Le légendaire acteur et producteur Michael Douglas a participé lundi 15 juin 2020 à un entretien par zoom organisé par l’Université de Tel-Aviv, en présence du Prof. Ariel Porat, Président de l’université, au cours duquel il a répondu aux questions d’Ido Aharoni ainsi que du public, notamment les étudiants de l’Ecole de cinéma.

« C’est un grand plaisir et un privilège pour moi que de vous recevoir sur cette plateforme, car je suis l’un de vos grands admirateurs », a déclaré le Prof. Porat en ouverture de l’événement.

Après avoir invité Michael Douglas à venir visiter l’Université de Tel-Aviv lors de son prochain voyage en Israël, le Prof. Porat présente Ido Aharoni, vétéran du service israélien des Affaires étrangères depuis 25 ans, qui fut pendant six ans Consul général d’Israël à New-York et actuellement professeur de relations internationales à NYU : « Il ne faut pas oublier qu’Ido a commencé son parcours à l’UTA, ou il a fait un BA en cinéma, sociologie et psychologie, avant son MA au College Emerson de Boston ».

Le Prof. Porat précise que c’est Ido Aharoni qui a amené le célèbre producteur et homme d’affaires américain Steve Tisch à l’Ecole de Film et télévision de l’université qui porte désormais son nom, rappelant que : « Notre Ecole de cinéma a été classée parmi les 15 meilleures du monde par le Hollywood Reporter ; par ailleurs 80% de l’ensemble de l’industrie du film en Israël est le fruit d’anciens étudiants de l’Ecole ».

« L’un des acteurs les plus prolifiques du monde »

Ido Aharoni présente à son tour l’impressionnante carrière de Michael Douglas, « l’un des acteurs les plus prolifiques du monde ».

Fils du non moins légendaire Kirk Douglas, décédé cette année à l’âge de 104 ans et de l’actrice Diana Dill, Michael Douglas a joué dans une soixantaine de films dont d’énormes succès du box-office mondial comme Ant-Man, Basic Instinct, La guerre des Roses et Wall Street, et produit ou co-produit une vingtaine d’autres, tels que Vol au-dessus d’un nid de coucou, Le Syndrome chinois ou A la poursuite du diamant vert.

Il a gagné deux Oscars, remporté six Golden Globes ainsi que des dizaines d’autres prix internationaux dont deux Césars d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Il est l’époux de l’actrice Catherine Zeta-Jones. Ido Aharoni relève également son « lien fort avec l’identité juive et l’Etat d’Israël, qu’il partage avec son père ».

Interrogé sur son expérience au cours de la crise du covid19, Michael Douglas répond qu’il a été confiné depuis le début avec son fils et son épouse à 40 minutes de New-York ce qui lui a rendu les choses plus faciles : « J’ai passé un bon moment avec ma famille, et j’ai été surpris de constater combien le temps a passé vite ».

Michael Douglas se souvient de sa première visite en Israël en 1965 : « J’avais alors 18 ans, j’ai été très impressionné par le pays. Je me rappelle notamment la route de Jérusalem avec les carcasses de camions calcinés de chaque côté qui rappellent les combats pour le ravitaillement de la ville pendant la guerre de 48 ; ma visite à Haïfa où j’ai rencontré des musiciens et des artistes. Je suis très souvent revenu en Israël depuis ».

L’acteur se dit très attaché à ses origines juives : « La famille de mon père vient de Biélorussie. Ses parents ne parlaient pas l’anglais et il a dû travailler très dur pour réussir, mais c’était un lutteur. Après trente ans de carrière il a été victime d’un grave accident d’hélicoptère dont il a réchappé par miracle. Il s’est alors tourné vers la Bible et a pris des cours avec un rabbin à Los Angeles. C’était un homme très dur, mais il s’est dès lors beaucoup radouci et a mis l’accent davantage sur la spiritualité. Quant à ma mère, elle était protestante, et donc on m’a toujours dit que je n’étais pas juif. Mais mes enfants ont tenu à faire leur barmitsva. Il y a cinq ans j’ai eu le grand bonheur de recevoir le Prix Genesis[1]. J’ai trouvé un épicentre pour me réidentifier avec mes racines juives, et pour cela je dois remercier à la fois mon père et mes enfants ».

Fasciné par la comédie

Interrogé sur les débuts de sa carrière, Michael Douglas dit ne pas avoir vraiment eu une vocation d’acteur : « Dans les années soixante, j’ai été étudier à l’Université de Santa Barbara en Californie. A l’époque je suis devenu un hippie. En 1965 le Doyen m’a convoqué et m’a dit que je devais choisir une voie. Mes deux parents étant acteurs, j’ai donc pensé que ce serait plus facile ; mais je n’étais pas sûr. Au début je n’étais pas vraiment bon, plutôt timide et même malade avant d’entrer en scène. Durant mes études, j’ai participé à de petites productions théâtrales. Lors d’une des représentations, mon père m’a rendu visite et a déclaré que mon jeu était « mauvais ». J’ai alors décidé de m’améliorer, et je suis parti suivre des cours à New-York. Ma carrière a véritablement démarré dans les années 1970 ».

Q. : En tant que producteur, comment sélectionnez-vous vos projets ?

R. : Le premier élément est la passion. Il faut être touché sur le plan émotionnel. Puis je reviens en arrière et je relis le scénario pour en chercher la structure et le sens, et être sûr de ne pas être séduit seulement par les mots. Il faut donc procéder des deux manières : émotionnellement et analytiquement. Puis le point suivant est de choisir l’équipe, et avant tout un bon réalisateur. C’est la clé du succès.

Interrogé sur les changements qu’il a pu subir en tant qu’artiste au cours de sa carrière, il répond : « la génération de mon père était celle des héros dans un monde manichéen. Je suis de la génération de la guerre du Vietnam. Pour nous le monde n’est plus divisé en noir et blanc, nous savons qu’il y a quelque chose au milieu, entre les deux. Par ailleurs j’ai toujours été fasciné par la comédie. C’est beaucoup plus difficile que le drame ».

La dernière série à laquelle il a participé est justement une la série comique, La méthode Kominsky, créée par Chuck Lorre et diffusée sur Netflix, qui lui a valu un nouveau Golden Globe l’an dernier. Michael Douglas avoue s’être particulièrement bien adapté au streaming : « Le streaming est l’industrie la plus prolifique ces dernières années. Il propose énormément d’options et permet de rassembler différentes filières. C’est formidable, et c’est quelque chose de nouveau pour moi à ce point de ma carrière ».

Passion et patience

Concernant ses prises de positions dans la vie publique, hors son engagement vis-à-vis d’Israël, aux côtés d’Itzhak Rabbin et Shimon Peres, il met l’accent sur le désengagement nucléaire, représenté notamment par la production du film Le Syndrome chinois et sa nomination comme « messager de la paix » aux Nations Unies en 1998.

Un conseil de sa part pour les jeunes générations d’artistes ? « Aller pas par pas. Tout le monde veut sauter. Il faut savoir conserver sa passion et son amour pour la profession, mais la combiner avec de la patience, et avancer peu à peu. En Israël, vous avez la chance d’entrer dans une industrie qui a prouvé sa capacité à s’exporter vers le monde extérieur ».

Ido Aharoni remercie Michael Douglas de nous avoir fait profiter de sa sagesse, son expérience de vie et de son charme, et renouvelle l’invitation du Prof. Porat à venir visiter l’Ecole de film et télévision Steve Tisch de l’Université de Tel-Aviv. « Je viendrai à l’UTA », répond Michael Douglas, « Steve Tisch est un bon ami à moi et je serais heureux de visiter l’Ecole ».

[1] Prix accordé par l’etat d’Israäl qui récompense les « êtres humains exceptionnels qui représentent les valeurs juives dans leurs contributions au bien de l’humanité »

Source

https://www.ami-universite-telaviv.com/index.php

 

 

2 Commentaires

  1. LA MAJORITE DES GRANDS HOMMES ET DES FEMMES QUI ONT CONSTRUIT CE MONDE SONT JUIFS ET C’EST LA RAISON POUR LAQUELLE NOUS SOMMES JALOUSES,SOUVENT HAIS CAR ILS NE N’ARRIVENT PAS A NOUS RESSEMBLER.S’ILS AVAIENT UN PEU PLUS DE MATIERE GRISE ILS SE TOURNERAIENT VERS LA PSYCHANALYSE.

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