STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
France : une gauche en lambeaux…
Qui est, directement ou indirectement, responsable de l’état lamentable dans lequel se trouve l’ensemble de la gauche française, au point que le Parti Communiste ne peut même plus présenter un candidat issu de ses rangs et que le Parti Socialiste se demande même s’il va continuer d’exister ?

Evidemment, le contexte compte pour beaucoup dans cette affaire : tout se passe sous la présidence d’un président socialiste, ce qui ne veut pas dire nécessairement à cause d’un tel président.

Mais les historiens finiront bien par analyser le rôle joué par François Hollande qui fut, avant tout, un président non pas normal, comme il se serait tant voulu, mais comme un président atypique – ne ressemblant à aucun de ses prédécesseurs.


Le contexte compte pour beaucoup dans cette affaire : si tout se passe sous la présidence d’un président socialiste, cela ne veut pas dire nécessairement à cause d’un tel président. Mais les historiens finiront bien par analyser le rôle joué par François Hollande qui fut, avant tout, un président non pas normal, comme il se serait tant voulu, mais un président atypique

Mais les historiens finiront bien par analyser le rôle joué par François Hollande qui fut, avant tout, un président non pas normal, comme il se serait tant voulu, mais comme un président atypique – ne ressemblant à aucun de ses prédécesseurs.

La question majeure, ce me semble, est la suivante : était il fait pour être président ? Ou plus exactement : avait -il les moyens, ou avait il envie de gouverner ? On a l’impression qu’il s’imaginait autrement ce qui l’attendait dans l’exercice du pouvoir.


Etait il fait pour être président ? Ou plus exactement : avait -il les moyens, ou avait il envie de gouverner ? On a l’impression qu’il s’imaginait autrement ce qui l’attendait dans l’exercice du pouvoir.

On se rend compte qu’on quitte imperceptiblement le terrain du pouvoir et de la politique en général pour déboucher sur des recoins intimes de l’âme humaine. Et ceci nous conduit à poser une autre question, à laquelle il est encore plus difficile à répondre que la précédente :

Qui est François Hollande ?

Cet homme qui a passé dix ans de sa vie à déjouer les complots de ses camarades au PS, à inventer toutes les synthèses possibles et imaginables entre des Laurent Fabius et des Henri Emmanuelli et qui, finalement, au pouvoir, amorce un virage libéral qui fracasse sa majorité et finit par se briser sur le roc de ceux qu’on nomme les frondeurs…

Et ce drame en plusieurs actes se poursuit lorsqu’il commet l’erreur de vouloir neutraliser Valls par Macron.

Il a cru pouvoir les jouer l’un contre l’autre – encore ce côté infernal de la synthèse, cette façon de faire coïncider les oppositions des alchimistes (coincidentia oppositorum), pour parler comme Agrippa de Nettesheim…


François Hollande a cru qu’il était encore à la tête du PS et que le jeu politique était le même, et qu’il suffisait de mettre deux êtres en concurrence pour les neutraliser, voire les détruire. Et voilà que c’est lui qui retrouve pris entre les deux branches de la tenaille.

François Hollande a cru qu’il était encore à la tête du PS et que le jeu politique était le même, et qu’il suffisait de mettre deux êtres en concurrence pour les neutraliser, voire les détruire. Et voilà que c’est lui qui retrouve pris entre les deux branches de la tenaille.

Dans le livre de Job, l’expression est encore plus cruelle, puisqu’il est question des mâchoires de l’iniquité !

Macron a été le plus réactif : quand il découvrit que le roi était nu, il n’a pas tenté de l’aider mais a décidé simplement de le remplacer. Plus fin que Valls, qui est un self made man, Macron, qui a fait l’ENA, est parti le premier.

Valls n’a pas compris qu’il fallait en faire de même et a parlé de désertion. Pire, le jour même de son départ pour Tunis, il voit le président et lui tord carrément le bras : il lui arrache la décision de ne pas se représenter…

Mais il était trop tard, le navire Macron avait pris le large, et François Hollande, forcé de rester sur la touche, avait prévu que Valls ne franchirait pas l’étape des primaires.

Cela aussi, soit dit en passant, fut une erreur capitale de la part de François Hollande : il n’aurait jamais dû dire qu’il s ‘y soumettrait. Certes, il n’aurait pas évité la catastrophe mais il aurait au moins échappé à l’humiliation.

Restait une couleuvre de plus à avaler : accepter que Benoît Hamon devienne le candidat adoubé du PS…

Défaite garantie, puisque, au moment où je rédige, les sondages le créditent de moins de 10% d’intentions de votes alors que son concurrent direct caracole avec 15% !

Je me demande ce que dirait François Hollande dans ses Mémoires s’il venait à en écrire. Le fera t il ? Pourquoi pas ?

Mais une chose m’intrigue aujourd’hui encore : le livre d’entretiens avec ces deux journalistes du Monde ! Je ne comprends pas qu’un président sous la Ve République, aux pouvoirs assez voisins de ceux d’un monarque républicain, ait éprouvé le besoin de se commettre avec de tels journalistes. Etait-ce un insatiable besoin de reconnaissance ? Est ce que cela ressortit à la psychanalyse ?

Au fond, personne ne connaît vraiment François Hollande. Lui qui se voulait un président normal !! Question faussement naïve : mais comment peut on être un président normal, un homme comme les autres, quand on a autant de pouvoirs consentis et garantis par la Constitution ? C’est presque un oxymore.

Un mot aussi sur la vie amoureuse de l’homme : chacun d’entre nous, qu’il soit président ou petit employé, éprouve le besoin et a le droit d’aimer et d’être aimé. Bien des gens, dont un curé célèbre, se sont émus du traitement réservé à une femme qui lui a donné quatre enfants, même si la dame en question est loin de mériter le bon Dieu sans confession. Mais tout de même !!

Alors, qui est cet homme ?

Je n’arrive pas à le cerner. Je me demande aussi pourquoi l’actuel secrétaire général de la présidence de la République, homme d’une grande finesse et d’une très grande intelligence, un homme que je connais et apprécie beaucoup, a dû attirer l’attention de son patron sur les divers écueils se dressant sur sa route… L’a t il fait ? Ne l’a t il pas fait ? Et s’il l’avait fait, aurait-il été écouté, à défaut d’être entendu ?

Il existe une énigme Hollande. Mais n’accablons pas l’homme qui est digne d’intérêt et de respect. Chaque jour qui passe le rapproche de la fin. Quitter le pouvoir à un si jeune âge ne laisse pas d’être douloureux. Mais, pire que le jugement des hommes, plus grave que le jugement de Dieu lui-même, est le jugement de l’Histoire…

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 1er avril 2017

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Le professeur Maurice-Ruben Hayoun, né en 1951 à Agadir, est un philosophe, spécialisé dans la philosophie juive, la philosophie allemande et judéo-allemande de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem, un exégète et un historien français. il est également Professeur à  l’université de Genève

6 Commentaires

  1. Non hollande le libertin a imposé le mariage pour tous, encore 5 ans et il y aurait ajoute celui avec son anomal favori tant cet individu est vicieu et malsain…..a suivre , après les élections pour les révélations sur les relations sulfureuses….avec son ami de beuverie et consors, le dénommé jack…langue bien pendue….

  2. Hollande a récupéré une France au bord du gouffre et comme son équipe était incompétente, il a un peu plus creuser ce gouffre.
    Fillon fidèle au capitalisme, on ne veut pas de pauvres, les classes moyennes nous suffisent pour récupérer des sous.
    Macron, se situe entre les deux, mais c’est difficile d’être le fléau de la balance !
    Quant à Hamon, son éléction traduit bien de ce qu’est devenue le socialisme en France puisqu’il faisait partie de l’équipe ci-dessus.
    Mélenchon c’est ou ou tout blanc ou tout noir.
    Marine, je n’ajouterai rien !

  3. Hollande un président? Mais on se moque de nous.
    Il s’est comporté comme un voyou. La seule chose à porter à son crédit c’est qu’il a détruit son parti » la gauche socialiste et anti sémite »

  4. ‘Un président atypique’.
    Atypique, c’est le qualificatif qu’emploient les agents immobiliers pour dire d’un appartement que c’est une catastrophe.

  5. La leçon a retenir est qu’un président fait ce qu’il toujours fait ailleurs et avant.

    Pour Hollande, les synthèses et le dégommage des petits camarades, pour sarko, le bling-blig et les promesses non tenues, pour Giscard, le faste et l’impudence…

    Gageons que Macron sera un banquier implacable, Fillon un seigneur avec droit de cuissage, marine, une démago raciste, Melechon un Malraux raté et Hamon un idiot utile !

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