Israël intègre officiellement le CENTCOM américain

Cette initiative, annoncée en janvier, vise à améliorer la communication et la coordination entre Israël et les autres alliés des USA dans la région pour combattre l’Iran.

Le CENTCOM (Commandement Central) américain a officiellement pris la responsabilité, jeudi, de la relation militaire avec Israël environ huit mois après l’annonce de l’initiative. Jusqu’à présent, l’État juif dépendait de l’EUCOM (Commandement européen).

« Ce réalignement, qui a été annoncé au mois de janvier par le département américain de la Défense, renforce la relation stratégique de défense entre les États-Unis et Israël et offre l’opportunité d’approfondir la collaboration opérationnelle entre l’armée israélienne et les nombreux partenaires du CENTCOM dans la région », a fait savoir le CENTCOM dans un communiqué.

Depuis des décennies, l’État juif dépendait de l’EUCOM dans le but de prévenir de tensions possibles entre le CENTCOM et les nations arabes et musulmanes placées sous la responsabilité de ce dernier, dont un grand nombre n’entretenait pas de liens formels avec Israël. Ce commandement central couvre la zone de tout le Moyen-Orient jusqu’à l’Asie centrale, et couvre notamment le Golfe persique, l’Afghanistan et le Pakistan.

L’arrangement précédent permettait à Israël de travailler étroitement avec les membres européens de l’Organisation du traité de l’Atlantique-nord (OTAN) au sein du Commandement européen, limitant à la base les interactions entre l’armée israélienne et les armées arabes couvertes par le Commandement central.

Des avions-chasseurs F-15 et F-16 AFCENT dans le ciel du sud d’Israël pendant l’exercice ‘Aigle du désert’, le 10 août 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Ces dernières années, les alliés du CENTCOM ont développé des relations avec l’État juif de manière croissante – certaines de façon informelle – et le contexte a donc changé. Si l’initiative reste partiellement symbolique, l’inclusion d’Israël au sein du CENTCOM devrait toutefois améliorer les communications directes entre les forces israéliennes et les troupes américaines dans la région et, par le biais des États-Unis, avec les autres armées de la région. Ce transfert ne devrait rien modifier la localisation des bases des soldats américains au Moyen-Orient ou en Europe.

« Le CENTCOM va dorénavant œuvrer à concrétiser l’engagement pris par le gouvernement américain d’adopter une approche holistique face à la sécurité régionale et à la coopération avec nos partenaires. L’attachement sans faille du gouvernement américain à la sécurité israélienne reste ferme et indéfectible », a noté le CENTCOM.

En période de crise, Israël, dans le passé, a bénéficié de l’aide en termes de défense aérienne de l’EUCOM – cela avait été particulièrement le cas en 1991, pendant la Première guerre du Golfe, quand l’Irak avait lancé des dizaines de missiles Scud vers l’État juif. De tels déploiements pourront encore avoir lieu dans l’avenir et l’armée israélienne et l’EUCOM organisent des entraînements de défense aérienne régulièrement. Un exercice de ce type s’est d’ailleurs déroulé cette année.

Même si Israël a rejoint officiellement le CENTCOM jeudi, il est difficile de dire si ce transfert comprend les déploiements de défense aérienne. Sollicité à ce sujet, le Pentagone n’avait pas répondu au Times of Israel au moment de la rédaction de cet article.

La décision de transférer Israël au sein du CENTCOM avait été prise par l’ancien président américain Donald Trump, peu avant la fin de son mandat, suite aux pressions exercées par plusieurs groupes pro-israéliens à Washington et dans un contexte de liens croissants entre Tsahal et le CENTCOM.

Par JUDAH ARI GROSS 3 septembre 2021 fr.timesofisrael.com

De gauche à droite : Le chef d’État-major Aviv Kohavi, le commandant du CENTCOM Kenneth F. McKenzie, Jr., et le ministre de la Défense Benny Gantz à Tel Aviv, le 29 janvier 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense Ministry)

2 Commentaires

  1. Malheureusement, les élections présidentielles US ont changé la donne.
    Pour preuve la fuite désordonnée, une débâcle, de la présence américaine en Afghanistan…
    En fait, il faut lire ceci… :
    ..
    Site d’actualité « le Point »
    International-
    «  » Les Etats-Unis de Biden ne veulent plus être les gendarmes du monde » ».
    .
    Les Etats-Unis de Biden ne veulent plus etre les gendarmes du monde
    © AFP/Brendan Smialowski
    Source AFP
    Publié le 04/09/2021 à 12h33
    Barack Obama l’a laissé entendre, Donald Trump l’a scandé à sa tonitruante manière, mais c’est sans doute Biden qui, à l’occasion du retrait d’Afghanistan cette semaine, l’a exposé le plus clairement: les Etats-Unis ne veulent plus être les gendarmes du monde.

    « +Il est temps de mettre fin à cette guerre éternelle+ (…) C’est Biden qui l’a dit mais cela aurait facilement pu être Trump », note Charles Franklin, professeur à la Marquette Law School.

    Il commente un discours prononcé mardi par le président américain, au lendemain de l’annonce du départ des derniers militaires américains, après vingt années de guerre en Afghanistan.

    Loin de faire profil bas après un retrait chaotique qui l’a fragilisé auprès de l’opinion publique, Joe Biden a saisi l’occasion pour exposer très clairement sa doctrine internationale.

    « Il ne s’agit pas que de l’Afghanistan. Il s’agit de mettre fin à une époque d’interventions militaires majeures destinées à recréer d’autres pays », a-t-il dit.

    Pour Benjamin Haddad, du centre de recherches Atlantic Council basé à Washington, c’est là « le plus éloquent rejet de l’internationalisme » par un président américain « depuis des décennies », selon un commentaire sur Twitter.

    Certes, « America is back », « l’Amérique est de retour », répète souvent le démocrate de 78 ans, mais il a expliqué à quelles conditions.

    « Nos erreurs »
    « Nous devons apprendre de nos erreurs », a-t-il dit.

    « Nous devons nous donner des missions avec des objectifs clairs et réalistes, pas des objectifs que nous n’atteindrons jamais », et « nous devons nous concentrer clairement sur la sécurité des Etats-Unis ».

    Joe Biden se targue d’une très longue expérience de politique étrangère, comme sénateur puis comme vice-président de Barack Obama.

    Ce dernier a d’ailleurs initié, sans doute sans le dire aussi frontalement que Joe Biden, un repli de l’interventionnisme américain.

    Barack Obama avait ainsi estimé que l’emploi d’armes chimiques par Bachar Al-Assad serait une « ligne rouge » appelant une riposte armée. Mais quand Damas l’a franchie, en août 2013, le président démocrate n’a finalement pas déclenché les frappes aériennes prévues.

    Pour Joe Biden, la rivalité qui oppose les nations démocratiques aux régimes autoritaires tels que la Chine doit prendre le pas sur les grandes opérations militaires. Dans son esprit, la démocratie doit prouver qu’elle peut répondre, mieux que les dictatures, aux grands défis tels que le changement climatique ou la pandémie, tout en étanchant la soif de prospérité des classes moyennes.

    Dans cette grande compétition, Joe Biden compte sur le jeu des alliances, une différence radicale avec Donald Trump. Il organise d’ailleurs à l’automne un sommet virtuel rassemblant des chefs d’Etat et de gouvernement de nations démocratiques, dont la liste n’a pas été dévoilée.

    Les Etats-Unis « ont toujours hésité entre s’isoler des péchés du monde et répandre les bienfaits de leur modèle. Depuis 1945, ils avaient choisi d’être les défenseurs puis les missionnaires de la démocratie. Ils rentrent à la maison », a commenté sur Twitter l’ancien ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud.

    « Nounou »
    La gestion très unilatérale du retrait d’Afghanistan a de fait secoué les pays alliés des Etats-Unis. Et elle a réjoui Pékin et Moscou, qui se sont empressés d’y lire un avertissement pour les pays ayant tout misé sur le soutien militaire américain.

    « Il semble y avoir un degré certain de frustration » même s’il est difficile de savoir « à quel point c’est profond » parmi les alliés des Etats-Unis, à propos de la gestion du retrait d’Afghanistan, estime Tricia Bacon, professeure à l’American University.

    Mercredi, au lendemain du grand discours de Joe Biden, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est vu appliquer les réserves du président américain en matière internationale.

    Joe Biden lui a redit sa promesse de l’aider contre « l’agression » russe en Crimée, en lui fournissant en particulier des équipements militaires.

    Mais le président américain n’a pas, loin de là, ouvert grand les portes de l’Otan à l’Ukraine, très désireuse de rejoindre l’alliance militaire atlantiste.

    Et Joe Biden n’a pas reculé non plus sur Nord Stream 2, un projet de gazoduc russe qui inquiète beaucoup Kiev. Plutôt que des sanctions, la Maison Blanche a choisi l’approche diplomatique sur ce dossier délicat.

    Ailleurs qu’en Europe, Joe Biden « a peut-être bien baissé le rideau pour de bon sur l’interventionnisme militaire américain au Proche et Moyen-Orient au sens large », analyse dans un blog Imad Harb, directeur de recherches et d’analyse au « Arab Center » de Washington.

    Faute de soutien militaire américain garanti, cela pourrait amener les pays de la région tentés de hausser la voix et d’agir contre l’Iran à faire preuve « de la plus grande retenue », estime-t-il.

    04/09/2021 12:31:35 – Washington (AFP) – 2021
    Ce gouvernement US est-il crédible ?

    • Mon avis….
      L’Amérique [de Biden] ne veut plus être le gendarme du Monde.
      Le courant démoncrate pense-t-il, dans la fatuité de son athéisme, que les États-Unis d’Amérique sont une assemblée de peuple s’étant créée par hasard, et étant, toujours par hasard, devenue la nation la plus puissante du monde, dans tous les domaines, sans qu’aucun « rôle », par la Providence, ne lui ait été attribué, confié ?
      Je prétends, simple moucheron évoluant pour un court instant sur cette planète, que si le peuple américain suit cette voie, en confirmant ce choix, et reniant, en définitive, les interventions des USA, comme lors des deux dernières guerres mondiales, la Providence va, très rapidement retirer à ce pays tous les Moyens qui lui ont été donnés pour CE rôle.
      L’hégémonie prochaine (?) fera, dès lors, que cette humanité se placera dans l’éventualité du scénario apocalyptique, plus que pacifique, lesquels prédits des Prophètes, ce qu’à à D.ieu ne plaise, et les « épées équipant les socs des charrues » sillonneront plutôt les chairs que les terres…
      Tant que nous ne mériterons pas la Paix, la guerre restera éternelle.
      Ysraël fera bien, désormais, de ne plus se fier, quoiqu’il dise et laisse penser, au « grand frère américain »…
      Et davantage se tourner vers « son Père…son Roi. »
      .
      Il nous souvient d’un premier ministre israélien, prétendant que les Israëliens été « fatigués » de guerroyer…. Et juste après ces paroles, la guerre du Liban commença.
      « La déclaration d’Olmert, Priminister post Sharon, devant le Forum politique israélien de tendance de gauche, basé auxEtats-Unis, en juin 2005 :
      “Nous sommes fatigués de combattre, nous sommes fatigués d’être courageux, nous sommes fatigués de gagner, nous sommes fatigués de vaincre nos ennemis”.
      En 2006, la guerre du Liban éclatait, téméraire ‘hizbollah… »
      La guerre sert, curieusement, à préserver la paix.

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