Riyad et Jérusalem : désaccord sur le moment de frapper l’Iran?©

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Le Prince Mohammed à la veille probable de l’accession au trône, avec un plan de guerre contre l’Iran, incite Israël à détruire le Hezbollah

Le prochain Roi d’Arabie Saoudite, le prince héritier Mohammed Bin Salma, alias MBS, et Israël sont entièrement d’accord sur la plus grosse menace pour la région que représente l’Iran, mais le Premier Soldat d’Israël écarte, pour le moment, l’idée d’attaquer le Hezbollah.

Deux publications émanant de Londres, le même jour, jeudi 16 novembre, éclaire d’une lumière inhabituelle le prochain chapitre de l’histoire de la couronne royale saoudienne, ainsi que les relations jusqu’à présent restées clandestines entre Riyad et Jérusalem.

Le Daily Mail de Londres, citant “une source proche de la famille royale saoudienne” a révélé que le roi Salman, âgé de 91 ans, a l’intention de renoncer au trône la semaine prochaine et de nommer son fils, le Prince héritier de la couronne, Mohammed Bin Salman, 32 ans, comme son successeur. Le roi resterait alors confiné à des obligations cérémonielles, au même titre que “La Reine d’Angleterre”, ne conservant que le précieux tire de “Gardien des Lieux Saints”.

Il y a près de deux semaines (13 jours), le Prince Mohammed a ordonné l’arrestation de 208 personnalités importantes dans le royaume, dont des princes, les financeurs du lobby saoudien à Washington, le Prince Al Waleed Bin Talal, et le Prince Bandar, grands corrupteurs de la Cour et des chancelleries étrangères devant l’Eternel, des dizaines d’anciens ministres, des chefs d’entreprises de haute voltige, tous détenus sous des accusations de corruption. Le journal britannique a diffusé les premières photos de ces détenus très bon chic-bon genre dormant sur des matelas à même le sol de l’hôtel 5 étoiles du Carlton-Ritz de Riyad. On se paie les prisons dorées que l’on peut.

Après qu’il serait couronné roi, le Prince se concentrera essentiellement sur l’Iran, selon les sources informatrices du Daily Mail. Son plan est d’allumer le feu au Liban, dans l’espoir que l’armée israélienne l’appuie directement.I lest convaincu qu’il doit frapper l’Iran et le Hezbollah à la tête -contrairement à l’avis des anciens de la famille royale, qui pourraient bien constituer son prochain obstacle à surmonter – et il ferait, dans ce but, en sorte de s’attirer l’aide de l’armée israélienne, la seule capable d’écraser le Hezbollah, objectif auquel il dédierait des milliards de dollars de promesse, si l’Etat hébreu en est d’accord”.

Cette source insistait : MBS n’est pas en mesure de se confronter au Hezbollah sans Israël. Le Daily Mail ne révèle rien de la façon dont Israël est censé entendre cette proposition ou l’accepter – mais seulement que le Prince disposerait d’un plan B : combattre le Hezbollah en Syrie. Mais la source n’explique pas non plus comment ce serait envisageable, l’Arabie n’ayant pas de troupes au sol et face à l’écroulement complet de l’insurrection syrienne à présent, à un stade très avancé.

Les sources moyen-orientales de Debkafile soulignent que ces rumeurs d’abdication imminente du Roi Salman et de prise de pouvoir par son fils, tournent autour du pot depuis un bon mot et qu’elles sont crédibles, étant donnée la santé déclinante du monarque. Ce n’est même qu’un principe de précaution. Beaucoup des centaines de personnalités de haute pointure qu’il a mis en détention le 4 novembre sont opposées à son accession.

L’éventualité que la première préoccupation du Prince une fois couronné se focaliserait sur l’Iran est aussi crédible -excepté le fait qu’il y a plus d’un an, il déclarait que l’Arabie Saoudite était en guerre contre la République Islamique au Yémen et que cela ne va pas pour le mieux. Les Saoudiens et leurs alliés, les Emirats Arabes Unis -qui ménagent l’ancien président Saleh passé du côté des Houtis – sont englués dans un bras-de-fer contre les rebelles Houtis soutenus par l’Iran et qui conservent une bonne part du terrain.

L’Iran, en outre, menace leurs ports et aéroports,ainsi que leurs capitales de frappes de missiles. Cependant, quand les Houtis ont tiré un missile balistique fourni par l’Iran contre l’Aéroport International de Riyad, le 4 novembre (même jour que la rafle des notables), le Prince Mohammed a désigné ce fait comme un “acte de guerre” (casus belli, impliquant des répliques immédiates ou peu différées).

Il se tourne donc vers Israël et ses forces armées, non seulement comme la seule force militaire et en matière de renseignements fiable et en mesure de maîtriser le bon timing pour frapper les trois coups de la guerre contre l’Iran, mais du fait de leur perception partagée de l’Iran comme représentant la plus grosse menace sur l’ensemble de la région. Il ne s’attend, en outre, pas à une participation active et déterminée dans les combats contre l’Iran, de la part des Etats-Unis sous l’égide d’un Donald Trump -qui ne se fait pas respecter en politique intérieure, à l’inverse de son jeune homologue saoudien- Sur ce dernier point, l’Arabie Saoudite et Israël sont divisés.

Dans son interview avec le site d’actualité saoudien basé à Londres, Elaph – sa prmeière du genre avec une publication saoudienne – publiée exactement le même jour que le récit de la succession par le Daily Mail, le Chef d’Etat-Major, le Lieutenant-Général Gady Eisenkot a exposé ce qu’ils pense que sont les ambitions de l’Iran au Moyen-Orient : “Le plan iranien est de contrôler le Moyen-Orient au moyen de deux croissants chiites : le Premier va d’Iran à travers l’Irak et la Syrie jusqu’au Liban et le second va du Bahrein à travers le Yémen jusqu’à la Mer Rouge”, a t-il dit en ajoutant : “C’est ce qu’on doit empêcher d’arriver au moyen-Orient”.

“Mais aussi : “Avec le Président américain Donald Trump, il y a une réelle opportunité pour monter une nouvelle coalition internationale dans la région”, a t-il dit, en citant les Etats-Unis, les nations arabes nouvellement “modérées”, dont l’Arabie Saoudite et Israël “afin de stopper la menace iranienne”. “Nous sommes prêts à échanger nos expériences (des renseignements) avec les pays arabes modérés, et à échanger nos renseignements afin d’affronter l’Iran”, a t-il ajouté. Alors que le général israélien insiste sur l’importance du rôle de l’administration Trump dans cet effort, la source saoudienne du Daily Mail ne mentionne même pas du tout les Etats-Unis comme d’un poids déterminant dans la balance.

Aussi,alors que le prince qui pourrait bien être couronné la semaine prochaine roi d’Arabie et le Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahu sont parfaitement d’accord sur le fait que l’Iran est, bel et bien, la plus importante menace pour la région et au-delà, ils restent en désaccord sur la façon de trancher dans le vif et qui devrait mener cet effort. Le mode de pensée du Prince à ce sujet ressemble à l’approche israélienne de la menace iranienne il y a cinq ans, en se disant que si Tsahal décidait d’y aller seul, les Américains grimperaient immédiatement après dans le prochain wagon.

Mais aujourd’hui, Eisenkot reflète une approche différente. Il insiste dans son interview sur le fait “qu’Israël n’est pas intéressé à lancer une guerre maintenant avec le groupe terroriste Hezbollah appuyé par l’Iran, en dépit des tentatives iraniennes de provoquer une escalade”.

Riyad devrait prendre cette interview (via un journal saoudien) comme la réponse directe d’Israël au plan de Mohammed : plusieurs milliards de dollars ne persuaderont pas Israël d’envoyer Tsahal mener une guerre, même si les dirigeants d’Israël et d’Arabie Saoudite sont en accord complet sur ce que représente, à moyen terme, le péril iranien.

  

debka.com

Adaptation : Marc Brzustowski

5 COMMENTS

  1. vous trouvez peut-etre que cette région du monde ne souffre pas assez des guerres interminables. et vous en voulez encore, quitte à promouvoir les alliances les plus absurdes.
    vous etes fous !!
    prenez garde quand même qu’un tel conflit, par nature incontrôlable, ne déborde pas jusqu’à vous, à nous.
    mettons ensemble tous nos efforts pour la paix.

  2. Exactement il faut s occuper du Hezbollah c est une menace reele et permanente ….Quant à L arabie , elle seule ne sera pas capable de regler le préfere bleme..

  3. Certes, Israël ne souhaite pas apparaître à la face du monde comme un mercenaire à la botte de l’Arabie saoudite, chargé de détruire le Hezbollah ; cela est compréhensible sauf que dans le cas présent, il s’agit de l’intérêt d’Israël étant donné que ce groupe terroriste représente un danger existentiel proche de la frontière Nord d’Israël alors que l’Arabie Saoudite qui ne risque rien.
    Il serait donc habile de saisir cette opportunité afin de régler à bon compte au Hezbollah étant donné que l’Arabie saoudite a promis de financer l’opération à hauteur de plusieurs milliards de $.
    De toute façon, Israël devra tôt ou tard s’occuper du Hezbollah alors autant le faire de suite et dans des conditions qui servent d’avertissement pour l’Iran qui sera obligé de réviser ses plans.

  4. L armee saoudienne ne vaut rien, les saoudiens sont des menteurs , seul Israel peut tenir l iran en respect , mais Tsahal se battra pour les juifs pas pour les barbares petroliers , il faut par contre exploiter cette convergence pour creer un axe de paix et tenter le coup

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