FILE - In this May 20, 2015 file photo, released by an official website of the office of the Iranian supreme leader, Gen. Hossein Salami, second right, salutes as Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, right, arrives at a graduation ceremony of the Revolutionary Guard's officers in Tehran, Iran. Iran's supreme leader has appointed Salami to head to the country's powerful Revolutionary Guard, just after the U.S. designated the paramilitary force a terrorist group. Former commanders of the Revolutionary Guard Mohsen Rezaei, second left, and Yahya Rahim Safavi salute. (Office of the Iranian Supreme Leader via AP, File)

Incapable d’arrêter l’infiltration israélienne, la crédibilité révolutionnaire de l’Iran est assiégée de toutes parts

Israël prend sa revanche après des années de menaces de la République islamique.

Lorsqu’on lui a demandé de décrire l’Iran, le prince d’Arabie saoudite Turki Al-Faisal a déclaré à un intervieweur que la République islamique s’était «développée comme un tigre de papier avec des griffes d’acier ». L’ancien ambassadeur saoudien à Washington et chef de la Direction générale des renseignements pendant vingt-trois ans a souligné que par des griffes d’acier, il entendait le Hezbollah libanais, les diverses milices opérant en Irak et les Houthis au Yémen, des groupes que Téhéran a financés pour faire son sale boulot partout au Moyen-Orient.

Mais le prince a peut-être surestimé l’Iran. Il semble qu’après plus de quarante ans de ferveur révolutionnaire le poing serré, les responsables de la République islamique tentent de jouer le rôle du méchant cruel, mais maladroit, dans le générique central. Ou est-ce que le rideau est tombé, révélant un sorcier malveillant, mais pas très compétent, essayant de manipuler les leviers pour y faire croire?

L’année 2020 se révèle être l’annus horribilis  pour la République islamique, mais ce pourrissement s’était installé il y a de nombreuses années.

Après des années à financer des organisations terroristes comme le Hamas, à organiser des conférences antisémites et a menacer généralement d’effacer l’État juif de la carte, il est ironique que la République islamique soit devenue un terrain de jeu pour le Mossad et il semble y avoir peu que la République islamique puisse faire pour empêcher les services secrets israéliens d’opérer au plus profond du pays.

En 2018, une équipe d’agents israéliens a fait irruption dans une salle d’archives nucléaires iraniennes secrètes cachée dans le village de Turquzabad et est repartie avec un camion chargé de fichiers et peut-être même d’échantillons radioactifs. Gardez à l’esprit que la grande majorité des Iraniens n’avaient jamais entendu parler de Turquzabad ou pouvaient le localiser sur une carte, jusqu’à ce que la brèche soit révélée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Pourtant, les agents du Mossad ont réussi, non seulement, à localiser le site, mais aussi à faire passer des tonnes de documents jusqu’en Israël.

Qassem Soleimani, le commandant de la Force Quds du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, la branche expéditionnaire d’élite des gardiens de la révolution, a été tué par une frappe de drone américain après son atterrissage à Bagdad. Ce manque de sécurité s’est produit en Irak, mais la situation à l’intérieur de l’Iran est tout aussi préoccupante pour le régime.

L’élimination de Mohsen Fakhrizadeh , le plus grand scientifique nucléaire iranien, alors qu’il se rendait à sa villa dans la ville d’Absard, à l’extérieur de Téhéran, fait suite à une série d’actions de sabotage au cours de l’été contre certains des sites nucléaires les plus sensibles d’Iran, y compris les joyaux de la couronne du programme d’enrichissement de la République islamique à Natanz.

En août, des équipes israéliennes à moto ont tiré sur le chef adjoint d’Al-Qaïda Abdullah Ahmed Abdullah, qui portait le nom de guerre d’Abu Muhammad al-Masri, dans une rue chic de Téhéran. Bien que la nouvelle du coup ait été divulguée en novembre, la frappe contre al-Masri a été ordonnée par les responsables américains en représailles aux attaques meurtrières de 1998 contre les ambassades américaines en Afrique.

Cette nouvelle exécution suggère qu’Israël dispose de plusieurs équipes opérant à l’intérieur de l’Iran avec des capacités qui dépassent l’unité de renseignement du CGRI, qui semble se concentrer sur les universitaires dissidents et les binationaux. On ne sait toujours pas comment Fakhrizadeh, un pionnier des efforts de la République islamique pour acquérir clandestinement un arsenal nucléaire, a été si mal protégé par le CGRI, qui est chargé d’assurer la sécurité des principaux responsables.

Les détails de l’élimination restent fragmentaires – un récit revendique cinq ou six tireurs, tandis qu’un récit différent, «divulgué» par un réalisateur de documentaires des Gardiens de la Révolution, revendique douze tireurs plus une équipe de soutien d’une cinquantaine de personnes. Fars News, également affilié au CGRI, a affirmé que toute l’opération avait été menée à l’aide de mitrailleuses automatiques télécommandées cachées à l’intérieur d’une fourgonnette Nissan bleue qui s’est rapidement auto-détruite.

Quoi qu’il en soit, l’opération est un coup porté à l’image de la République islamique au Moyen-Orient et au-delà. Après tout, si l’Iran ne peut pas protéger ses principaux atouts, comment peut-il assurer la sécurité de ses alliés et de ses chefs de milice? La crédibilité révolutionnaire de l’Iran est critiquée.

Il doit être terrifiant pour les dirigeants faibles et détachés de la République islamique de savoir que les agents israéliens opèrent en toute impunité sur toute la longueur et l’étendue de l’Iran. Bientôt, même les griffes d’acier peuvent se transformer en papier.

Kambiz Foroohar est un écrivain et analyste géopolitique spécialisé sur l’Iran.

Image: Reuters.

nationalinterest.org

2 Commentaires

  1. C’est le peuple iranien qui détient les clés. C’est de lui dont dépendra l’avenir de ce régime. Naturellement, les actions réalisées contre les hommes du régime et leurs travaux en vue de l’acquisition de la bombe sont de nature à ouvrir les yeux de la population sur la réalité de ce régime: fort avec les faibles et faible avec les forts.

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