incompatible avec une dimension antisémite ».

« C’est une satisfaction pour la communauté juive et pour la famille de Sarah Halimi, qui va pouvoir commencer à faire son deuil parce qu’elle est reconnue dans ce drame », a commenté auprès de l’AFP le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, réagissant à l’annonce du parquet de Paris.

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