Guerre en Ukraine : une livraison d’armes américaines pourrait réellement changer le cours du conflit 

L’armée ukrainienne s’apprête à recevoir une livraison de missiles de très longue portée d’ici le mois d’octobre. Ces missiles, appelés ERAM, peuvent atteindre une distance de 4000 kilomètres, de quoi viser les grandes villes russes. Cette nouvelle livraison peut-elle changer la donne sur le terrain ? Décryptage.

Il y a des moments, en relations internationales et en géopolitique, où l’on sent que tout bascule. Des instants charnières qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La bataille de Stalingrad, pendant la Seconde Guerre mondiale, a brisé le mythe de l’invincibilité de l’Allemagne nazie. Plus récemment, l’attaque américaine sur la centrale nucléaire de Fordo lors de la guerre des 12 jours entre Israël et l’Iran restera un « game changer » étudié dans les manuels d’histoire pendant très longtemps.

Il ne faut certes pas sombrer dans le mélodrame ni sortir les violons trop tôt. Mais après un embargo décidé par la Maison-Blanche sur les livraisons d’armes à l’Ukraine, les États-Unis opèrent un volte-face et annoncent la livraison, prévue pour octobre, de 3350 missiles de croisière ERAM, capables d’atteindre Moscou et Saint-Pétersbourg.

Ce revirement intervient après le sommet de l’Alaska et les dernières déclarations du président russe Vladimir Poutine. Une rhétorique qui, combinée à une intransigeance croissante, commencerait sérieusement à mettre la patience du président américain Donald Trump à rude épreuve.

Une pression supplémentaire pour les négociations

C’est désormais un secret de Polichinelle : la méthode du président américain repose sur la « diplomatie par la force ». Comme au Proche-Orient, les 45e et 47e présidents américains n’ont pas hésité à recourir à la puissance de feu de l’armée (contre les Houthis au Yémen ou face à l’Iran, comme cité plus haut).

Cette pression supplémentaire pourrait forcer Vladimir Poutine à revoir ses exigences à la baisse. Selon Nathan Houricade, jeune historien, un autre facteur, plus pragmatique, et prosaïque  explique ce revirement :  » cela portais atteinte  à  la, crédibilité de l’industrie militaire  américaine »

Récemment, Donald Trump s’est dit « très déçu par Poutine ». L’ex-magnat de l’immobilier n’aime pas qu’on se moque de lui. Pourrait-il donner carte blanche à l’Ukraine pour frapper plus en profondeur en territoire russe, quitte à risquer un embrasement régional en Europe de l’Est ? Rien n’est sûr. Mais une chose est certaine : une épée de Damoclès plane désormais au-dessus de Moscou.

Vers une extension du conflit aux frontières de l’OTAN ?

Juste avant la mise sous presse, une « coalition de volontaires », composée notamment de la France et du Royaume-Uni, s’est réunie afin de discuter clairement de l’envoi de troupes sur le terrain, sous prétexte « d’assurer la sécurité et le maintien de la paix ».

Le vendredi 5 septembre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que :  » des milers  de militaire occidentaux pourrais être déployer en Ukraine  dans le cadre de maintient  de la paix »  ce a quoi son homologue russe a répondu sèchement  »  tout force occidental sera une cible légitime ».

Tout reste à savoir désormais : que compte faire l’Ukraine de ce nouvel arsenal qui lui sera bientôt livré ? Une chose semble certaine : le conflit ne sera jamais plus comme avant.

Yohan Souffir

JForum.Fr

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