Les déclarations de différents porte-parole israéliens, cette semaine, non seulement, divergent dangereusement avec la réalité des faits, mais les uns avec les autres, lorsqu’ils parlent de la confrontation massive entre l’Egypte et Daesh (l’Etat Islamique), à proximité de la frontière d’Israël, d’un nouveau cycle de violence et de terrorisme anti-israélien palestinienne en Judée-Samarie, ainsi que du rôle ambivalent joué par les extrémistes du Hamas dans tous ces événements.

Le Coordinateur des Activités du Gouvernement dans les Territoires, le Major-Général Yoav Mordechaï a déclaré, lors d’une interview avec Al Jazeera, jeudi 2 juillet, qu’Israël dispose de « preuves fondées » du fait que le Hamas aide l’offensive lancée par le groupe appartenant à l’Etat Islamique dans le Sinaï contre les positions égyptiennes dans le Nord Sinaï, mercredi.

Le commandant israélien a accusé le Hamas de fournir « des armes et un soutien logistique au groupe de la Province du Sinaï appartenant à l’Etat Islamique. Il a ajouté : « Nous avons de nombreux exemples de Commandants du Hamas qui ont participé activement à cette assistance » et il a nommé «  Wael Faraj, un chef de Brigade de la branche armée du Hamas… qui a ramené des djihadistes de Daesh blessés du Sinaï vers Gaza » et « Abdullah Kitshi… qui a entraîné des agents opérationnels appartenant au Wilayat Sinaï ». Interrogé à propos de la coopération israélo-égyptienne, Mordechaï a commenté : « L’Egypte est une pays fort et indépendant ».

Le conseiller stratégique du Ministère de la Défense, Amos Gilead a été encore plus précis : Il a déclaré que l’Egypte est : « un pays fort de 90 millions d’individus, avec une armée composée d’un demi-million d’hommes ». Gilead s’est dit sûr que les Egyptiens feront tout ce qui est nécessaire pour mener une guerre déterminée contre Daesh.

Jeudi 2 juillet, au lendemain du raid de l’Etat Islamique, l’armée égyptienne a déclaré avoir tué 123 hommes armés de Daesh en deux jours, dont 100 ont été tués mercredi. On a ensuite décrit que les chasseurs-bombardiers égyptiens étaient en train d’éradiquer les concentrations d’hommes de Daesh, autour de la ville de Sheikh Zuweid, au Nord Sinaï. « La situation au Nord Sinaï est désormais sous contrôle total », a affirmé le porte-parole égyptien.

Ces trois responsables ont fait de leur mieux pour donner une image positive des revers subis par l’armée égyptienne, lors de sa plus importante bataille contre Daesh, selon les sources militaires de Debkafile. Personne n’était prêt à reconnaître que la branche du Sinaï de l’Etat Islamique a gagné aux point cette manche de la confrontation.

Depuis deux ans, l’armée égyptienne n’a réussi qu’à grignoter sur ses bords la présence islamiste menaçante qui ne fait que s’étendre dans la Péninsule Sinaïtique, même si Israël a suspendu les restrictions relatives au traité de paix de 1979 et permis à l’Egypte de ramener des forces militaires conséquentes : des tanks, de l’artillerie et des hélicoptères, des chasseurs-bombardiers dans le Sinaï, en vue  d’une campagne de grande envergure afin d’expurger totalement cette présence. Cela ne s’est pas produit comme prévu, bien que les Egyptiens et Tsahal connaissent les tenants et aboutissants exacts et les coordonnées des bases des terroristes islamistes.

Alors même qu’on minimisait les conséquences imprévues de la bataille de mercredi dernier, Tsahal a pris la précaution de fermer à la circulation la principale autoroute israélienne qui court en parallèle à la frontière égyptienne, de Nitzana vers le port d’Eilat au Sud. L’armée au sud a aussi été placée en état d’alerte maximum, aux cas où des groupes de commandos-suicide de Daesh traverseraient la frontière depuis le Sinaï égyptien.

Ensuite, vendredi après-midi, certaines parties du sud israélien ont entendu l’alerte rouge, déclenchée par des roquettes que Tsahal a estimé provenir du Sinaï, donc de Daesh, plutôt que de laBande de Gaza.

Les responsables israéliens sont encore plus embrouillés, lorsqu’ils parlent du Hamas – même après avoir crédité le groupe islamiste palestinien d’être responsable d’un regain soudain d’attentats terroristes en Judée-Samarie et à Jérusalem. Au cours de la dernière semaine, le Hamas a fait assassiner 3 Israéliens : David Capra, Danny Gonen et Malachi Moshe Rosenfeld.

Pourtant, selon le mantra en vigueur que Tsahal impose à ses correspondants militaires accrédités, tout ce que voudrait le Hamas, c’est un cessez-le-feu pour vivre en paix. Ils sont aussi chargés de réciter les allégations officielles prétendant que les attentats meurtriers de ces derniers temps résulteraient des actions de « loups solitaires », tout comme les tirs de roquettes au goutte-à- goutte, venant de Gaza ne seraient le fait que d’éléments « voyous ».

Les responsables israéliens apparaissent s’égarer, en démultipliant de vaines tentatives pour laisser le Hamas en dehors du coup, dans toute offensive terroriste globale. La volonté propre du Hamas de sauter dans le wagon, contre l’Egypte, avec le Hezbollah, l’Iran et Daesh – tout à la fois – crée, indubitablement, un tableau confus concernant ses motivations changeantes. Cependant, les décideurs politiques israéliens doivent se méfier et éviter de tomber dans le piège de l’ambivalence et de la perte de repères et d’objectifs.

Le Président El-Sisi doit prendre conscience que son armée a manqué le bateau pour accomplir une victoire retentissante en une seule fois contre Daesh, parce que l’ennemi n’est plus seul. Son association avec le Hamas est encore renforcée par le pacte secret avec les Frères Musulmans d’Egypte, l’ennemi mortel de l’administration El-Sisi.

Le Hamas, en tant que dérivée idéologique des Frères Musulmans, accueille, en fait, Mahmud Izzat Ibrahim, chef des réseaux opérationnels clandestins des Frères Musulmans, qui s’étendent depuis la Libye jusqu’en plein cœur du Sinaï.

L’axe tripartite Daesh-Hamas-Frères Musulmans est actuellement en plein élan. L’Egypte est, par conséquent au bord d’une guerre qui va s’avérer durable et sanglante.

Il serait insensé que les décideurs politiques israéliens se reposent sur la capacité du Caire de retirer ce fer incandescent du feu avant longtemps. Ils doivent envisager des façons – et le plus tôt sera le mieux – de lutter concrètement contre la présence rampante de l’Etat Islamique à leurs portes. Daesh est déjà engagé dans un processus de renversement du pouvoir dans la Bande de Gaza : il est en chemin pour s’emparer de sections en expansion dans le Sinaï. Ce territoire servira de base adaptée à des raids islamistes contre Israël.
Si Daesh se lèche déjà les babines à l’idée de détourner les zones côtières du Sinaï, il est nécessaire de se préparer une guerre importante afin de préserver la liberté de navigation dans le Canal de Suez.

DEBKAfile Analyse Exclusive 3 juillet 2015, 6:22 PM (IDT)

debka.com

Adaptation : Marc Brzustowski

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