Le noeud-coulant de l’Iran et du Hezbollah se resserre autour d’Israël

Nikki Haley, l’Ambassadrice américaine à l’ONU, a mis en demeure la communauté internationale de tenir l’Iran pour responsable, jeudi 31 août, après que la République Islamique ait montré ses « véritables couleurs » [érigé son véritable étendard], en restaurant ses relations avec le groupe terroriste Hamas palestinien. Dans sa déclaration, elle a décrit comme « stupéfiant » que le dirigeant du Hamas puisse se vanter que Téhéran est à nouveau son plus grand fournisseur d’argent et d’armes. La rupture entre eux avait fait suite au refus du groupe terroriste de se mettre du côté de Bachar El Assad dans la guerre civile syrienne.

« L’Iran doit décider s’il veut être un membre de la communauté des nations dont on puisse attendre raisonnablement qu’il prend ses obligations internationales au sérieux, ou s’il veut être le leader d’un mouvement terroriste djihadiste. En tout état de cause, l’Iran ne peut pas être les deux à la fois », a affirmé Haley dans sa déclaration.

L’Iran islamique a, depuis longtemps, pris cette décision, comme le sait pertinemment l’Ambassadrice, à partir des rapports des renseignements qui passent sur son bureau. Mais ses paroles courageuses étaient destinées à appeler au sursaut, face aux avancées rapides réalisées par l’Iran et le Hezbollah, au cours de ce mois d’août, afin d’imposer ses quatre volontés au Moyen-Orient, souvent en faisant avancer très furtivement ses pions.

Haley est parfaitement au courant de la rencontre du 2 août à Beyrouth, entre le chef militaire du Hamas Salah al-Arouri et les responsables iraniens, à la suite de laquelle Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, a confirmé que les dirigeants palestiniens de la Bande de Gaza méritaient la restauration d’une aide militaire et financière.

Cet accord avait été scellé au plus haut niveau à Téhéran, après la réception d’Arouri et d’une délégation de Gaza, par les responsables iraniens de haut-rang, dont le Général Qassem Soleimani, commandant de la branche Al Quds des Gardiens de la Révolution Iranienne. Il dirige, non seulement les fronts de guerre de l’Iran au Moyen-Orient, mais aussi les réseaux de renseignements, de menées de la subversion et des actions terroristes de l’Iran.

C’est Soleimani qui a assigné au Hamas et à sa branche armée ses prochaines missions. Puisque les deux parties se consacrent exclusivement aux actions violentes (terroristes) pour parvenir à leurs fins, dont l’objectif majeur est la destruction de l’Etat d’Israël, tout ce qu’il reste à savoir, c’est la forme précise de ce partenariat entre le Hamas et le Hezbollah soutenus par l’Iran et où il frappera. Tous les détails de ces aspects pratiques ont été échangés lors des sessions secrètes entre le Hamas et la branche Al Quds des GRI, à Téhéran.

Etaient également présents à ces sessions, les agents secrets de Soleimani et les têtes de réseaux terroristes qu’il dirige à travers tout le Moyen-Orient et dans les Emirats du Golfe.

La cérémonie inaugurale du second mandat d’Hassan Rouhani comme Président d’Iran, le 5 août a fourni une couverture tout-à-fait convenable à ces rendez-vous occultes.

L’avertissement solennel de Nikki Haley à la communauté Internationale a été provoqué par ces dangereux événements. Bien que ses paroles étaient puissantes, dans la forme et par leur à propos, il est difficile de relever le moindre signe qu’elles soient suivies d’effets, dans les autres secteurs de l’administration Trump.

Avec le front sud contre Israël dans la poche, l’Iran et le Hezbollah ont ajouté, cette semaine, le front nord, à juste deux ou trois kilomètres de la frontière du Golan israélien avec la Syrie. Cela aurait pu ne pas se produire, si l’Administration Trump, justement, ne s’était pas soumise à l’exigence russe de réviser les conditions de leur projet de zone de déconfliction pour le Golan syrien, de façon à ce qu’on ne requiert plus des forces iraniennes et du Hezbollah qu’elles se maintiennent à une distance de 40 à 50 km de cette zone, mais seulement à 8 km.

L’Iran et le Hezbollah ont, par conséquent, diminué tranquillement la distance les séparant de la frontière israélienne. Mais, cette semaine, ils ont réalisé un pas en avant important, quand les observateurs russes ont conduit un groupe d’officiers iraniens et du Hezbollah tout droit jusqu’à Quneitra. Là, on leur a offert une base d’espionnage sous protection russe à portée immédiate du Golan israélien.

Téhéran et ses séides ont donc employé le mois d’août à sauter le pas et se mettre en position de nouer la corde autour du cou d’Israël et la resserrer à volonté.

Le Premier Ministre Binyamin Netanyahu, cette semaine, s’est vanté du fait que son mandat reste marqué par un calme relatif. Israël, a-t-il dit, a évité avec succès d’être impliqué dans une guerre majeure quelconque.

C’est exact. Cela dit, sa politique consistant à préserver le calme et à maintenir une posture purement défensive a entraîné un coût. Ce prix s’est affiché, ce 1er septembre. Par là, l’Iran et le Hezbollah ont été en mesure de s’avancer, sans rencontrer la moindre opposition jusqu’aux frontières d’Israël avec la Syrie et le Liban au nord, et de ramper jusqu’à la frontière avec Gaza dans le sud

Vu sous l’angle militaro-stratégique, on peut dire qu’Israël a régressé au stade d’il y a 11 ans, quand deux ennemis se posaient de façon menaçante, à ses frontières nord et sud. Israël avait lors été contraint d’entrer en guerre contre le Hezbollah au Liban. Cette fois, ce conflit pourrait potentiellement se raviver sur trois fronts : au Liban, à Gaza et en Syrie.

DEBKAfile  Analyse Exclusive 1er Septembre 2017, 10:39 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

 

11 Commentaires

  1. Bibi Natanyahu, interpellé par les négociateurs américains, français, ou autres, ne devrait plus discuter, au sujet de « deux peuples côte à côte ». Il doit se montrer intraitable et ferme. Pas de discussions, pas d’énergie perdue. Les imposteurs « palestiniens » ont un pays (immense) offert par les Anglais en 1948 : la Jordanie. Le petit roi Abdallah devra s’y résoudre, lui dont la royauté a été créée artificiellement pour son grand père baptisé « roi » par les Anglais. S’il le faut, réserver un morceau du territoire jordanien pour Mahmoud Abbas et sa suite.

  2. Céder la Bande de Gaza, avec toutes les souffrances apportées aux Israéliens qui y avaient construit leurs maisons, fleuri leurs jardins et planté des arbres, a été une énorme erreur stratégique commise par Ariel Sharon. Il faut croire que nos plus grands héros font aussi quelquefois des erreurs, parce que ce sont des héros humains. En 67, Moshe Dayan aussi avait fait l’erreur de ne pas s’emparer du Mont du Temple. Golda Meïr également qui n’avait pas voulu suivre les conseils du Mossad au sujet d’une guerre imminente initiée par l’Egypte (Nasser).

  3. pourquoi incriminer Netanyahou seulement sur ce qui s’est passé ces dernières années ? Il avait contre lui les militaires et les services secrets qui lui déconseillaient de se frotter à l’Iran. Ce sont eux qui devraient rendre des comptes et être mis en cause.

    • D’abord, parce que, s’il s’agissait d’incriminer Meir Dagan, il est décédé le 17 mars 2016. Les autres, chefs d’Etat-Major, patrons des renseignements, Ministre(s) de la Défense ont tous changé.

      On peut même aller jusqu’à dire que Netanyahu, depuis les dernières élections, a su s’entourer « d’hommes à lui », en tout cas de réputés « durs » comme Yossi Cohen, aux renseignements extérieurs, voire Avigdor Lieberman, qui réclamait son poste de Ministre de la Défense pour y faire des démonstrations de muscles. Et Monsieur Muscle est, globalement, resté dans sa loge, exceptées les frappes conseillées par ses adjoints en Syrie.

      D’autre part, même s’il y a des légitimes raisons d’inquiétude, le concept de « guerre entre les guerres » demeure globalement opérant, hormis ce rapprochement géographique, la dissuasion vis-à-vis du Hezbollah fonctionne dans un pourcentage sans doute jugé « acceptable ». Cette guerre entre les guerres (opérations extérieures sur des cibles de transfert d’armes, élimination de personnes-ressources pour l’Iran, etc.) repousse chaque jour l’échéance d’une attaque irano-hezbollahnie et laisse à Israël l’espace de respiration jugé suffisant pour poursuivre ses propres développements de nouvelles armes qui passeront le cap et garantiront une couverture anti-aérienne et anti-missiles si et quand les ennemis décideraient de passer à l’acte.

      Le problème de cette « guerre entre les guerres » est qu’elle n’est que rarement officiellement « admise » et qu’un homme politique ou même un chef de renseignements ne peut pas la revendiquer pour en tirer des bénéfices secondaires en termes de popularité. C’est la dure loi du genre. Olmert a peut-être supervisé le dernier gros « coup » anti-installation nucléaire » coréenne en Syrie, à Deir Ez zor, le 27 septembre 2007 et il a fini un taule pour d’autres raisons. Le monde est ingrat…

  4. Le Golan est à 1500km à vol d’oiseau de Téhéran, avec aucune voie ferrée ni autoroute pour livrer les millions de tonnes d’approvisionnements et de munitions nécessaires à la conduite d’une vraie guerre. Par voie maritime, la Méditerranée est à 6500km des ports iraniens, à portée et sans défense des coups de tous les ennemis de l’Iran, et pas seulement l’aviation israélienne. Les mollahs ne savent pas ce que signifie la logistique, ils risquent de l’apprendre à leurs dépens.

  5. la régression est pire qu’il y a 11 ans car le Hezbollah n’avait pas, à l’époque, pointés sur Israël 150 000 missiles, et Gaza n’était pas encore à ce niveau de terrorisme et de richesse guerrière

  6. C’est vrai que l’Iran approche… le Hesbollah se consolide.
    Mais ce n’est pas un noeud coulant, le travail est encore long pour former un noeud coulant.

    Il est vrai que les iraniens vont avancer leurs pions méthodiquement, ce qui fera de nouvelles cibles pour Tsahal.

    Une fois les cibles (très certainement souterraines) construites, ces cibles ne passeront pas inaperçues de l’intelligence de Tsahal, (intelligence = renseignement)
    Elles seront alors « désignées » puis « validées », c’est à dire enregistrées dans chaque missile, chacune sa cible.
    Ensuite, je ne sais plus qui se trouvera à l’intérieur du « noeud coulant », ce que je peux dire, c’est que je ne voudrais pas me trouver à l’extérieur du noeud, l’intérieur du noeud sera protégé un peu comme en 67.

    Alors les Irano-Hesbollah risquent fort d’appeler « Allah u Akbar »…
    Israël a été surpris par la réaction russe c’est vrai qu’ils viennent d’envoyer un second soumarin…
    Mais Israël dispose de cinq F35, c’est insuffisant mais c’est dissuasif même pour les Russes, certes il en faut au moins quinze pour une escadrille…
    Pas de quoi s’inquiéter Israël peut attendre, les Russkofs ne risqueront pas leurs soumarins.

    D’un autre côté, Iron Dôme est au point, David Sling est au point, ainsi que le spice, le spider, et plusieurs autres dont j’oublie les noms, mais soyez certain, les jouets de tsahal feront « mouche » à tous les coups…
    Ceci dans l’attente des autres F 35 dont on peut faire confiance à Israël pour faire raccourcir les délais.
    Dans cette attente, à mon avis, les Irano-Hesbo… ne bougeront pas…

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