La cyberguerre que mène (et perd) le régime iranien contre 48  millions d’utilisateurs de smartphones

a été déclenchée par les rassemblements de manifestants

L’interdiction d’accès aux sites internet imposée par Téhéran, sa prétendue arme fatale pour mettre un terme aux manifestations antigouvernementale du nouvel an, a été déjouée avec une vitesse et une facilité déconcertante.

La campagne de cyberattaques lancée avec succès contre l’Iran par certains services de renseignements occidentaux et arabes, menés par les Etats-Unis, a duré tout au long des rassemblements de manifestations, la semaine dernière, à travers tout l’Iran. Ses échos remontent progressivement à la surface. Deux récents commentaires mettent en lumière ce bras de fer et les orientations à venir que pourraient prendre le mouvement de protestation, qui semblait s’être épuisé jeudi dernier.

Mike Pompeo, le Directeur de la CIA, a corrigé le journaliste Chris Walace de Fox Dimanche, ce 7 janvier, qui soulignait que la vague de protestations semblait terminée. Pompeo l’a repris en affirmant avec conviction : « Elles sont bien loin d’être derrière nous » – ce qui signifie que, selon les informations dont il dispose, on doit s’attendre à bien plus que ce à quoi on a assisté jusqu’à présent.

Côté israélien, Yossi Cohen, Directeur des services extérieurs du Mossad, déclarait, mardi 9 janvier : « Nous avons des yeux, des oreilles et bien plus que cela, si vous voulez, qui sont présents en Iran aussi ». Il s’est permis ces allusions lors d’un discours à Jérusalem. Il est difficile de ne pas prendre en considération le fait que ce lever d’un coin de voile soit fait si peu de temps après que les dirigeants iraniens aient accusé les services secrets des Etats-Unis, d’Israël et d’Arabie Saoudite d’orchestrer la récente vague de protestation contre le régime.

Et, du côté de Téhéran, de nouvelles lois iraniennes suppriment les cours d’anglais dans le programme dès l’école primaire, le Guide Suprême, l’Ayattolah Ali Khamenei ayant décrété qu’apprendre l’anglais à un âge précoce équivaut à paver la voie à l’invasion culturelle de l’Occident.

« La théocratie chiite est clairement engagée dans une autre tentative désespérée pour couper sa population des influences extérieures.

Khamenei espère y parvenir en privant la prochaine génération de la clé vers l’accès essentiel au Web : la langue anglaise.

Mais, à chaque seconde, un Iranien détient dans sa poche, un smartphone complété par des applications. De ce fait, chercher à encadrer hermétiquement les communications sur les réseaux sociaux s’est avéré bien au-delà des capacités des experts du régime en cybernétique, la semaine dernière. Ils ont, en effet, tenté de -et ils ont complètement échoué à- bloquer l’application la plus populaire en Iran, Telegram, qui a 40 millions d’utilisateurs, dans le but de brouiller les communications entre les rassemblements de protestation.

Avant l’irruption de ce soulèvement politique, les services de renseignements occidentaux situaient l’Iran au rang de sixième cyberpuissance dans le monde, après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et Israël. Mais quand les services occidentaux et arabes opérant dans les coulisses du mouvement anti-régime se sont activés pour renverser la tendance,  débloquer et restaurer les réseaux, ils ont été étonnés de découvrir à quel point c’était facile.

Le Département d’Etat a joué sa partition en encourageant les réseaux privés virtuels à aider les utilisateurs à accéder aux sites internet bloqués. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’arme cybernétique a glissé entre les doigts des experts du régime des Ayatollahs.

Les sources des renseignements n’ont guère été surpris d’apprendre que Téhéran a envoyé des éclaireurs tâter le terrain à Moscou et à Pékin, en lançant un appel au secours pour obtenir l’assistance d’experts, afin de combattre les descentes en piqué des Occidentaux fondant sur ses réseaux de communications.

C’était mettre Vladimir Poutine et Xi Jinping en fâcheuse posture.

Aucun d’entre eux n’est particulièrement enclin, en ce moment, à se précipiter pour fustiger le Président Donald Trump, à propos de l’Iran et certainement pas dans le cadre d’une cyberguerre à mener contre les Etats-Unis et leurs alliés. Pour la Russie, qui est déjà empêtrée à devoir prendre la défense des positions militaires de l’Iran en Syrie, la question cybernétique devient un sujet ultra-sensible dans ses relations, à la fois ouvertes et secrètes, avec Washington. Le Président chinois est dans le même bateau que Poutine, sur cette question.

  

debka.com

Adaptation : Marc Brzustowski

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire