La constante au moment des élections américaines veut que les candidats cherchent une sorte d’imprimatur donnée par Israël, comme si le chemin de Washington impliquait un détour par Jérusalem.

Mitt Romney n’a pas dérogé à la règle puisqu’il a profité de Jérusalem pour se donner une stature internationale, en visitant le pays qui suscite le plus de débats.Promesses républicaines

Le candidat républicain cherche à récupérer les anciens soutiens de George W. Bush en attaquant la politique «faible et mal avisée» du président Obama et en assurant que, s’il était élu, il ferait tout le contraire de son prédécesseur. Il n’a pas oublié que les juifs des États-Unis avaient donné en masse leurs voix à Obama.

Il a compris qu’il devait donc surfer sur les problèmes de l’Iran et des palestiniens, restant le point d’achoppement qui envenime les relations israélo-américaines.

Mitt Romney a usé de surenchère pour prendre ouvertement position sur l’Iran en mettant sur la table l’option militaire. Un de ses conseillers a précisé qu’il «respecterait» toute décision israélienne d’attaquer l’Iran, même si l’autorisation des États-Unis n’était pas donnée.

En visite dans la Capitale, il a réitéré la promesse, déjà faite par d’autres candidats avant lui, de transférer l’Ambassade américaine à Jérusalem. Ces promesses n’avaient jamais été tenues, au nom de l’intérêt suprême américain, et les candidats avaient aussitôt fait preuve d’amnésie une fois installés dans le salon ovale.


Barack Obama en plein discours dans le Grand Hall de l’université du Caire

Benjamin Netanyahou, comme tous les autres premiers ministres, tient à rester neutre malgré les relations conflictuelles qu’il a eues avec Barack Obama. Il n’avait pas apprécié que le président américain ait trouvé le temps de s’adresser aux musulmans, en juin 2009 à la tribune du Caire, sans estimer nécessaire une visite à Jérusalem. Le choix de courtiser les pays arabes avait été mal perçu.

Des sondages étriqués

Les israéliens ont toujours vibré pour les républicains et se souviennent de l’âge d’or des deux mandatures de Bush. D’ailleurs, le premier ministre israélien n’a pas hésité à en remettre une couche : «Vous avez dit que le plus grand danger, dans le monde, c’est de voir le régime des ayatollahs se doter de l’arme nucléaire. Mitt, je ne pourrais mieux dire».

Il a usé de familiarité avec Mitt Romney parce qu’il n’est pas un inconnu pour lui. Ils ont eu une expérience commune dans la finance à Boston.

Rien n’est encore acquis à Barack Obama qui pâtit de mauvais sondages le mettant presque à égalité avec Mitt Romney. Alors, le vote juif devient primordial dans un pays où l’élection est souvent serrée.

L’élection se fera sur les résultats économiques qui ne sont pas bons avec en particulier un taux de chômage stabilisé autour de 8 %.

Maladresse avec les palestiniens


Hôtel King David à Jérusalem

En fait, en venant à Jérusalem, Mitt Romney poursuivait deux objectifs : courtiser les électeurs juifs et évangéliques américains en exprimant son appui inconditionnel à l’État juif et rechercher des fonds électoraux à l’hôtel King David de Jérusalem où la participation au dîner coûtait la modique somme de 50.000$ par couple.

C’était un comble, pour ne pas dire un culot, de venir récupérer des fonds en Israël alors que d’ordinaire c’est l’argent vient des États-Unis.

Mais doué pour les questions financières, il a fait preuve d’un manque évident de sens politique.

Il s’est montré maladroit avec les palestiniens qu’il a critiqués en appuyant là où cela fait mal : l’écart économique entre Israël et les territoires palestiniens.

Devant ses donateurs juifs américains, il a caressé dans le sens du poil les israéliens en pointant la «vitalité économique» des israéliens, dont le PIB de 31.000$ par habitant tranche de façon «énorme et dramatique» avec celui des palestiniens avec 1.500$.

Bien sûr, ces propos ont été accueillis en Israël avec beaucoup de chaleur et de fierté.


Saeb Erekat

En revanche, les palestiniens se sont sentis humiliés.

Saeb Erekat, conseiller du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, n’a pas hésité à qualifier la déclaration de Mitt Romney de «raciste» et s’est défendu en portant une attaque directe sur le candidat :

«Cet homme ne réalise pas que l’économie palestinienne ne peut atteindre son plein potentiel en raison de l’occupation israélienne. Je n’ai jamais entendu un responsable israélien parler de supériorité culturelle.»

Saeb Erekat a estimé par ailleurs que :

«Les déclarations de Romney portent atteinte aux intérêts américains dans la région, à la paix, à la sécurité, et à la stabilité. Elles sont inacceptables et nous les rejetons totalement».

Ballet de courtisans

Il ne reste plus à Barack Obama qu’à enfourcher le même cheval pour sa démonstration de soutien à l’État juif. Devant les responsables du lobby AIPAC, il a réaffirmé le soutien «inaltérable» de Washington à Israël.

Il ne cesse de se présenter comme le meilleur garant de sa sécurité d’Israël mais il reste très réservé sur une opération militaire contre Téhéran.

Il veut prouver qu’il est un allié sincère en versant une subvention supplémentaire pour le développement du «Dôme de fer», le système d’interception en vol de roquettes.


Léon Panetta

La liste des responsables américains se succédant à Jérusalem pour courtiser Netanyahou est impressionnante : le sous-secrétaire d’État William Burns d’abord puis le conseiller américain à la sécurité nationale américain, Tom Donilon, dans le cadre d’une visite tenue secrète.

Hillary Clinton a pris le relais tandis que Léon Panetta, le secrétaire à la Défense, vient clore ce ballet diplomatique.

Il est loin le temps où Israël, et Benjamin Netanyahou en particulier, se trouvaient en total isolement dans un monde hostile.

Les élections présidentielles ont parfois du bon.

Jacques Benillouche/ Temps et Contertemps
Article original

TAGS : Obama Romney USA Présidentielle 2012 Iron Dome Panetta

Erekat

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Alex E. MERALI

Cet article est très incomplet. Il n’y a pas, loin s’en faut, que les juifs et les évangéliques qui soutiennent Israël, aux Etats-Unis. Il y a d’abord et avant tout la grande masse du peuple américain. Il seraient près de 90% à être franchement, clairement et surtout, durablement, dans le camp d’Israël. Contre : les musulmans, bien entendu, les noirs tendance Farakan et tout naturellement les tenants de l’extrême gauche, raciste antijuive comme elle l’est partout dans le monde, rejoints, comme toujours, par les groupuscules d’extrême-droite nazifiants (comme l’extrême-gauche) tout aussi antijuifs que leurs « recommandables » alliés. Voilà pourquoi tous les candidats, même le musulman Obama, (qui en l’occurrence masque soigneusement ses penchants véritables) ont toujours courtisé et courtisent Israël car le peuple américain ne pardonnerait à aucun d’eux d’exprimer un autre choix. Ce qui est admirable, en la circonstance, c’est qu’un peuple presque unanime impose à ses futurs dirigeants une ligne de conduite d’honneur et de fidélité dans l’amitié, ce que l’Europe, reine des trahisons, ne pratique jamais.