Peut-on tout dire au prétexte d’informer, ou existe-t-il des limites à ne pas franchir ?
En m’abreuvant à des sources variées, il m’arrive régulièrement d’être interpelé par le contenu de ce que je lis, entends ou regarde.
Mais j’essaye dans la mesure du possible, en me confrontant à des opinions différentes de la mienne, de développer une argumentation au regard des critiques formulées.
Ces dernières peuvent-être salutaires et riches d’enseignement dans la mesure où elles sont constructives et font progresser la problématique concernée.
Mais pour autant, peut-on tout dire au prétexte d’informer, ou existe-t-il des limites à ne pas franchir ? La réponse à cette question lancinante n’est pas simple et, si l’on n’y prête garde, on peut vite basculer vers la censure ou à l’opposé, vers un angélisme tout aussi nocif qui consisterait à tout autoriser au nom de la liberté d’expression.

Dans cette perspective, la «Une» du Monde du mardi 10 juillet pose un très sérieux problème éthique.
Jugez-en vous-même.
A quoi se résument les principales nouvelles du jour, ou plutôt de la veille, pour ce grand quotidien français ?
Lorsque l’on parcourt la première page, deux choses attirent immédiatement l’attention.
Tout d’abord, en haut à gauche, le regard est happé par un titre trompeur et racoleur en gros caractères :
«Tueries de Toulouse : le récit de Merah».
Comme si ce djihadiste, tueur d’enfants, revenait d’outre-tombe pour porter témoignage sur des faits cachés et de la plus haute importance.
Or, c’est tout le contraire.
Dans le court texte introductif qui suit, ne mentionnant même pas les victimes, il n’y a rien.
Il s’agit juste d’une mise en scène d’un vide abyssal, mais ayant irrémédiablement pour conséquence de jeter le trouble chez le lecteur et ainsi d’alimenter la théorie du complot.
Si le but des rédacteurs de l’article, développé en page 10, était de victimiser Mohamed Merah et de lui donner la tribune qu’il n’a pas eu de son vivant, ils ne s’y seraient pas pris autrement.
Mais le pire est à venir.

En bas de page, il y a «le regard de Plantu» sur l’actualité, intitulé : «Israël : les ultra-orthodoxes ne sont plus dispensés de service militaire».
Ce dessin représente un juif religieux, ne pleurant que d’un œil, et dont les papillotes se transforment en fils de fer barbelés (de triste mémoire) avec en arrière plan, le fameux «mur de séparation» entre israéliens et palestiniens, prenant ici l’aspect d’une prison ou d’un véritable camp retranché.
Ce dessin sert d’illustration à un article en page 4 ayant pour titre : «Israël s’oriente vers une conscription étendue aux ultraorthodoxes et arabes israéliens».
Il s’agit d’un sujet complexe et passionnel faisant largement débat dans la classe politique comme dans la population de l’état hébreu.
La première chose que l’on peut constater, c’est la discordance entre le texte et l’image.
Que l’on soit d’accord ou pas avec les positions du journaliste, son article a au moins la vertu de montrer l’intégralité de la problématique : il s’agit en fait d’étendre la conscription à l’ensemble de la population sans aucune distinction d’origine ou de pratique religieuse afin de répartir équitablement la charge que fait peser la défense du pays sur tous les citoyens.
Dans le dessin en revanche, on ne voit qu’un juif religieux ayant une attitude ambiguë, voire discriminatoire.
Ne versant des larmes que d’un seul côté, on l’imagine attristé par son incorporation «forcée», mais ce faisant, également rassuré par sa contribution au «Grand Israël».
Ce parti pris qui nous amène assez loin du sujet initial, revient à occulter la majorité des citoyens israéliens et parmi eux les juifs laïcs, les arabes musulmans ou chrétiens et les druzes. Les premiers et les derniers étant déjà intégrés dans l’armée.
Ce dessin n’est donc pas à l’évidence une transposition artistique de la réalité.
Alors pourquoi Plantu a-t-il fait ce choix, et en a-t-il bien mesuré toutes les conséquences ?

Le pourquoi, seul l’auteur pourrait y répondre. En revanche, voici au moins une des conséquences que l’on peut anticiper.
Puisque c’est un juif et non un soldat de Tsahal, l’armée de défense d’Israël qui symbolise l’Etat hébreu, il s’opère immanquablement chez le lecteur un amalgame entre juif et israélien, prenant dans ce contexte un visage profondément négatif.
Cette caricature contribue ainsi subjectivement à désigner les juifs comme responsables de la situation supposée d’apartheid des palestiniens.
Comment éviter dès lors que cette vision partisane ne se traduise par l’équivalence : Israël = juif = colon = racisme ?
Ensuite, quand on voit la place accordée à ces deux sujets, leur positionnement stratégique sur cette première page, et surtout la façon dont ils ont été traités, cela crée indiscutablement un lien organique entre les deux affaires.
Et l’on ne peut s’empêcher de penser que ce sont des articles ou des dessins comme ceux là qui conditionnent les esprits et favorisent le passage à l’acte des Mohamed Merah et consorts.
Car ils alimentent un contexte déjà fécond d’antisionisme flirtant de plus en plus ouvertement avec l’antisémitisme.
Les esprits bien pensant ne manqueront pas de rétorquer que les islamistes ou les jeunes des banlieues ne lisent pas «Le Monde».
C’est possible.
En revanche, ils passent devant les kiosques à journaux et voient les dessins suffisamment explicites pour être intégrés au premier regard.
Mais surtout, ces mêmes images sont reproduites à foison sur les sites islamistes et fanatisent les personnes fragiles ou en quête d’identité.
Israël est un pays démocratique et comme dans toute démocratie, ce principe inclue le fait qu’il puisse être critiqué.
Dans le cas présent, cela n’a rien d’une critique constructive mais tout d’un réquisitoire à charge contre Israël et ses représentants désignés : les juifs.
C’est non seulement de la désinformation, mais c’est de l’incitation à la haine.

Et de ce fait, Plantu et les journalistes du Monde portent une part de responsabilité dans la recrudescence des actes antisémites violents comme ceux de Toulouse et de Villeurbanne.
Une responsabilité qu’ils partagent avec leurs collègues, du fait de leurs dérapages répétés.
Ils utilisent une loupe grossissante et déformante pour rapporter les évènements.
Par leur positionnement, on en vient à croire que la plus grande menace pour la planète, c’est le conflit israélo-palestinien et non la crise économique mondiale, «l’hiver islamique faisant suite aux printemps arabes», la course effrénée de l’Iran vers la bombe atomique, la Corée du Nord et sa dictature, la Syrie et ses bains de sang, la faim dans le monde, les épidémies, la raréfaction des ressources…
Cette indignation sélective est tout à la fois une posture et une imposture.
Car dans le cas présent, l’information n’est qu’un prétexte pour déployer un positionnement idéologique.
Alors il n’est qu’une réponse à l’interrogation initiale : Oui, il existe des limites à ne pas franchir lorsque les mots et les images sont équivalents à des armes et qu’ils servent à favoriser l’exportation en France d’un conflit étranger.
Pr Hagay Sobol/ Benillouche Blog Article original
le 10/7/12 Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme exprime les nombreuses condamnations des lecteurs du quotidien LE MONDE du 10 juillet 2012, scandalisés et agacés par les dessins prétendument humoristiques de PLANTU, qui encore une fois s’en prend aux juifs et à l’Etat Juif, dans une nouvelle caricature d’un juif orthodoxe .
Le BNVCA considère que le « REGARD de PLANTU » sur le monde, est déformé sinon voilé par son obsession et sa passion aveugle qu’il voue à la Palestine et aux palestiniens.
Le BNVCA considère que le sieur PLANTU abuse de la liberté d’expression , pour se faire une réputation sur le dos des juifs.
Le manichéen PLANTU en voulant salir les juifs orthodoxes et l’Etat juif, les valorise malgré lui.
En voulant stigmatiser les juifs orthodoxes parce qu’ils préfèrent étudier plutôt que prendre les armes, PLANTU condamne à son insu les religieux radicaux palestiniens qui comme le mouvement islamo terroriste HAMAS, se caractérise par l’énorme quantité d’armes de guerre dont il dispose, notamment de missiles dont ils bombardent chaque jour la population civile de l’Etat Juif sans que cela impressionne PLANTU, ni les reporters du MONDE.
Dans son dessin obscène PLANTU transforme les papillottes du rabbin en barbelés, séparant les palestiniens des israeliens.
Pour le BNVCA, il est heureux qu’aujourd’hui les juifs puissent se protéger et se défendre, par des murs, des barbelés,ou tout autre moyen,contre toutes les attaques dont ils sont l’objet.
Les correspondants du BNVCA se demandent si Le journal LE MONDE a besoin aujourd’hui de ce type de parti pris pour assurer ses ventes, au risque de mettre en péril les enfants juifs en général et orthodoxes en particulier, comme lors de la tuerie anti-juive de Toulouse.
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Le faux ingénu Plantu, celui qui s’émerveillait d’Arafat, a choisi son camp depuis longtemps, il est « politiquement très correcte »…
Je pense que la presse devrait en effet respecter un certain nombre de règles élémentaires. on peut citer sans être exhaustif:
– le respect de la vie privée: la vie privée des hommes public n’intéresse personne. Ils ont droit à leur intimité et la seule chose qui devrait être permise de commenter devrait être les actions ou résultat d’actions qu’ils entreprennent dans le cadre de leur mandat. Limiter sur ce terrain l’action des journalistes ne serait pas de la censure mais un frein au voyeurisme et au commérage.
– La critique de la politique d’un pays devrait obligatoirement s’accompagner d’un droit de réponse que le journaliste devrait être obligé de diffuser dans le meme journal et dans les mêmes condition que la critique.
– Toute critique devrait aussi être comparative. Ex:
Si on tape sur la politique des retraites d’un gouvernement, il devrait être obligatoire de dire ce qui se passe ailleurs.
Si on tape sur Israël, il devrait être obligatoire de dire ce qui se passe sur les mêmes sujets dans les pays de la région
Pourquoi ce n’est pas fait: parce qu’il y a des sujets porteurs et que les journalistes de terrain sont payés pour certaines images et pas d’autres. Parce que les journalistes sont engagés politiquement et qu’ils ne sont plus impartiaux.
– La presse de salon ne devrait pas diffuser sans vérification les informations de l’AFP, car toute information biaisée risque de prendre alors une ampleur internationale: elle est en effet répétée sans contrôle par toutes les presses de France et de Navarre et finit par convaincre des badauds.
{{Une remarque pour finir:}}
En ce qui concerne le gribouillage de Plantu,
– le journaliste aurait du dire qu’Israel tente de traiter de la même façon Les musulmans et le juifs et que cela est à l’honneur de son gouvernement puis que c’est le contraire de l’apartheid
– il aurait du aussi expliquer que les barbelés ont pour but d’empêcher les terroristes de tuer des civils
Mais c’est plus porteur de taper sur les juifs pour flatter le lecteurs majoritairement antisémite. Dire que les juifs parquent les arabes cela fait vendre, et si c’est faux c’est pas grave !
Le drame d’aujourd’hui est que le journalisme ne se contente plus de décrire, il agit sur les évènements et de ce fait ce n’est plus du journalisme, c’est de la politique partisane. Les ennemis de la démocratie savent parfaitement comment s’y prendre avec la presse qui est devenue le cheval de Troie destiné à détruire notre civilisation.