Le document permettrait à Obama de poursuivre la guerre contre l’EI sur une base juridique plus solide

Le président américain Barack Obama a demandé mercredi au Congrès d’avaliser ses pouvoirs de guerre contre l’Etat islamique (EI) sans limitation géographique et pour trois ans, tout en s’interdisant une nouvelle invasion terrestre.
Equivalent d’une déclaration de guerre contre le groupe djihadiste, le document formellement appelé « autorisation d’usage de la force militaire » permettrait, s’il était adopté par les parlementaires, à M. Obama de poursuivre la guerre contre l’EI sur une base juridique plus solide, tout en lui offrant un parapluie politique.
La requête accentue la pression sur l’EI –qui contrôle de vastes pans de territoires en Syrie et en Irak– tandis que le gouvernement irakien prépare une offensive au sol de grande envergure, qui devrait être lancée dans les prochaines semaines. Mais d’intenses tractations avec les parlementaires américains ont conduit la Maison Blanche à limiter la possibilité de déployer durablement des soldats au sol pour combattre directement les djihadistes.
« Les pouvoirs accordés (…) n’autorisent pas l’usage des forces armées des Etats-Unis dans des opérations durables de combats terrestres offensifs », précise l’article 2 du document transmis au Congrès.
La formulation semble permettre le déploiement de forces spéciales, mais exclure toute invasion ou mission de maintien de la paix. L’autorisation aurait une validité de trois ans après la promulgation du texte, « à moins qu’elle ne soit renouvelée ».
Le président américain devra également rendre compte au Congrès de la situation tous les six mois.
En revanche, le texte n’impose aucune limitation géographique dans la traque de l’EI par l’armée américaine qui, depuis août 2014, mène des frappes aériennes contre le groupe djihadiste en Irak et en Syrie. Le sénateur républicain Bob Corker, qui préside la commission du Sénat sur les relations étrangères, a indiqué qu’il organiserait des auditions rapidement, probablement à partir de la fin du mois.
Les débats au Congrès devraient être houleux pour amender le texte de la Maison Blanche. La plupart des républicains souhaitent lier le moins possible les mains du président américain, tandis que de nombreux démocrates traumatisés par la guerre d’Irak poussent pour un texte interdisant complètement l’envoi de troupes de combats au sol et ajoutant des restrictions géographiques.
La Jordanie met « tous ses moyens » à disposition de l’Irak
La Jordanie va mettre tous ses moyens militaires à disposition de l’Irak pour lutter contre le groupe État islamique (EI), a affirmé mercredi le ministre irakien de la Défense après un entretien à Bagdad avec le chef d’état-major interarmées jordanien.
« Le roi de Jordanie a demandé à ce que tous les moyens des forces armées jordaniennes soient mis à la disposition de l’armée irakienne », a indiqué Khaled al-Obaidi. « Cela a été confirmé par le chef d’état-major interarmées (jordanien) », le général Mechaal Mohammed el-Zaben, qui était présent à ses côtés lors d’une conférence de presse dans la capitale irakienne.
Le général Zaben, qui est également conseiller du roi Abdallah II de Jordanie pour les Affaires militaires, a de son côté souligné qu’il portait à Bagdad un message du roi selon lequel « nous (les Jordaniens) sommes dans le même bateau que nos frères d’Irak ».
« Nous ferons tout afin de vaincre ce groupe », a ajouté le haut responsable militaire jordanien, une semaine après la diffusion par l’EI d’une vidéo de l’exécution d’un pilote jordanien, brûlé vif. Il avait été capturé en Syrie en décembre après le crash de son avion.
La Jordanie, membre de la coalition internationale antijihadistes menée par Washington, a intensifié ses raids aériens depuis cet assassinat et a notamment indiqué avoir bombardé l’EI en Irak, alors qu’elle affirmait jusque-là être seulement impliquée en Syrie.
Des raids « plus sérieux pourraient aider »
Le président syrien Bachar Al-Assad a affirmé être tenu informé des raids de la coalition internationale contre les djihadistes et souligné qu’ils pourraient, s’ils étaient « plus sérieux », aider son armée dans sa guerre contre les rebelles.
Dans un entretien à la BBC diffusé mardi, à un mois du 4e anniversaire de la guerre, M. Assad n’a pas bougé d’un iota sur ses positions et a usé parfois de l’ironie pour nier le recours par son aviation aux barils d’explosifs contre des civils dans les fiefs rebelles, comme l’en accusent l’ONU et les ONG internationales.
Le président syrien, qui s’exprimait en anglais, a aussi répété que son régime n’avait pas utilisé d’armes chimiques contre sa population en août 2013, lors d’une attaque près de Damas qui avait fait jusqu’à 1.400 morts, un bilan qu’il a jugé « exagéré ».
Interrogé sur les frappes de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, commencées le 23 septembre, M. Assad a convenu que les contacts étaient limités car les pays qui y participent refusent toute relation avec son régime dont ils demandent le départ.
Les Occidentaux et les pays arabes membres de la coalition soutiennent les rebelles syriens qualifiés de « terroristes » par le régime.
Plus de 210.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis mars 2011 et plus de 10 millions déplacées, dont près de quatre millions se sont réfugiées à l’étranger.
(avec AFP)
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