No Jews, No News
Bachar el-Assad a affamé, bombardé et torturé des Palestiniens pendant plus de dix ans. Yarmouk, capitale officieuse de la diaspora, est devenu un camp de la mort. On y a mangé les arbres. On y a mangé les chats. Des voisins rêvaient d’une seule frite avant de mourir.
Amnesty a recensé 128 morts de faim dès 2014. Le Groupe d’action pour les Palestiniens de Syrie documente aujourd’hui 4 965 morts palestiniens en Syrie depuis 2011. Yarmouk seul : 1 596. Environ 1 300 sont morts sous la torture dans les geôles du régime.
Des milliers d’autres ont disparu dans les branches de la sécurité. Après la chute d’Assad, les listes des disparus ont surgi. Le vrai bilan peut dépasser 10 000.
Où était l’indignation ?
Pas de campements à Columbia. Pas de keffiehs sur les marches de FRANCETV . Pas de « globalisons l’intifada » pour les prisonniers palestiniens de Sednaya.
Les rédactions occidentales #Franceinfo #Francetv #rfi #franceinter #france24 #arte, #tv5monde capables d’aligner en direct chaque frappe israélienne ont traité Yarmouk comme une note de bas de page — quand elles l’ont traité.
Les influenceurs « pro-Palestine » qui transforment chaque mort à Gaza en preuve d’un mal unique n’ont rien trouvé d’unique dans les barils d’explosifs sur un camp de réfugiés ni dans des enfants morts de faim à quelques kilomètres de Damas.
La raison est vulgaire et limpide. Assad était un dictateur arabe, allié de l’Iran, autoproclamé gardien de la « résistance ». Il a tué des Palestiniens par milliers et a obtenu un blanc-seing, parce que les cadavres n’étaient pas estampillés d’une étoile de David. Pas de Juifs, pas de news. Pas d’Israël, pas d’urgence morale. La cause n’a jamais été la vie palestinienne. C’était une licence pour haïr un seul pays.
On a conspué Afroditi Latinopoulou pour avoir dit que les plages touristiques ne sont pas Gaza. On peut débattre d’elle. Il est obscène de voir le même chœur hausser les épaules devant une famine palestinienne réelle, organisée par un régime qu’ils appelaient encore hier ami de la Palestine.
Si votre compassion s’éteint dès que le bourreau n’est pas juif, vous n’êtes pas un humanitaire. Vous êtes un partisan hypocrite et lâche.
Les dossiers sont ouverts. Les noms sont publiés. Le silence, lui, demeure. Ce silence est l’histoire.
JForum.fr avec J. Vercors
IIMP Syrie Karla Quintana (au centre), directrice de l’institution indépendante chargée de localiser les disparus syriens, en visite sur la place Al Marjeh à Damas, où des familles de victimes affichent des photos dans l’espoir de retrouver leurs proches.
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