L’incitation croissante de l’Iran à l’escalade ne laisse aucune issue facile à Trump.
Les discussions à Téhéran concernant un passage à une « approche offensive » témoignent d’une évolution de la pensée iranienne : plus la pression économique est forte, plus la tentation de déclencher un nouveau conflit est grande.
Les sanctions sont certes efficaces, mais il est peu probable qu’elles contraignent le régime à une capitulation publique. Washington devra choisir entre une escalade coûteuse et imprévisible et l’acceptation des conditions iraniennes.
par Danny Citrinowicz
Les informations faisant état de discussions en Iran concernant l’adoption d’une « approche offensive », c’est-à-dire un retour délibéré à l’escalade, éclairent plusieurs hypothèses sous-jacentes à la pensée des dirigeants actuels de Téhéran : le pays ne souhaite pas une guerre sans fin, refuse de capituler face aux exigences du président et est déterminé à préserver ce qu’il considère comme ses acquis dans ce conflit. Si un choix lui était imposé – et il semble que sa décision soit déjà prise –, l’Iran privilégierait l’escalade à la reddition.
La pression économique affecte indéniablement l’Iran, mais les répercussions ne sont pas à sens unique. Les sanctions et les pressions américaines nuisent considérablement à l’économie iranienne, mais Téhéran estime pouvoir en reporter une partie sur l’économie mondiale, notamment en perturbant les flux énergétiques et en déstabilisant la région.
Ces derniers mois, les États-Unis ont continué de renforcer les sanctions contre le pétrole, le transport maritime et les réseaux financiers iraniens, tout en maintenant un blocus naval.
Téhéran. Photo : Reuters
L’Iran n’acceptera pas indéfiniment un statu quo permettant aux États-Unis de tirer profit de la politique de « pression maximale » à moindre coût. La pensée iranienne actuelle privilégie l’initiative et l’offensive, et plus le blocus économique se prolonge, plus Téhéran sera incité à provoquer des frictions et à se créer de nouveaux leviers d’influence.
Contrairement aux espoirs du président américain Donald Trump, il n’existe pas nécessairement de terrain d’entente stable.
Washington ne peut pas présumer qu’il peut continuer à exercer une pression maximale, éviter de parvenir à un accord et, en même temps, s’en tirer sans aucune conséquence.
Dans un scénario d’escalade prolongée, même la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ne va plus de soi, comme l’illustre le retard pris dans la conclusion de l’accord avec Oman, censé la faciliter.
Il n’existe pas de solution miracle contre l’Iran. Accroître la pression sur la Chine, renforcer le blocus terrestre ou imposer de nouvelles sanctions ne constituent pas des solutions magiques.
Ces mesures peuvent certes rendre la situation extrêmement difficile pour l’Iran, mais ne le contraindront pas nécessairement à capituler.
Face à l’aggravation de la crise iranienne, la réaction instinctive de Téhéran sera de tenter d’accroître le coût pour ses adversaires et, dans ce cas précis, pour l’économie mondiale.
Navires dans le détroit d’Ormuz. Photo : Reuters
L’administration américaine semble toujours avoir du mal à comprendre le fonctionnement du système iranien.
Le régime peut faire des compromis, reculer tactiquement et même modifier sa politique, mais capituler publiquement sous la pression va presque directement à l’encontre des principes sur lesquels il repose.
C’est pourquoi la frustration à Washington, et surtout chez Trump, risque de s’accroître. Il semble de plus en plus incapable d’éviter de choisir entre les deux options qui se présentent à lui depuis des mois: une escalade coûteuse et imprévisible, ou l’acceptation humiliante des conditions iraniennes.
Pour Washington, le choix se résume au dilemme mal ou pire.
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