La Finlande et Israël prolongent leur accord de défense pour 10 ans
La Finlande et Israël ont officiellement prolongé en 2024 un protocole d’accord (MoU) de coopération en matière de défense, couvrant la recherche, le développement, la coopération et l’acquisition d’équipements militaires pour les dix prochaines années. Cette décision, prise en pleine guerre à Gaza, a suscité une vive controverse en Finlande, notamment de la part de l’opposition qui a dénoncé un choix politique controversé. Le protocole initial, conclu en 2013, devait expirer, mais Helsinki a proposé à Tel-Aviv une extension de dix ans, contre cinq auparavant, proposition acceptée par Israël.
Cette coopération s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens militaires entre les deux pays, avec des échanges commerciaux en forte croissance. Les achats finlandais auprès des industries de défense israéliennes, modestes il y a quelques années, atteignent désormais plusieurs centaines de millions d’euros annuellement. Parmi les acquisitions majeures figurent le système de défense aérienne David’s Sling, acheté en 2023 pour 316 millions d’euros, les missiles antichars Spike en 2022 pour 213 millions, ainsi que les missiles antinavires Gabriel en 2018 pour 162 millions. Une vingtaine de projets communs sont actuellement en cours, témoignant d’une coopération technologique et industrielle approfondie.
Le renouvellement du MoU a probablement eu lieu lors de la visite du commandant des forces finlandaises en Israël début août 2024. Les discussions ont porté sur l’évolution des menaces sécuritaires, notamment la mise en place d’un système de défense aérienne multicouche et interconnecté, destiné à répondre efficacement aux attaques aériennes et aux missiles. Cette approche vise à renforcer la capacité de la Finlande à se défendre face aux incursions, notamment en provenance de son voisin russe, un enjeu stratégique majeur depuis son adhésion récente à l’OTAN.
Cette prolongation n’a pas été sans contestation. L’opposition finlandaise, incarnée par la présidente du Green League, a qualifié cette décision de « honte historique », critiquant un renforcement des liens alors même que des pressions étaient exercées pour réduire la dépendance militaire à Israël. Le ministre finlandais de la Défense a défendu la décision, la présentant comme une démarche standard, intégrée dans la continuité des accords existants, notamment en matière de défense aérienne et d’approvisionnement. Par ailleurs, un groupe de coordination bilatéral se réunira annuellement pour suivre l’évolution de cette coopération.
En mai 2024, un séminaire industriel a rassemblé une trentaine d’entreprises finlandaises et une délégation de 32 sociétés israéliennes, couvrant un large spectre technologique, avec un accent particulier sur la défense aérienne, les systèmes aériens sans pilote et la protection des frontières. Cette collaboration industrielle s’inscrit dans une dynamique stratégique où Israël offre à la Finlande un accès aux standards de l’OTAN et au marché européen, tandis que la Finlande représente un point d’ancrage clé face à la menace russe.
Cette extension du partenariat militaire entre la Finlande et Israël illustre une volonté commune de renforcer leurs capacités de défense dans un contexte régional et international complexe. Elle souligne aussi les enjeux géopolitiques liés à la sécurité en Europe du Nord et au Moyen-Orient, tout en révélant les tensions politiques internes en Finlande autour de cette coopération.
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