Jérôme Guedj : Une Campagne Hors des Alignements Traditionnels

Le député socialiste Jérôme Guedj, autrefois allié de Jean-Luc Mélenchon, se présente à nouveau aux législatives de la 6e circonscription de l’Essonne, mais cette fois sans l’étiquette du Nouveau Front populaire, malgré ses origines au sein de la Nupes. Ce choix audacieux marque un tournant significatif dans sa carrière politique et soulève des débats passionnés.

Deux ans après son élection sous la bannière de la Nupes, Jérôme Guedj prend ses distances avec La France Insoumise (LFI). Sa décision de ne pas mentionner le Nouveau Front populaire ni LFI sur ses tracts électoraux s’inscrit dans une volonté de marquer une rupture nette avec la ligne directrice de ces groupes. « J’ai voulu qu’on envoie un signal fort à la direction de La France Insoumise », affirme-t-il, critiquant une « brutalisation du débat public ».

Dès l’aube, Guedj est sur le terrain, affichant ses couleurs à l’entrée de la gare de Massy-Verrières. Parmi les passagers matinaux, il reçoit des encouragements, mais aussi des interrogations. « Je compte sur vous, contre l’extrême droite », répète-t-il, conscient de la montée du Rassemblement national (RN) dans la région.

Malgré ses désaccords avec LFI, Guedj conserve le soutien de son parti d’origine. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a affirmé que Guedj reste « le candidat du Front populaire » dans cette circonscription. Cependant, cette position n’est pas partagée par tous, notamment par Hella Kribi-Romdhane, son ancienne suppléante, désormais candidate dissidente soutenue par le Nouveau Front populaire.

L’histoire politique de Guedj est étroitement liée à celle de Mélenchon. Ancien assistant parlementaire de Mélenchon lorsque celui-ci était sénateur de l’Essonne, Guedj a partagé des moments significatifs avec lui. Toutefois, les chemins se sont séparés lorsque Mélenchon a fondé le Parti de gauche en 2008, et la rupture est devenue plus nette après les attaques du Hamas en Israël en 2023.

Guedj adopte une position équilibrée sur le conflit israélo-palestinien. Il condamne fermement les attaques du Hamas et soutient la libération des otages israéliens. Cependant, il appelle également à la protection des civils palestiniens à Gaza, une position qui lui a valu des critiques de divers côtés.

Le duel entre Guedj et Kribi-Romdhane illustre les fractures internes de la gauche française. Tandis que certains électeurs comme Rachid, employé de la RATP, expriment leur désintérêt pour les étiquettes partisanes en faveur d’un changement réel, d’autres, comme Nawelle Aineche, déplorent la division. Pour Maëlle, commerciale et électrice de gauche, l’important ce sont les idées plutôt que les noms.

En somme, Jérôme Guedj navigue dans une campagne complexe, essayant de concilier ses convictions personnelles avec les attentes des électeurs et les dynamiques internes de son parti. Sa réélection dépendra de sa capacité à convaincre les électeurs de la pertinence de sa vision et de son indépendance face aux pressions partisanes.

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