Israël conditionne la fin du contrôle de l’Autorité palestinienne sur Gaza et l’octroi du statut de réfugié à la fin de l’UNRWA et à la fin de ce statut.
Jérusalem expose des conditions générales alors que les États arabes font pression pour que l’Autorité palestinienne contrôle la bande de Gaza, notamment le désarmement complet du Hamas et la transformation des camps de réfugiés en communautés normales.
par Danny Zaken
Alors que la pression arabe et internationale s’intensifie sur Israël pour qu’il permette à l’Autorité palestinienne de gouverner la bande de Gaza et de progresser vers une solution étatique palestinienne, Jérusalem a établi une liste exhaustive de conditions pour les réformes de l’Autorité palestinienne, insistant sur la suppression du statut de réfugié pour les Palestiniens vivant en Judée-Samarie et à Gaza.
Des sources diplomatiques arabes et occidentales indiquent que ces conditions impliquent la fermeture de toutes les agences des Nations Unies pour les réfugiés, principalement l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), sur l’ensemble des territoires de l’Autorité palestinienne, et plus particulièrement à Gaza, tout en transférant l’entière responsabilité des besoins civils à l’Autorité palestinienne elle-même. Israël insiste par ailleurs sur la transformation des « camps de réfugiés » en quartiers ou villes ordinaires et sur la suppression du statut de réfugié dans toutes les zones relevant de l’Autorité palestinienne.
Selon i24NEWS , Israël a posé la fin des opérations du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) comme condition préalable au retrait de Tsahal des camps de Jénine et de Tulkarem, où les forces israéliennes sont présentes depuis des mois. Des sources diplomatiques confirment que cette exigence a été évoquée lors de discussions israélo-américaines et d’entretiens avec des intermédiaires européens, dont Tony Blair et le chancelier allemand Friedrich Merz, lors de la réunion de lundi.
Israël a simultanément fait progresser ses exigences établies : le désarmement complet du Hamas, une autorité sécuritaire israélienne globale assortie d’opérations militaires sans restriction, même dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne, la démilitarisation totale des territoires palestiniens à l’exception des forces de police légèrement armées, une refonte significative des programmes scolaires dans les établissements d’enseignement de l’Autorité palestinienne, de la maternelle à l’université, avec élimination des contenus antisémites et anti-israéliens, des initiatives de déradicalisation à grande échelle, de véritables opérations de sécurité de l’Autorité palestinienne contre les organisations terroristes, et des mesures complémentaires. Israël considère ces éléments comme des conditions préalables essentielles à l’acceptation d’un processus aboutissant à la création d’un État palestinien, conformément au plan Trump (cadre de gouvernance et de normalisation future de Gaza) approuvé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Lors de la conférence de presse de lundi, à l’issue de sa rencontre avec le chancelier Merz, Netanyahu a déclaré: « Nous croyons qu’il existe des voies pour faire progresser une paix arabe plus large et établir une paix viable avec nos voisins palestiniens, mais nous refusons de créer un État voué à notre anéantissement à nos côtés. Le seul principe que nous défendrons invariablement est la souveraineté israélienne en matière de sécurité. Nous avons contourné l’Autorité palestinienne car elle manque d’engagement en faveur de la paix. Tous prétendent qu’ils vont se transformer ; je suis sceptique. Ils doivent cesser d’endoctriner leurs enfants au meurtre d’Israéliens et au financement de terroristes. »
Négociations en vue de la phase 2
Les contacts diplomatiques se poursuivent en vue d’une annonce américaine concernant le lancement de la phase 2 des négociations du plan Trump (cadre de la future gouvernance et de la normalisation des relations à Gaza). Le principal obstacle demeure le rapatriement du corps du dernier prisonnier tombé au combat, le sergent-chef Ran Gvili, membre du Yasam (unité spéciale de patrouille de la police israélienne), tué le 7 octobre lors d’affrontements avec des terroristes du Hamas après en avoir neutralisé des dizaines.
Le directeur du Shin Bet, David Zini, s’est rendu au Caire la semaine dernière pour s’entretenir avec ses homologues égyptiens au sujet de renseignements permettant de localiser approximativement Gvili. Par la suite, lundi, de nouvelles recherches ont été menées dans le quartier de Zeitoun à Gaza, en présence de représentants de la Croix-Rouge et du Hamas.
Washington a insisté pour annoncer le lancement de la phase 2, indépendamment du rétablissement de Gvili. La famille de Gvili a adressé une pétition au Premier ministre Netanyahu pour s’opposer à toute avancée du processus avant son retour. Selon des membres de la famille, Netanyahu aurait accédé à sa demande.
La deuxième phase du plan Trump prévoit le démantèlement des armes du Hamas et le transfert de sa gouvernance à une entité civile internationale, ainsi qu’un retrait israélien plus important conformément aux protocoles de sécurité. La direction du Hamas a toujours affirmé que l’organisation ne renoncerait pas aux armes, malgré des désaccords internes sur ce point, même les modérés rejetant une reddition totale.
Des sources arabes affirment que qualifier la situation d’absence de progrès dans la préparation du transfert est une déformation de la réalité, assurant que les semaines à venir dévoileront le nouvel appareil de gouvernement désigné pour l’autorité de la bande de Gaza, comprenant un conseil de gouvernement à participation internationale ainsi qu’une structure administrative bureaucratique composée principalement de résidents palestiniens de Gaza, y compris d’anciens fonctionnaires de l’Autorité palestinienne antérieurs à la prise de contrôle par le Hamas.
Le Qatar demande des garanties
Lundi s’est tenue à Washington une importante réunion rassemblant le directeur du Mossad, David Barnea, l’envoyé spécial Steve Witkoff et un haut délégué qatari. Cette première session du processus de réconciliation marquait la mise en œuvre de l’accord Netanyahu-Trump. L’initiative avait débuté par un appel téléphonique de Netanyahu à la Maison Blanche au Premier ministre qatari, al-Thani, lors de sa rencontre avec Trump fin septembre.
La session a établi que, dans ce cadre de médiation américaine, des consultations mensuelles aborderont les points litigieux. L’ordre du jour actuel comprend l’accueil par le Qatar d’un membre du Hamas, la « médiation » qatarie dont Israël estime les résultats décevants, et l’insistance du Qatar sur les engagements israéliens à ne pas engager d’attaques territoriales.
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