L’étude du judaïsme tunisien a connu un essor récent, en particulier grâce aux associations de Juifs originaires de diverses communautés de Tunisie.
Le sort de la communauté juive durant la période de l’occupation allemande de la Tunisie, émerge à peine.
Cependant, le travail de mémoire de la communauté existe.
Les premiers documents attestant de la présence de Juifs en Tunisie datent du IIe siècle. Tertullien décrit en effet des communautés juives aux côtés desquelles vivent des païens ; le succès rencontré par le prosélytisme juif pousse d’ailleurs les autorités païennes à prendre des mesures légales alors que Tertullien rédige dans le même temps un pamphlet contre le judaïsme. Selon la tradition orale, la première vague migratoire de Juifs en direction des côtes de Tunisie, date de la destruction du Premier temple de Jérusalem Des Cohanim (prêtres) qui se seraient installés dans l’actuelle Tunisie après la destruction du Temple de Salomon par l’empereur Nabuchodonosor en 586 av. J.-C.; auraient emporté un vestige du Temple détruit, conservé dans la Ghriba de Djerba, et en auraient fait un lieu de pèlerinage et de vénération jusqu’à nos jours.
Une synagogue du IIIe ou IVe siècle, est découverte à Naro (actuelle Hammam Lif) en 1883. D’autres communautés juives sont attestées à Utique, Chemtou, Hadrumète ou Thusuros (actuelle Tozeur).
Comme les autres Juifs de l’empire, ceux de l’Afrique romaine sont romanisés de plus ou moins longue date, portent des noms latins ou latinisés, arborent la toge et parlent le latin, même s’ils conservent la connaissance du grec, langue de la diaspora juive à l’époque. Selon saint Augustin, seules leurs mœurs, modelées par les préceptes religieux juifs (circoncision, cacherout, observance du Chabbat, pudeur vestimentaire), les distinguent du reste de la population.
Sur le plan intellectuel, ils s’adonnent à la traduction pour des clients chrétiens et à l’étude de la Loi, de nombreux rabbins étant originaires de Carthage. Sur le plan économique, ils exercent divers métiers dans l’agriculture, l’élevage du bétail et le commerce. Leur situation se modifie à partir de l’édit de Milan (313) qui légalise le christianisme. Les Juifs sont alors progressivement exclus de la plupart des fonctions publiques et le prosélytisme est sévèrement puni.
La construction de nouvelles synagogues est interdite vers la fin du IVe siècle. Toutefois, les recommandations de divers conciles tenus par l’Église de Carthage, recommandant aux chrétiens de ne pas suivre certaines pratiques de leurs voisins juifs, témoignent du maintien de leur influence.
Avec l’islamisation du pays, au 7ème siècle, ils sont astreints à la dhimma qui s’applique en terre d’Islam aux Juifs, aux Chrétiens et aux Zoroastriens. Il est interdit par exemple aux monothéistes non-musulmans de disposer de lieux de culte plus élevés que les mosquées environnantes. Le cheval, bête noble, est réservé au Musulman. Le Juif, lui, n’a droit qu’à l’âne ou au mulet. Le dhimmi doit céder le pas au musulman. Son témoignage ne vaut pas face à celui de son concitoyen musulman.
Au gré des dominations successives du pays, les Juifs vécurent en Tunisie avec plus ou moins de bonheur. Au Xème siècle, on compte de nombreuses yechivot, à Kairouan, qui attirent des étudiants d’Espagne et d’Italie : le Rav Nissim Ben Yaacov (990-1062), fils du correspondant du Gaon Sherirah, est appelé « Lumière en israël ». Il est également estimé par les Musulmans.
Les conditions de vie des Juifs sont relativement favorables sous le règne des dynasties aghlabides puis fatimides. Ainsi qu’en témoignent les archives de la Guenizah du Caire, composées entre 800 et 1150 la dhimma se limite pratiquement à la jizya. Des Juifs travaillent au service de la dynastie, en tant que trésoriers, médecins ou collecteurs d’impôts mais leur situation reste précaire. Nombre de figures majeures du judaïsme sont associées à la cité.
Parmi celles-ci, Isaac Israeli ben Salomon, médecin privé de l’Aghlabide Ziadet Allah III puis des Fatimides Ubayd Allah al-Mahdi et Al-Qaim bi-Amr Allah et auteur de divers traités de médecine en arabe qui enrichiront, via leur traduction par Constantin l’Africain, la médecine médiévale.
Hananel ben Houshiel est l’un des commentateurs majeurs du Talmud au Moyen Âge
Les Juifs participent grandement aux échanges avec Al-Andalus, l’Égypte et le Proche-Orient.
Regroupés dans des quartiers distincts (bien que de nombreux Juifs s’installent dans les quartiers musulmans de Kairouan à l’époque fatimide), ils disposent d’une maison de prière, d’écoles et d’un tribunal. Les villes portuaires de Mahdia, Sousse, Sfax et Gabès voient arriver un flux régulier d’immigrés juifs du Levant jusqu’à la fin du XIe siècle et leurs communautés participent à ces échanges économiques et intellectuels. Exerçant un monopole sur les métiers d’orfèvre et de joaillier, elles travaillent aussi dans l’industrie textile, aux postes de tailleur, tanneur ou cordonnier56, alors que les plus petites communautés rurales pratiquent l’agriculture (safran, henné, vigne, etc.) ou l’élevage pour celles qui sont nomades.
En 1057, lorsque l’invasion hilalienne s’abat sur l’Afrique du Nord et que Kairouan, centre de la vie juive tunisienne est détruite, les Juifs émigrent en masse et la communauté se disloque.
Plus tard, de 1134 à 1150, sous les Almohades, les persécutions contre les Juifs se font très dures entraînant de nombreuses conversions forcées. Kairouan est alors décrétée ville sainte de l’Islam : elle est alors interdite aux Juifs qui fuient vers Tunis, Gabès, Djerba.
Il faut attendre l’arrivée des Hafsides, entre le 13ème et le 16ème siècle, plus tolérants, pour voir la communauté juive renaître de ses cendres et s’épanouir. (A suivre..)
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La présence des Juifs en Tunisie est attestée depuis le 2ème siècle, donc avant l’arrivée des envahisseurs Arabes au 7ème siècle; il en résulte que les véritables propriétaires de la Tunisie sont les Juifs qui en ont été chassés par les Arabes qui se sont toujours appropriés les biens des autres en particulier des Juifs et aujourd’hui ils veulent s’approprier la Judée-Samarie qui est le berceau historique des Juifs; il faut leur livrer une guerre sans merci pour que cette racaille reparte en Arabie qui est sa terre d’origne ; et même en Arabie, il existait beaucoup de tribus juives qui vivaient en paix jusqu’à ce que Mahomet décide de les chasser et de les exterminer ; de tout temps les Arabes se sont comportés comme des terroristes et c’est pareil aujourd’hui.