La Présence invisible d’Israël à la conférence d’Astana sur l’avenir de la Syrie, garantie par la Russie

Israel

Israël demeure optimiste concernant la position de la Russie, face aux intérêts israéliens, selon certains responsables militaires et politiques israéliens.

Même si Israël ne participera pas aux négociations d’Astana pour traiter du doer syrien, sa position y sera représentée pour deux raisons : les attaques répétées près de Damas -qui posent ses conditions face aux menaces sécuritaires- et l’évolution positive des relations entre le Président russe Vladimir Poutine et le Premier Ministre israélien, Binyamin Netanyahu, selon ces responsables.

Netanyahu contacte constamment Poutine,même avant et après les attaques contre l’aéroport militaire de Mazzeh, que la Syrie a imputé à Israël.

Des sources israéliennes hautement informées affirment que tout cela sera discuté au cours des débats sur l’avenir de la Syrie – prévues pour débuter le 23 janvier à Astana (Kazakhstan, partenaire sunnite d’Israël, récemment visité par Netanyahu à la mi-décembre).

Ces sources ont ajouté qu’Israël n’est pas invité à cette conférence, mais on peut être sûr que sa présence s’y fera sentir par tous les canaux imaginables, et qu’ils transmettront ainsi le message qu’on ne pourra aboutir à aucun accord, en particulier concernant les Hauteurs du Golan, sans prendre en compte les intérêts israéliens.

Après Alep, les Russes ont commencé à préparer le sommet prévu au Kazakhstan et une fois encore, un nouveau rapport a fait surface, disant qu’Israël aurait attaqué la Syrie, tous les médias russes citant un communiqué officiel de Damas. Mais ce qui est plus important, c’est que pour la première fois, un responsable russe parle de l’attaque et marque sa compréhension (et celle de la Russie) à l’égard de la position israélienne.

Andreï Klimov

Andreï Klimov, Député du parti dirigeant à la Duma et Président-adjoint de la Commission des Affaires Internationales, est cité par le journal semi-officiel Izvestia, en disant : qu’Israël emploie la force armée cotre une organisation qu’il considère comme une menace contre sa sécurité. Il a aussi accusé le Hezbollah sans le nommer explicitement, en disant : « Jérusalem (appelé « Tel Aviv ») combat les organisations terroristes engagées dans la guerre en Syrie ». 

Les responsables israéliens approchés pensent qu’il s’agit d’une allusion claire de la part d’un responsable russe aux Iraniens et au Hezbollah, montrant bien un clivage entre eux et Moscou quant aux arrangements finaux à prendre en Syrie.

Le bénéfice perçu par Israël, ici, est évident : dissuader toute tentative du régime syrien pour prendre le contrôle des hauteurs du Golan, soit par la guerre (en armant le Hezbollah et en laissant faire l’Iran), soit par le dialogue avec l’opposition rebelle.

Les responsables contactés aussi déclaré qu’à la différence d’autres incidents similaires par le passé, les Syriens tentent d’obtenir des avantages politiques tirés de cette attaque, en pointant un doigt accusateur contre Israël et en portant plainte auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU pour soi-disant avoir utilisé des avions de chasse F-35 dans cette attaque. Mais le F-35 ne présente guère de nouvelles technologies dont Israël ne dispose pas déjà, et Israël n’a pas vraiment besoin de nouveaux avions, qui ne disposeraient pas d’une certaine expérience d’actions à travers le monde, pour mener ses attaques courantes…

« Il semble que les Syriens voudraient embarrassés l’Administration américaine en disant : « Vous avez donné à Israël des armes développées et ils les ont directement utilisées pour envenimer la situation, aggraver le conflit au Moyen-Orient », selon un responsable israélien.

Le Porte-Parole du Ministère russe de la Défense avait mis fermement en garde les Etats-Unis et les Forces de la coalition contre le fait de porter leurs attques contre le régime Syrien (pour le renverser, après l’affaire de la « ligne rouge », à cause de l’usage d’armes chimiques par Assad). Mais, en ce qui concerne les attaques menées par Israël, Moscou, jusqu’à présent, les ignore.

Tout cela, par conséquent, alimente les croyances disant qu’il existe des accords tacites entre Jérusalem et Moscou. Au-delà des accords visant à éviter que les avions de chasse des deux armées ne s’attaquent les uns les autres, le contenu de ce pacte géostratégique n’est pas très clair.

Ces accords ont été passés au cours d’échanges téléphoniques entre Poutine et Netanyahu et, en particulier, au cours des réunions de travail entre le Commandant des forces aériennes israéliennes, le Général-Major Amir Eshel et le chef d’Etat-Major russe.

On peut alors en déduire que la Russie comprend ce que sont exactement les lignes rouges et les intérêts israéliens en Syrie.

Avertissement : l’article reflète l’opinion de son auteur, Nazir Mjli, pour le journal saoudien basé à  Londres, asharq Alawsat. Néanmoins, l’expert Ephraïm Karsh (photo ci-dessous) tempère l’optimisme de certains de ses collègues qui se sont confiés au journaliste : selon lui le point de vue d’Israël est, certes, garanti par Moscou, mais il ne faut pas exagérer ni se bercer d’illusions quant à la façon dont Poutine fera primer ses propres intérêts. 

Nazir Majli

Nazir Majli

english.aawsat.com

Adaptation : Marc Brzustowski

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