L’antisémitisme d’aujourd’hui : les effets mais sans la cause.

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L’antisémitisme d’aujourd’hui : les effets mais sans la cause.

 

Les antisémitismes

     L’antisémitisme est ce terme forgé au XIXème siècle, précisément, en 1879 par un journaliste allemand du nom de Wilheim Marr pour désigner la haine des Juifs en tant que groupe racial. L’antisémitisme, c’est aussi la haine du Nom, du Shem, de Dieu, mais aussi du nom de Juif qui existait bien avant ce terme inventé par ce journalisme, sous le signifiant antique d’antijudaïsme repris d’ailleurs tout au long du Moyen Âge. Les Romains allèrent si loin dans cette direction, qu’ils allèrent même jusqu’à vouloir effacer du monde antique le signifiant Israël en le remplaçant par celui de Palestine après qu’ils eurent anéanti la dernière révolte Juive qui depuis 132 jusque 135 après J.C, sous la direction Simon Bar Kokhba, s’était soulevée contre l’Empire romain. Nous connaissons la suite : dispersion des Juifs dans tout l’Empire, mais persistance de leur identité religieuse et nostalgie de la terre perdue, mais sans oublier le nom d’Israël, cependant inscrit à jamais dans leur Livre : la Thora…C’est au Livre que désormais notre peuple allait s’accrocher. Et c’est sans doute pourquoi, régulièrement, les antijudaïques de l’antiquité et du Moyen Âge puis les antisémites des XIXème et XXème siècles allaient le brûler en même temps que leurs passeurs et leurs lecteurs, à savoir, les Juifs. L’histoire nous montre qu’il n’y a pas un antisémitisme, mais des antisémitismes qui ont des causes différentes, mais qui produisent toujours les mêmes effets : la haine des Juifs qui va de la ségrégation, la spoliation de leurs biens, leur enfermement, leur expulsion… jusqu’aux meurtres en masse…

Antiquité et Moyen Âge

Ainsi, les antijudaïsmes de l’Antiquité et du Moyen Âge allaient-ils puiser leur haine du Juif dans l’idée fortement répandue et fantasmée du déicide. Cet antijudaïsme allait persister pendant des siècles et alimenter l’antijudaïsme religieux des Chrétiens les plus fanatiques depuis les croisades jusqu’à l’Inquisition. Les effets de cette haine étaient, bien entendu, le massacre des Juifs, mais aussi leur ségrégation, leur enfermement dans les ghettos, leur expulsion… et les causes étaient principalement religieuses et politiques : il fallait se venger de ceux qui avaient tué le Christ. Cette haine religieuse occupait tout l’Occident chrétien. En Orient, contre les Juifs, la haine des musulmans dont la naissance date de 632 après J.C, n’en était pas moins aussi religieuse et encore politique. Le peuple du Livre devait se soumettre au nouveau Dieu, Allah dont la parole dernière, en lieu et place de la clôture du monothéisme, s’érigeait en religion de vérité dernière, qui, pour exister, devait nécessairement effacer ou convertir les Chrétiens et les Juifs dont les Livres avaient précédé de loin la rédaction du Coran. Nous n’avons pas de mal aujourd’hui pour trouver dans le Livre sacré des musulmans de quoi alimenter leur haine des Juifs et des Chrétiens. C’est aussi pourquoi il faut dire et répéter que la haine des Juifs est inscrite à même le Coran et qu’elle n’est pas seulement islamique radicale mais simplement musulmane. Elle ne date pas non plus d’hier, mais depuis 632 après J.C, c’est-à-dire au moins depuis 1387 ans, même avant parmi les tribus arabes, avant qu’elles ne soient islamisées. Si bien qu’aujourd’hui, dans les pays arabo-musulmans, on compte les Juifs sur les doigts d’une main. Ils sont partis de leur plein gré ou ont été chassés après avoir été spoliés, menacés et massacrés. Après les Juifs, viendront les Chrétiens dont le départ et l’extermination ont déjà commencé. « Nous sommes chez nous » hurlait ce musulman salafiste à l’adresse d’Alain Finkielkraut. Ce qui signifie qu’une fois les Juifs chassés ou partis on ne sait où d’ailleurs, car ce musulman est aussi antisioniste donc, rêve aussi d’une Palestine sans Juifs, ou avec des Juifs soumis…, bref, une fois débarrassés des Juifs, comme ils l’ont fait dans les pays arabes, ce cher abruti et ses coreligionnaires s’occuperont des Chrétiens et enfin ils seront chez eux, dans un occident enfin soumis au croissant musulman… Je ne délire pas, c’est ce que les musulmans ont fait aux Juifs dans les pays du Maghreb, c’est ce qu’ils font aux Chrétiens en les chassant et en les massacrant dans leurs églises… C’est aussi pourquoi, les musulmans les plus modérés ne s’en sortiront que s’ils ont le courage de réformer leur Livre sacré. Mais peuvent-ils réformer un Livre dicté par Dieu ? Rien n’est moins sûr !… A défaut, ils pourraient au moins commencer par séparer le religieux du politique , ce qui aurait peut-être le mérite de diminuer leur passion mortifère du djihad, qui trouve sa justification dans l’entremêlement du politico-religieux où l’un s’alimente de l’autre et réciproquement.

Antisémitismes aux XIXème et XXème siècles.

Les antijudaïsmes de l’antiquité et du Moyen Âge deviennent aux XIXème et XXème siècles de l’antisémitisme. Les effets sont les mêmes : haines, pogroms, spoliations, assassinats, assassinat de complot juif, expulsions, mais les causes sont différentes. Si la haine religieuse persiste encore, s’y rajoute la haine économique qui puise dans les textes des socialistes et des communistes qui vont des écrits de Marx à Proudhon en passant pas Bakounine… Ils reprochent aux Juifs l’amour de l’argent, et leurs héritiers s’auréoleront d’une haine de l’Amérique capitaliste dont les Juifs seraient les complices et d’une lutte contre le colonialisme dont ils accuseront les Juifs de retour en Eretz Israël. Ce sont ces trois fantasmes nauséeux qui vont alimenter les antisémites du XIXème et XXème siècles, repris en cœur par tous les mouvements politiques « d’émancipation » des peuples qui vont de l’extrême gauche à la gauche en passant par les anarchistes…Ce sont ces partis politiques et ces mouvements associatifs qui aujourd’hui, drapent et voilent (c’est le cas de le dire !) leur antisémitisme d’un antisionisme anticapitaliste, anticolonialiste et d’émancipation des Palestiniens… D’ailleurs, si demain, le président de la République française sanctionne encore plus l’antisémitisme sans sanctionner dans le même temps son « poison pilote » qu’est l’antisionisme, celui-ci s’exercera de façon encore plus virulente qu’il ne le fait à présent, et sans être inquiété par la loi. Sans lier l’antisémitisme à l’antisionisme, celui-ci aura donc encore de beaux jours devant lui !

L’antisémitisme est comme une vague, une lame de fond qui entraîne avec lui la boue antisémite ancienne de l’antiquité, du Moyen Âge, des XIXème et XXème siècles et que l’on va retrouver dans l’antisémitisme racial, donc biologique, avec une plus grande amplitude et barbarie. Le nazisme reprend l’idée de pureté raciale déjà au centre de l’antijudaïsme espagnol du XVème siècle qui condamnait les Juifs au nom de la pureté du sang : la limpieza de sangre. La cause antisémite principale du nazisme était raciale. Les effets, nous les connaissons : six millions de morts juifs !

Début du XXIème siècle :  les effets, mais sans la cause !

Malgré les 13 assassinats de Juifs en France depuis 2003, sans compter ceux commis à l’étranger, en Belgique, aux Etats-Unis et en Israël, commis tous (sauf aux Etats-Unis, avec des Suprématistes Blancs) par des musulmans, qui se réclament de la cause palestinienne ou pas. Parfois cette cause a bon dos et ces antijuifs s’arrangent un peu facilement de leur antisémitisme par un antisionisme exacerbé. C’est ce que pratiquent allègrement en France les partis de gauche et d’extrême gauche. Ceux-là se soulagent, quand enfin « le bon vieil antisémitisme » d’extrême droite revient, et qu’ils peuvent alors y aller tous en cœur de leur antifascisme. Seulement voilà en France, l’extrême droite, bien que toujours gangrenée par son antisémitisme historique, n’a jamais tiré à la kalachnikov sur des Juifs, ni ne les a attaqués au couteau aux cris de Allahou akbar ! Aujourd’hui, les islamo-gauchistes comme on dit, veulent bien soutenir Alain Finkielkraut, et encore, quand il est insulté par un islamiste radical, disent-ils, mais ils évitent bien de dénoncer les causes de ces insultes qui sont à même le Livre qui dit la haine des Juifs, à savoir le Coran. Encore une fois, les bien-pensants s’occupent volontiers des effets de la haine antisémite, à grands renforts de manifs, de rassemblements, de dénonciations, de bougies, de fleurs et de programmes éducatifs qui n’ont guère d’effets, mais quant à s’occuper de la cause quand elle ne vient plus de l’extrême droite, mais de l’islam, ça, c’est une autre affaire ! Les explications se font moins virulentes. Elles sont prudentes, si prudentes qu’elles sont presque un déni de la réalité face à ce vieil antisémitisme qui n’est plus à nos portes ni même à l’autre bout du monde, mais qui sévit au cœur même de nos cités et qui s’appelle, non pas l’islamisme mais l’islam, dont l’antisémitisme se lit à même son Livre qui fétichise le terrorisme : le Coran !

Par Jean-Marc Alcalay

6 COMMENTS

  1. L’antisémitisme est dans l’ADN de beaucoup de pays : chrétiens et musulmans .

    Dés qu’il y a un problème on l’utilise comme bouc émissaire .

    Mais depuis la création de l’Etat d’Israël beaucoup de choses ont changé .

  2. Cette haine evidente dirigee contre la communaute juive a toujours ete un grand mystere pour moi. Je precise que je ne suis pas juif.

    J’entends les arguments historiques, mais l’histoire est tellement meconnue des jeunes qui vont betement faire un tag ou menacer ou insulter que je pense qu’il y a autre chose. Certainement pas l’effet de reseau communautaire — qui peut certes nuire a une politique du merite — car en France, typiquement, le principe de reseau est omnipresent, dans toutes les communautes, institutionnel meme ; cela n’a donc rien a voir avec le judaisme. Par exemple les reseaux d’anciens eleves de grandes ecoles, parisiennes essentiellement, et les grilles de salaires liees au nom de ces memes ecoles. Pourtant on ne menace pas les jeunes ingenieurs !

    Ma conclusion, au risque de choquer certains, est que cette haine n’est pas si spontannee et intemporelle que l’on veut bien le faire croire, en France tout du moins : elle provient d’une volonte politique tout a fait premeditee et organisee, par les precheurs islamistes venus du moyen orient dans le but de bourrer le crane de jeunes fragilises par leur milieu social. Cette haine vient des cites, des milieux populaires a majorite musulmane. Ce que je dis n’est pas politiquement correct sans doute.
    A l’extreme oppose, les quelques depressifs d’extreme droite assez idiots pour se pretendre nostalgiques des pires heures de l’histoire contemporaine sont moins dangeureux a mon avis, car moins nombreux, pas tres futes et peu organises.

    • L’antisémitisme a des causes complexes mais je crois qu’on doit pouvoir l’expliquer rationnellement. Cela ne signifie naturellement pas que les Juifs auraient “fait” quelque chose qui justifie l’antisémitisme. Non ce sont plutôt des lois anthropologiques qui sont à l’œuvre ici, mais pas que.
      Pour commencer je vous suggère de lire “La violence et le sacré” du philosophe et anthropologue René Girard, c’est un bon début et surtout cela vous évitera de vous égarer sur le terrain de la morale car celle ci ne résoudra rien (depuis le temps qu’on essaie…).

  3. Certainement vrai, en partie. La phrase si souvent entendue “je ne suis pas antisemite, je suis antisioniste” est la version contemporaine de celle qu’on citait dans les annees cinquante “je ne suis pas antisemite: d’ailleurs, j’ai un excellent ami israelite”. Mais je ne vous suis pas dans votre commentaire voulant detacher le mot “sionisme” d’Israel. L’antisionisme reste, avant tout, un mot tentant de faire passer sa haine d’Israel pour une position ideologique, voire morale.

  4. Comme tous les sujets à propos des juifs et d’Israël, sujets traités par le journal LE MONDE.
    Une fois de plus, celui-ci est incomplet, vide de sens et inexacte.
    Cet article met en parallèle les mots “anti-juif” et “anti-sionisme”
    Sauf que son auteur n’a rien compris, puisqu’il n’arrive pas à en faire la liaison.

    En effet, il raccroche « bêtement » le mot « Sionisme » à Israël
    A cause de son réflexe qui est primaire et primitif.

    Dans la continuité de l’utilisation des mots “anti-juif” puis “anti-sionisme”
    Il faut voir autre chose.

    Durant la deuxième guerre mondiale, rien que le fait de prononcer le mot « juif » était une réelle insulte.
    Nombre de personnes avaient même horreur de le prononcer.
    Le mot « juif » était le mot à proscrire.
    Dans certaines périodes, prononcer le mot « juif » pouvait aussi vous valoir des ennuis.

    Mais alors, comment désigner un « juif » si on s’abstenait de prononcer ce mot !

    Bon nombre de familles, ont remplacé le mot « ‘juif » par le mot « Israélite »
    Facile à vérifier, chez les personnes âgées qui ont connu cette période.
    Ces personnes disent toujours « Israélite » à la place du mot « juif »
    Cette période leur colle toujours à la peau.

    En 1945, à la fin de la guerre, … Le mot « juif » est revenu sur le devant de la scène.
    Pour conjurer le sort, le monde entier et surtout l’Europe ont fait en sorte que le mot « juif » ne soit plus assimilé à une injure, et ont tout fait pour balayer les outrages du passé.

    Ainsi le mot « juif » a été réhabilité.
    Sauf que l’antisémitisme toujours sous-jacent, n’ayant pas été combattu, s’est mis pour quelque temps en veilleuse.

    Il fallait bien trouver un autre mot « insultant » pour exprimer sa haine des juifs, sans prononcer le mot « juif »
    Voilà pourquoi ils sont tombé sur le mot « Sionisme » qui, au demeurant est un mot noble.
    Celui des « peuples à disposer d’eux même sur ses terres »

    SIONISME, spécifique au « peuple juif » puisque dans le mot « Sionisme » il y a non seulement « le droit du peuple juif à disposer de lui-même », mais avec en plus, cette notion du « retour » du peuple juif en Israël, à Jérusalem et en Judée Samarie.

    Voilà pourquoi l’antisémitisme nouveau cherche à faire du mot « Sionisme » une insulte. Un mot marquant son « antisémitisme » et le rejet des juifs quels qu’ils soient partout dans le monde.

    L’utilisation du mot « Sioniste » comme une insulte n’a rien à voir avec Israël, n’a rien à voir avec le conflit Arabo-Israélien, n’a rien à voir avec les arabo-palestiniens.

    Tout ceci n’est que prétexte à insulte et à un antisémitisme qui ne veut pas qu’on découvre son vrai visage.

    Le Gouvernement Français qui ne veut pas pénaliser l’anti-Sionisme tombe dans ce piège, duquel il ne sortira pas vainqueur.
    D’ailleurs Macron le dit lui-même, le mot « Sionisme » fait référence directe à Israël. Ce qui ne peut absolument pas être pris comme tel !

    L’antisémitisme ne pourra jamais être combattu, si on ne l’attaque pas de front.
    Puisque l’antisémitisme ou l’anti-Sionisme est toujours insidieux, narquois, impalpable, hypocrite, fourbe, rusé et fallacieux à la fois.

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