La vengeance des Marranes exilés contre l’Espagne

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La vengeance des Marranes contre l’Espagne

Nombreux furent les Marranes qui décidèrent après leur exil douloureux de combattre le monstre espagnol qui les pourchassait partout où ils trouvèrent refuge.

Certains Marranes furent diplomates en Hollande, en Angleterre ou dans l’empire Ottoman, d’autres utilisèrent le domaine de la finance pour porter atteinte aux intérêts espagnols. D’autres enfin devinrent pirates pour s’attaquer aux navires espagnols.

L’énigme Christophe Colomb

Christophe Colomb supposé Marrane par de nombreux historiens : les preuves des origines Juives de sa mère sont nombreuses. Je viens de découvrir une nouvelle preuve : l’astrolabe instrument de navigation perfectionné par Abraham Zacuto était écrit en hébreu et n’avait pas était encore traduit quand débutèrent les premières découvertes. Comment Christophe Colomb a-t-il pu le lire ?

Comment ne pas s’interroger sur le désir supposé du grand navigateur de trouver une terre d’accueil  pour les Juifs expulsés d’Espagne. C’est d’ailleurs le conseiller du roi d’Espagne, le Marrane Luis de Santangel qui, devant les réticences de Ferdinand de Castille et d’Isabelle la catholique aidera le célèbre navigateur. Il proposera de soutenir lui-même financièrement le projet de Christophe Colomb pour trouver une nouvelle route des Indes. Il gardait surement l’espoir que cette route serait celle de la délivrance des Marranes Espagnols.

Christophe Colomb qui descendrait de Juifs convertis en 1391, suite aux terribles persécutions qui commencèrent cette année-là dans toute l’Espagne, était proche des Juifs. On disait même qu’il était versé dans la cabale.

Lors de son second voyage en Amérique, il découvrit en 1494 la Jamaïque et accueilli avec bienveillance de nombreux Marranes, malgré les réticences du pouvoir Espagnol à laisser les nouveaux chrétiens quitter la péninsule ibérique et s’installer dans les nouvelles contrées découvertes.

Après sa mort, la famille de Christophe Colomb continua à protéger les Juifs réfugiés à la Jamaïque. Plusieurs centaines de conversos faisaient aussi partie de l’armée de Cortès qui découvrit le Mexique, alors même  que l’inquisition s’était installée en Amérique centrale et continuait à traquer les crypto Juifs.

De même le Portugais Cabral assisté de son navigateur Juif Gaspar découvrit le Brésil. Ce sont des Juifs de Sao Tomé qui introduisirent  l’industrie sucrière au Brésil.

La prospérité d’Amsterdam

La prospérité d’Amsterdam, due en partie à l’accueil bienveillant fait par les Hollandais aux Marranes, permit aux conversos de la Jamaïque et du Brésil d’apporter leur aide aux invasions des Pays Bas en Amérique du sud.

Le Marrane Hollandais Menaché Ben Israel obtint du souverain Anglais Cromwell l’autorisation du retour des Juifs en Angleterre d’où ils avaient étaient bannis plusieurs siècles auparavant. Et quand, en 1655, les Anglais envahirent la Jamaïque, les Juifs furent autorisés officiellement à revenir au judaïsme.

Plus tard, suite à un accord Anglo-Hollandais, les premiers Juifs Séfarades fuyant le Brésil reconquit par le Portugal arrivent à la Nouvelle Amsterdam en Amérique du nord qui changea bientôt son nom pour devenir New York.

C’est dans cette ville en 1665, que les Juifs se virent attribuer la liberté de culte ainsi que toutes sortes de droits nouveaux. Ce n’est que deux siècles plus tard que des centaines de milliers d’Ashkénazes fuyant les pogroms d’Europe de l’Est commencèrent à affluer à New York.

Les pirates juifs 

En position de se venger des souffrances infligées par l’Espagne, beaucoup de réfugiés séfarades s’investissent dans l’une des activités les plus florissantes de l’époque : La Piraterie…et seulement contre les navires Espagnols.

En méditerranée, les marchands Juifs finançaient les razzias dévastatrices des  Maures lors des raids barbaresques sur les côtes des provinces Espagnoles. Il y eut même des pirates Juifs d’ascendance Espagnole en Tunisie et au Maroc.

A Tunis, le Juif Sinan allié des Turcs et du célèbre Barberousse, (Sinan que l’on appelait le « fameux pirate Juif »), prit sous son commandement le 20 Aout 1534, une centaine de bateaux pour le compte de Soliman le Magnifique et occupa le port de Tunis jusqu’alorsn une possession espagnole stratégique. Il empêche ainsi les navires espagnols de naviguer librement en méditerranée après la première conquête d’Alger par Barberousse.

La bataille de Tunis

Furieux, Charles Quint affréta secrètement une armada forte de 400 navires avec 33 000 combattants originaires de toute la chrétienté  à l’exception de la France et ceci afin de porter un coup fatal au port de Tunis.

Barberousse devant cette guerre sainte regroupe plusieurs milliers de guerriers pour essayer d’anéantir les croisés et confie le commandement à Sinan qui commença par consolider la forteresse se trouvant à l’entrée du port de Tunis La Goulette (qui signifie petite gorge).

Le 15 juin 1535, les canons de 70 bateaux espagnols bombardent les tours jumelles de la forteresse 24 jours durant. Sinan et ses janissaires Turcs opposent une résistance héroïque, mais finalement Charles Quint prend le contrôle de la baie de Tunis et Sinan et ses hommes doivent battre en retraite. Les Espagnols entrent dans la ville de Tunis et les combats au corps à corps font rage. Sinan et Barberousse enfourchent leurs chameaux et se réfugient avec 4000 hommes dans le désert.

L’armée espagnole victorieuse investit Tunis et trois jours durant les croisés pillent  la ville et massacrent les habitants faisant 7000 morts et 40000 prisonniers. Les Juifs furent les premiers à ne pas être épargnés par cette boucherie et ceux qui parvinrent à s’échapper dans le désert furent dépouillés en route par la population musulmane.

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2 COMMENTS

  1. “”pirates Juifs d’ascendance Espagnole en Tunisie et au Maroc.”

    y en a eu…….mais que l’ histoire a oublié de dire qu ils étaient juifs
    le plus gros de ces pirates était a la Jamaïque
    attanquant au passage les riches galions chargés de l’ or Aztèque, Inca ………..

    Quand a Sinan le juif, connu sur place sous le nom de “Sinane el Zmerli”, -né a Izmir-, rien a voir avec Sinane Pacha le musulman

    j’ ai connu dans mon village quelques juifs “zmerli”, dont le rabin Sion Guattino, et une famille Guenni

    on ne connaissait pas le mot “Turc”

  2. oui, c’est intéressant mais il faut bien garder en tête que concomitance et causalité ne vont pas forcément ensemble. La concomitance ne démontre pas une causalité.

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