SEULS DANS L’ARCHE (VII) : QUEL RÔLE POUR LA SCIENCE À L’ÈRE DE LA “POST-VÉRITÉ”? PIERRE LURÇAT

 

“Ce n’est pas la victoire de la science qui caractérise notre siècle, mais la victoire de la méthode scientifique sur la science”. 1.Nietzsche

A travers la polémique sur l’efficacité de la chloroquine et sur la figure du professeur Raoult – décrit tantôt comme un savant courageux, tantôt comme un dangereux imposteur – se fait jour un débat plus large et crucial, portant sur la confiance qu’il convient d’accorder aux scientifiques, aux chercheurs et à tous ceux qui fondent l’autorité de leur parole sur “la Science”.

A l’ère de la post-vérité, l’opinion semble parfois avoir triomphé de la connaissance. Trop souvent, le débat actuel n’oppose plus des idées ou des thèses argumentées mais des opinions subjectives, qui s’affrontent à coup de sondages et de statistiques dans le meilleur des cas, d’invectives et d’excommunications dans le pire.

Oui, comme l’affirme Richard Horton, rédacteur en chef de la revue médicale The Lancet – elle-même au centre d’une récente polémique – la science a pris un “virage vers l’obscurantisme” (1). Quand, et pourquoi ?

 

Didier Raoult : savant courageux ou dangereux imposteur?

Comme le faisait remarquer Neil Postman (2), l’avènement de la science comme nouveau “grand récit” – se substituant à celui de la Genèse, sur lequel a largement reposé l’Occident judéo-chrétien depuis presque 2000 ans – n’a pas instauré le règne universel de la Raison, en mettant fin aux croyances et aux superstitions.

Bien au contraire : la science est devenue –  à travers son sous-produit qu’est la technologie – la nouvelle source d’autorité et de crédulité.

Cette réflexion rejoint celle de Bernard Shaw, il y a près de 80 ans, selon lequel “un individu lambda de la première moitié du XXe siècle est à peu près aussi crédule qu’un individu lambda du Moyen-Age. Pour ce dernier, la source d’autorité était la religion. De nos jours, c’est la science”.

On constate ainsi que la science elle-même, non pas en tant qu’idéal de connaissance, mais en tant que pratique sociale et qu’institution, est devenue aujourd’hui une autorité, contre laquelle il est de plus en plus difficile d’exprimer (voire d’élaborer) une pensée dissidente. Le concept de “communauté scientifique” et l’idée sous-jacente qu’il existerait un “consensus des savants” – consensus qui serait nécessaire à l’élaboration de la vérité scientifique et au progrès de la science – sont tous deux récents.

Non, certes, que la science ait été autrefois un exercice entièrement solitaire, selon l’image d’Épinal du savant dans sa tour d’ivoire. Mais parce que la science moderne est née, avec Galilée, en s’émancipant de l’autorité religieuse et en rejetant le principe d’autorité…

Que penserait Galilée de la science contemporaine et de son culte du consensus, matérialisé dans l’apparition d’une nouvelle discipline monstrueuse, la “scientométrie”, qui prétend mesurer la validité d’une thèse scientifique par le nombre de publications ou de citations dont elle fait l’objet? (3) 

La fragmentation du savoir, reflet d’un monde éclaté

Pour relater de manière succincte la transformation de la science, nous distinguerons trois étapes fondamentales de cette évolution. La première est la fragmentation du savoir et l’éclatement de la science en de multiples sous-disciplines, chacune focalisée sur un domaine de plus en plus restreint de la recherche scientifique.

Ce phénomène n’est pas seulement la conséquence inévitable de l’accroissement et de la spécialisation toujours plus poussée de la connaissance scientifique : il exprime aussi la conception métaphysique d’un monde éclaté, qui a perdu son unité originelle.

Monde fait d’atomes toujours plus petits, que l’oeil du savant examine avec un regard toujours plus rapproché, en perdant de vue toute vision englobante de la réalité. Plus la science moderne a ainsi focalisé son regard sur des phénomènes plus infimes, plus elle s’est éloignée de l’idée d’une unité du monde et de la vie.

Avec la fragmentation du savoir et de la recherche scientifique, c’est aussi l’idéal humaniste de la connaissance qui a été perdu. Les savants qui ont présidé à l’éclosion de la science moderne étaient des esprits encyclopédiques et humanistes, dont l’entreprise scientifique s’accompagnait d’une recherche philosophique.

Isaac Newton, découvreur de la gravitation, était aussi un lecteur assidu de la Bible, se passionnant pour le calcul de la Fin des temps et pour la topographie du Temple de Jérusalem.

Notre époque, friande d’oppositions hâtives et approximatives, est bien incapable d’apprécier ce que pouvaient signifier pour Newton les textes bibliques, dont il était fermement persuadé de l’origine divine, comme le faisait remarquer avec étonnement Einstein, dans une lettre à un correspondant israélien (4).

Le plan du Temple de Salomon, dessiné par Isaac Newton (National Library of Israel)

Paradoxalement, le praticien de la science contemporain, qui ne croit plus guère à l’idéal humaniste d’un Galilée, pas plus qu’aux préoccupations herméneutiques d’un Newton, est en réalité plus proche de l’intolérance de l’Eglise que du “Epur si muove !” du savant italien. Si la science actuelle a pris un virage obscurantiste, selon Richard Horton, c’est en large partie du fait de sa transformation en institution.

L’idéal scientifique de recherche du Vrai a souvent fait place à une logique d’organisation, ou encore à une logique commerciale. Ou pour dire les choses autrement, la science critique a été remplacée par la “social-science” (5), celle dont on mesure l’efficacité au nombre de publications et de brevets. 

De la république des savants à la communauté scientifique

La seconde étape de cette transformation de la science est donc celle qui a fait de la connaissance l’apanage de la “communauté scientifique”, au sein de laquelle les savants, désormais rebaptisés scientifiques, travaillent en équipes, avec le financement des pouvoirs publics ou de sociétés et fondations privées et publient leurs travaux dans des revues scientifiques, fonctionnant selon le modèle du “peer review” et de la scientométrie.

Aux yeux du grand public, cette description de la pratique scientifique n’est guère plus choquante que la manière dont travaillent les entreprises privées, qui fabriquent des puces informatiques ou des robots ménagers.

Pour en apprécier tout l’aspect tragi-comique, il faut faire partie de la communauté scientifique, ou l’avoir cotoyée ou analysée de près. 

Parmi les premiers à avoir entrepris une critique de ces pratiques se trouvait l’écrivain Georges Perec, qui travaillait comme documentaliste au CNRS : il connaissait bien son sujet.

Son article pastiche, intitulé Experimental demonstration of the tomatotopic organization in the soprano (Cantatrix sopranica L.)” (6), dans lequel il étudie les “effets du jet de tomate sur la soprano”, est une description hilarante de la pratique scientifique contemporaine, de ses travers et de ses dangers.

Mais comme l’a montré le physicien François Lurçat, derrière le pastiche pointe une critique féroce de la science contemporaine, et notamment des neurosciences, devenues depuis la fin du 20e siècle la science dominante.

 Georges Perec

Cette critique radicale permet de comprendre l’effroi exprimé en 2015 par Richard Horton (7), constatant “qu’une grande partie de la littérature scientifique, peut-être la moitié, est peut-être tout simplement fausse”.

Bien avant la récente polémique mettant en cause sa revue The Lancet, Horton avait lui aussi critiqué les pratiques scientifiques actuelles, en les termes suivants : “Encombrée par des études portant sur des échantillons de petite taille, avec des effets minimes, des analyses exploratoires invalides et des conflits d’intérêts flagrants, polluée par l’obsession de suivre des tendances à la mode dont l’importance est douteuse, la science a pris un virage vers l’obscurantisme. Comme l’a dit un participant, “les mauvaises méthodes donnent des résultats”. 

Fausseté de la littérature scientifique et vérité de la science

L’autocritique de Richard Horton (qui date de 2015, preuve qu’elle n’a pas eu tellement d’effets, pas même dans sa propre revue) est louable mais insuffisante. En dénonçant de “mauvaises pratiques scientifiques”, il semble épargner la “bonne science”.

Or, si les “mauvaises méthodes donnent des résultats”, c’est que les méthodes ne sont pas seules en cause. Au-delà de la question de la fiabilité des articles et des résultats scientifiques, se pose celle de la notion même de vérité de la science et de son objet.

La science poursuit-elle la vérité, ou bien vise-t-elle seulement à obtenir des “résultats”, quitte à employer de “mauvaises méthodes”?

 Ce qui est ici en jeu, bien plus fondamentalement, c’est la confusion entretenue depuis les débuts de la science moderne entre les méthodes et “l’être vrai”, pour reprendre l’expression d’Edmund Husserl : “Nous prenons pour l’Être vrai ce qui est méthode” (8).

La science peut nous apprendre beaucoup sur d’innombrables domaines de la connaissance, mais elle ne peut pas nous dire ce qu’est l’être vrai. Comme l’a bien compris Husserl et comme l’avait compris avant lui Newton, qui –  à la différence sans doute de Galilée – ne confondait pas le monde réel et sa description mathématique.

L’intuition du philosophe rejoint ici une très ancienne notion hébraïque – celle qui oppose les “sagesses extérieures” à la sagesse de la Torah, seule capable de nous dire la vérité de l’homme et de sa place dans le monde.

De la science humaniste à la science idéologique.

Analyser ce qui a “mal tourné” dans la science moderne nécessite une profondeur et une largeur de vue qui dépassent de loin la timide mise en question du directeur de la revue The Lancet.

Parmi les penseurs qui ont réfléchi à cette question, depuis un siècle, citons les noms des philosophes Edmund Husserl – qui a parmi les premiers établi un lien entre la pensée scientifique et la crise de l’humanité européenne – et Leo Strauss – qui a décrit l’apparition d’une nouvelle forme de tyrannie fondée sur la science moderne – du physicien François Lurçat ou encore du sociologue Neil Postman.

Si l’on veut que la science ne devienne pas, comme le déplore Horton, un nouvel obscurantisme, il ne suffit pas de trier le bon grain de l’ivraie, de vérifier et revérifier les résultats des recherches avant publication ou d’instaurer de nouvelles procédures d’audit et de contrôle. Il faut aussi en revenir à une définition à la fois plus modeste et plus ambitieuse de l’entreprise scientifique elle-même.

Plus ambitieuse, parce que la science ne peut se réduire à la “social-science”. Elle doit être jugée selon les critères exigeants de l’activité humaine la plus élevée, celle de la recherche du Bien (et non de la seule ‘efficacité’ ou des résultats).

Plus modeste, parce que la Science ne peut avoir pour ambition de nous dire ce qu’est l’être vrai, ce qu’est l’homme ou ce qu’est le sens de la vie. Sous peine de se transformer en nouvelle idéologie ou en nouvelle religion (9).

Le paradoxe de la science moderne est que son projet philosophique (le physicalisme) a échoué monumentalement, au moment même où elle connaît certaines de ses plus grandes réussites.

Pour que la science renaisse, malgré son suicide actuel, elle doit devenir plus modeste, comme l’explique François Lurçat dans la conclusion de son livre La science suicidaire : “Pour surmonter ses tendances suicidaires, elle doit corriger la sécheresse obstinée du cosmocentrisme grec par la compassion et la finesse de Jérusalem. Elle doit corriger la tendance à l’aplatissement, inhérente à la pensée géométrisante, par le sens aigu de la transcendance – et d’abord de l’absolue spécificité de l’homme – portée par la tradition juive” (10).

Pierre Lurçat

http://vudejerusalem.over-blog.com/2020/06/seuls-dans-l-arche-vii-quel-role-pour-la-science-a-l-ere-de-la-post-verite-pierre-lurcat.html

(1) Voir https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)60696-1/fulltext

(2)  Sur Postman, voir notre article “Neil Postman, un penseur pour le monde actuelhttp://vudejerusalem.over-blog.com/2019/10/a-propos-de-technopoly-neil-postman-un-penseur-pour-le-monde-actuel.html

(3) Sur la scientométrie, je renvoie au livre du physicien François Lurçat, dont les présentes réflexions se nourrissent largement, L’autorité de la science. Neurosciences, espace et emps, chaos, cosmologie. Cerf 1995, p. 325.

(4) “The divine origin of the Bible is for Newton absolutely certain, a conviction that stands in curious contrast to the critical skepticism that characterizes his attitude toward the churches”, cité par Sharon Cohen, “Newton’s Temple”, https://blog.nli.org.il/en/newtons-temple/)

(5) Concept utilisé par François Lurçat, voir notamment L’autorité de la science, Cerf, collection “Passages” dirigée par H. Wisman, 1995.

(6) Cet article, diffusé de manière clandestine, et publié à titre posthume aux éditions du Seuil en 1991, est aujourd’hui repris sur certains sites Internet sans la moindre avertissement, comme s’il s’agissait d’un article scientifique et non d’un pastiche… La scientométrie, comme l’intelligence artificielle à laquelle elle ressemble parfois, ignore l’humour ! https://www.jstor.org/stable/3684039?seq=1

(7) Article paru en 2015 dans la revue The Lancet. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)60696-1/fulltext

(8) In La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale

Gallimard 2004.

(9) Comme “l’église de la climatologie”, selon l’expression du biochimiste Luis Gomez.

(10) F. Lurçat, La science suicidaire, Athènes sans Jérusalem. Ed. François-Xavier de Guibert 1999.

6 Commentaires

  1. Toute science repose sur des postulats, la plupart du temps implicites, mais indispensables : uniformité, non-contradiction, répétitivité, identité, logique, etc., y compris la moralité, une moralité absolue et universelle : il n’y a pas de science authentique sans moralité. Tous ces principes sont d’origine biblique. C’est pourquoi la science ne s’est développée qu’en Occident, par des savants qui croyaient la Bible littéralement (sans entrer ici dans les détails). Les lois « naturelles » sont bonnes, utiles à la Création et à l’homme. Elles reflètent la nature même de Dieu, du Dieu de la Bible. La science des origines, officielle, est évolutionniste : elle a ses postulats athées, matérialistes, le plus souvent occultés, parfois avoués (« Nous prenons parti pour la science en dépit de l’absurdité manifeste de quelques-uns de ses concepts, en dépit de son incapacité d’accomplir beaucoup de ses promesses extravagantes de santé et de vie, en dépit de la tolérance de la communauté scientifique envers des histoires sur mesure et sans preuves, parce que nous avons un engagement premier, un engagement envers le matérialisme. Ce n’est pas que les méthodes et les institutions de la science nous contraindraient en quelque sorte à accepter une explication matérielle de ce monde phénoménal, mais au contraire que nous sommes obligés, par notre adhésion a priori à des causes matérielles, de créer un appareil d’investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles, aussi contraires soient-elles à l’intuition, aussi déroutantes soient-elles pour les non initiés… Plus encore, ce matérialisme est absolu, car nous ne pouvons admettre un pied divin en travers de la porte. » Richard Lewontin, Harvard). Ces postulats étant contraires à l’ordre créationnel, cette science perd son temps et notre argent.

    Les modèles mathématiques sont précieux et valides tant qu’ils respectent la réalité et le postulat et principe de cause et d’effet. Ce principe a été abandonné dans la physique moderne depuis l’interprétation de Copenhague de la théorie quantique. Toute la physique moderne (astrophysique et cosmologie notamment) en est affectée et aboutit à la confusion. Les idées d’Einstein sont celles résultant de la discussion de potaches un soir dans une chambre d’étudiant, fiction scientifique qui recrée le monde mais en dehors de toute réalité. Que la masse varie en fonction de la vitesse, etc. est une absurdité ; les « paradoxes », c’est-à-dire les contradictions internes, disqualifient totalement la théorie. La notion d’espace-temps est une monstruosité qui n’existe que dans la tête de ses adeptes. Tout cela est souligné et combattu depuis plus d’un siècle en continu par les plus grands scientifiques qu’on n’écoute pas.

    La vraie science reconnaît le Créateur de toute science. La science n’est pas autonome. Les lois naturelles sont des descriptions du réel, elles ne contraignent pas des sujets conscients et obéissants. Il y a une puissance derrière les lois qui fait que les entités soumises à ces lois s’y conforment. « [Dieu] soutient toutes choses par sa Parole puissante ». On s’est habitué à voir l’univers fonctionner magnifiquement et on déduit qu’il fonctionne tout seul !! Aveuglement coupable et qui a ses conséquences.

    « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient clairement, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous… » (Romains 1:18-22)

    • Votre paragraphe sur la mecanique quantique et la relativite restreinte est totalement absurde. Il n’y a aucune contradiction interne dans la theorie de la relativite restreinte, et la masse d’une particule ne varie pas avec sa vitesse (dans les tout premiers articles, c’etait le cas, mais ca a ete vite corrige). Pour la relativite generale, c’est encore le cas, mais elle suppose la donnee d’un espace-temps a courbure qui (contrairement a l’espace) est absolu, et l’etude de phenomenes a tres grande echelle appelle a revoir la chose. Quant a qualifier les idees d’Einstein comme vous le faites, c’est une indication claire du fait que vous ne connaissez rien a la physique. Je passe sur la mecanique quantique, ce serait trop long. Mais reduire le role des mathématiques a des « modeles » devant respecter la réalité et le postulat et principe de cause et d’effet est, encore une fois, totalement inexact. C’est au contraire via les mathematiques qu’on peut aller au-dela des apparences, et la comprehension qu’on a a present des particules elementaires repose sur des excursions dans des domaines de la theorie des groupes ou plus rien n’apparait comme concret. Ca n’empeche pas les supercollisionneurs de fonctionner. Certains savants, sans doute, ont le sentiment de « rechercher Dieu » en cherchant une meilleure comprehension de la realite cachee du monde: mais rien d’utilisable n’a jamais ete obtenu dans l’autre sens (d’une forme de religion vers la science). Amicalement quand meme.

      • Juste un exemple parmi un grand nombre. Un auteur, Al Kelly (70 kg), se trouve sur une plage. Deux hommes passent devant lui, l’un à la vitesse de 0,9c et l’autre à la vitesse de 0,999c. Ces observateurs mesurent la masse de l’auteur : 160 kg pour le premier et 7 000 kg pour l’autre. « Selon la relativité restreinte, ce que ces observateurs mesurent est pour eux la réalité. Comme on l’a dit précédemment, Einstein a dit que ces changements sont réels et non illusoires. Ce n’est évidemment pas réel pour moi qui suis tranquillement assis sans aucunement changer de masse. » Pour avoir une connaissance correcte du sujet, il faut surtout lire les réfutations, c’est beaucoup plus utile à la recherche de la vérité. Et quand on s’y met sérieusement, il ne reste pas grand-chose des théories de la science des contes de fée (qualificatif de Jean Rostand pour l’évolutionnisme).

        La relativité est sans doute, avec l’évolution, la théorie la plus mal prouvée. Si l’on ne connaît que la science officielle, on ignore les permanentes critiques émanant de physiciens de réputation mondiale. On ignore qu’il y a plus de réfutations que de « preuves » de la théorie, mais elles sont passées sous silence et les récalcitrants risquent leur carrière s’ils insistent. Sur la relativité, je maintiens. Les modèles ne peuvent pas contredire la réalité sans quitter la science (on peut toujours s’amuser. Je parle de modèles qui vont coloniser les manuels scolaires et universitaires). Le nier, c’est de la philosophie ou de la métaphysique. Einstein n’a rien inventé. Même la relation masse/énergie a été trouvée avant lui par une bonne douzaine d’auteurs (qu’il connaissait), dont Poincaré. Einstein a « réalisé » des « expérimentations par la pensée » (thought experiments), c’est-à-dire de la fiction scientifique. L’espace-temps est une absurdité. L’espace n’a pas de propriétés. Une science qui n’est pas fondée sur les principes bibliques ne tient que parce qu’elle utilise ces principes tout en niant qu’ils sont transcendants. Une telle science est tôt ou tard démentie par les faits.

        Schrödinger avait vu l’absurdité de ses propres théories. En tant qu’inventeur du fondement de la mécanique quantique sous la forme de la fonction d’onde qui porte son nom, il n’a jamais accepté l’interprétation de Copenhague (la particule statistique) de son invention. « Elle [la mécanique quantique] ne me plaît pas et je regrette d’y avoir jamais été mêlé. » Il a dit qu’en plus de quarante ans les physiciens n’ont pas été capables de proposer un modèle métaphysique clair de la physique quantique. « On ne peut pas donner à la fonction d’onde une interprétation directe dans l’espace tridimensionnel [lorsqu’il y a plus de 100 électrons et noyaux] parce que c’est une fonction dans l’espace configurationnel et non dans l’espace réel. L’équation d’onde existe apparemment comme une suite de symboles sur une feuille de papier ou sur un écran d’ordinateur, mais une fonction d’onde en tant qu’objet mathématique défini satisfaisant l’équation ne semble pas exister. » Énoncer les propriétés d’un objet virtuel ne suffit pas pour amener cet objet à l’existence.

        Tout ce qui n’est pas fondé sur les principes immuables de la Création s’écroulera. Tout amoureux de la vérité attend ce jour avec impatience.

        • Toujours pas d’accord. Le bon concept de masse ne depend pas de la vitesse: au tout debut de la relativite restreinte, on pensait la mecanique en termes de derivee seconde (acceleration, comme chez Newton); la racine carree a laquelle vous pensez est depuis incorporee a l’impulsion, plus a la masse. L’espace-temps est plus une notion derivee que basique (cf. spineurs, sans lesquels vous ne pourrez comprendre un objet aussi simple que l’atome d’hydrogene), mais il est certainement plus « concret » que l’espace ou le temps, qui dependent totalement de l’observateur. On ne peut pas faire de bonne physique, depuis plus de cent ans, en se forcant a n’y faire rentrer que des donnees accessibles a l’experience immediate. La comprehension de certains des mysteres du monde ne peut se faire que dans des referentiels echappant a notre intuition immediate, a condition bien sur de savoir revenir pour l’enonce des resultats au domaine de notre intuition. Pour la mecanique quantique et, plus encore, la theorie des champs, c’est vrai qu’il reste bien des mysteres, et qu’une nouvelle revolution intellectuelle sera un jour necessaire.

  2. Il me semble que l’objet de la science n’est pas, ne peut être de servir le Bien, ou le Vrai ou toute autre notion qui s’apparente a une valeur morale ( ou immorale).
    La science décrit ce qui est, ou tout au moins s’efforce de le décrire, et les lois qui régissent le monde matériel ne sont ni bonnes ni mauvaises.
    Ce qui sera bon ou mauvais est ce que les hommes feront de cette science a priori « neutre ».
    La science décrit le monde tel qu’il EST, par opposition aux valeurs qui disent, ( impératif moral) ce qu’il DOIT ÊTRE.

  3. Je souhaite, tres brievement, indiquer les points essentiels sur lesquels je suis en desaccord total avec ce texte. Peut-etre, cependant, n’est-ce qu’une question de vocabulaire. Les activites les plus eloignees de la science aiment se parer de l’adjectif « scientifiques »: sciences humaines, sciences politiques … La Science n’est pas la recherche du pouvoir ou de la notoriete. Mais ce ne peut etre non plus la recherche du Bien: elle ne saurait se developper en vue d’objectifs aussi mal definis. La Science repond avant tout au desir de comprendre: que celui-ci ne puisse se realiser autrement qu’a travers des methodes mathematiques puissantes peut faire de la peine, mais cela n’y changera rien. Prenez le cas de Maxwell, immense physicien du 19eme siecle. En retablissant une symetrie mathematiquement desirable entre deux groupes d’equations, il decouvrit que la lumiere n’etait autre qu’une onde electromagnetique. Des effets electromagnetiques pouvaient donc se propager sans support materiel. Ne voyez-vous pas que cela a completement transforme notre existence a tous ? mais si, ne pianotez pas sur votre smartphone par enervement.
    Quant a Einstein, qui a totalement change notre perception du monde, sa theorie de la relativite generale n’a d’autre application « de poche » que le GPS. Je deplore comme vous les horreurs comme la scientometrie. Mais il ne s’agit absolument pas, ici , de science: il s’agit des derives certes aussi nombreuses qu’ailleurs d’une communaute scientifique qui n’est guere plus une communaute que la communaute internationale qui sevit a l’ONU. Que certains savants d’une tres grande valeur aient ete penetres de formes de religiosite diverses, et d’autres aient ete violemment opposes a toute ombre de croyance dans ces directions est un fait incontestable. Pourquoi voulez-vous opposer science et religion ? ce sont des aspirations mettant peut-etre en jeu des parties differentes du cerveau, ou pas. Mais c’est a chacun, selon ses possibilites et en vue d’une realisation personnelle, de faire, sans y penser, ses choix tout au long de son existence. Amicalement.

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