L’antisémitisme au cœur des élections britanniques?

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Pour la première fois de leur histoire, la question de l’antisémitisme assombrit les élections britanniques 

Le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn doit faire face à une élection, alors qu’il est sous la pression de deux  milieux politiques différents, à cause de son manque chronique de leadership dans la lutte contre l’antisémitisme qui ternit la réputation de son parti depuis longtemps : son prédécesseur, l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair et son rival, le Premier ministre conservateur Boris Johnson. Ces critiques sont attisées par le refus de Corbyn de s’excuser auprès des juifs britanniques pour son échec, après que le grand rabbin britannique Ephraim Mirvis a publié une accusation sans précédent, juste avant l’élection du 12 décembre au Royaume-Uni : le poison de l’antisémitisme « plébiscité par le haut» a pris racine au sein du parti travailliste britannique d’opposition, écrit-il. Que deviendront les Juifs et le judaïsme en Grande-Bretagne si le parti travailliste forme le prochain gouvernement? Cette anxiété est justifiée », a déclaré le rabbin Mirvis. L’archevêque de Canterbury, Justin Welby, le principal religieux du Royaume-Uni, a déclaré son soutien, en disant que les remarques du Grand Rabbin devraient alerter le pays du malaise croissant ressenti par de nombreux Juifs.

Un certain nombre de députés et de membres du parti travailliste ont quitté le parti au cours des dernières années pour protester contre le refus de Jeremy Corbyn de traiter le problème des manifestations antisémites brutales de ses collègues, contre sa propre sympathie et son association avec des personnalités notoirement anti-israéliennes. A aucun moment le parti travailliste n’a connu de tels troubles au cours des dernières décennies. Bien que l’antisémitisme ne soit pas un phénomène nouveau dans l’histoire britannique, un grand rabbin n’est jamais intervenu publiquement lors d’élections nationales pour défier un des principaux candidats sur des questions d’éthique face aux discriminations et incriminations antijuives et anti-israéliennes de son propre parti. En tant que minorité de quelque 240 000 membres, l’impact de l’électeur juif sur l’élection est négligeable, mais la question de l’antisémitisme contribue à mettre en doute l’aptitude de Corbyn à diriger un gouvernement, en pelin milieu de la campagne électorale, en plaçant cette question même au-dessus de la controverse autour du Brexit. Les derniers sondages situent les conservateurs de Johnson avec une avance substantielle de 13 points.

Adaptation : Marc Brzustowski.

La question réelle est de savoir si l’échec éventuel de Corbyn aux élections peut lui faire perdre la face, au point de mettre la tendance ultra-radicale qu’il représente en minorité au sein du Parti. Ou si, au contraire, celle-ci est bien arrimée pour les prochaines décennies, ne permettant pas au parti de maîtriser l’actuelle dérive. Un peu comme c’est le cas aux Etats-Unis autour de Sanders et de ses égéries Ihlan Omar, Rachida Tlaib, Alexandria Ocasio-Cortez (surnommées ensemble : la Squad). Ce radicalisme conforte, par contrecoup, les candidats républicains ou conservateurs, semblant en mesure de conduire un navire national à la dérive… 

Antisemitism issue clouds a UK election for the first time

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