Des chercheurs démontrent que le cancer était bien plus présent à l’époque médiévale qu’on ne le pensait.

Souvent définie comme la maladie de notre siècle, le cancer serait pourtant une maladie déjà bien présente à l’époque médiévale. C’est ce que démontrent des chercheurs de l’Université britannique de Cambridge dans une nouvelle étude publiée le 4 mai dans la revue Cancer. Selon eux, la prévalence du cancer à l’époque médiévale est environ dix fois plus élevée que ce que l’on pensait jusqu’à aujourd’hui.

Une étude britannique révèle la prévalence du cancer dans les populations préindustrielles

Des chercheurs de l’Université britannique de Cambridge se sont récemment intéressés à la prévalence du cancer dans les populations préindustrielles. Publiés le 4 mai dans la revue Cancer, les résultats de l’étude montrent que le cancer était beaucoup plus fréquent en Grande-Bretagne médiévale qu’on ne le pensait auparavant. En effet, les chercheurs révèlent une prévalence minimale estimée de 9% à 14% des adultes dans les populations préindustrielles.

Pour parvenir à ce constat, les scientifiques ont analysé 143 squelettes de 6 cimetières de la région de Cambridge datant de la période VIe-XVIe siècles. Il s’agit de la toute première étude à utiliser des radiographies et des tomodensitogrammes pour créer une estimation plausible de la prévalence du cancer dans les populations préindustrielles.

La prévalence du cancer à l’époque médiévale jusque là sous estimée

Face à ce constat, les chercheurs estiment que la prévalence du cancer à l’époque médiévale est environ dix fois plus élevée qu’on ne le pensait auparavant. Et pour cause, de précédentes études avaient déjà démontré que le cancer était une maladie rare et qu’il affectait, à l’époque, moins d’1% de la population. Or, ces études ne se focalisaient que sur l’observation de l’extérieur de l’os pour trouver des lésions. Selon le Dr Jenna Dittmar, co-autrice de l’étude, « Grâce à la tomodensitométrie, nous avons pu voir des lésions cancéreuses cachées à l’intérieur d’un os qui semblait tout à fait normal à l’extérieur ».

Ces nouvelles données ont ainsi permis de démontrer une prévalence du cancer à l’époque médiévale jusque-là sous-estimée. D’après Jenna Dittmar, « Jusqu’à présent, on pensait que les causes les plus importantes de mauvaise santé chez les gens du Moyen Âge étaient les maladies infectieuses telles que la dysenterie et la peste bubonique, ainsi que la malnutrition et les blessures dues aux accidents ou à la guerre. […] Nous devons maintenant ajouter le cancer comme l’une des principales classes de maladies qui affligeaient les gens du Moyen Âge ».

La prévalence du cancer a augmenté au cours de la période intermédiaire

Si la prévalence du cancer à l’époque médiévale est plus importante qu’on ne le pensait, la prévalence actuelle atteint 40 à 50% pour la Grande-Bretagne moderne. En outre, le cancer est 3 à 4 fois plus courant de nos jours. Les auteurs l’expliquent par l’omniprésence des polluants depuis la révolution industrielle, la propagation des virus qui déclenchent la malignité ou encore par une espérance de vie plus longue.

Les auteurs de l’étude concluent ainsi : « Notre comparaison des données médiévales avec la prévalence du cancer au cours du 20e siècle indique que la prévalence du cancer a augmenté au cours de la période intermédiaire. S’il est passé de 9% à 14% des adultes à l’époque médiévale à 40% à 50% à l’époque moderne, cela soulève la question de savoir s’il continuera à augmenter sa prévalence à l’avenir. Seul le temps le dira ».

Florine Dergelet
Rédaction : Florine Dergelet

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