Gracia Mendès Nassi: La Dame au destin exceptionnel (3/3)

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De Lisbonne à Constantinople en passant par Londres, Anvers et l’Italie,Gracia Mendès Nassi,  cette femme au destin exceptionnel sillonna l’Europe, pour échapper aux persécutions tout en gérant ses affaires.

Dernière étape: Gracia en Erets Israël (Safed et Tibériade)

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Arrivée à la fin de sa vie, Dona Gracia qui a croisé tous les plus grands penseurs juifs (Rabbi Yossef Karo, David Reubeni, la famille Abrabanel, Moise Di Trani…) de son époque, s’attela à réaliser un rêve vieux de plusieurs millénaires: elle reconstruit Safed et Tibériade et envoya cargaisons de moutons et plantations de mûriers afin de développer l’élevage des vers à soie en terre sainte.

Elle voulait faire acheminer les réfugiés marranes jusqu’en Palestine et y créer un foyer juif florissant !

Sur le plan personnel, Gracia accomplit le vœu de son mari : avec beaucoup de difficultés, elle fit transférer le corps de Francisco de Lisbonne à Jérusalem où il fut inhumé dans la vallée de Josaphat.

Sa fille épousa son propre cousin Don Joseph Nassi ce qui, de surcroît, évita la dispersion de la fortune familiale.

Soliman le Magnifique, lui donna le protectorat de Tibériade qui pourrait servir de refuge aux juifs fuyant l’inquisition.

Elle finança la reconstruction de la ville ainsi que celle de Safed. Elle importa des milliers de moutons et d’arbres fruitiers afin de développer la région.

L’entreprise connut un succès mitigé. Les juifs ottomans préférant rester dans les centres urbains plus développés de l’Empire, tels Constantinople, Izmir, Salonique ou Alep.

Pendant les douze années où elle s’occupa de la communauté juive de l’empire ottoman, elle participa au sauvetage des Juifs d’Espagne et du Portugal, au rachat de juifs captifs, à la charité envers les démunis.

Son argent ne servit pas seulement aux affaires, mais aussi à payer les faveurs des princes et à faire ouvrir le plus possible de portes aux persécutés.

Elle aida des centaines de conversos à s’établir dans leurs pays d’adoption, et fit tout ce qu’elle put afin de les mettre en mesure de revenir à la pratique ouverte de leur foi.

Donna Gracia fit édifier des synagogues, fonda une yéchiva et des bibliothèques, et soutint, par tous les moyens, érudits et étudiants de la Torah.

Elle fonda à Salonique un beth midrach, une institution de formation continue pour les rabbins.

Gracia 1

Elle mourut certainement dans la région de Safed, vers 1569.

Aujourd’hui encore pour les juifs de Turquie, la Señora (Senyora) reste vénérée et de nombreuses œuvres lui sont dédiées.

Des tableaux, des médailles et, par-dessus tout, des communautés entières préservent le souvenir de cette bienfaitrice de génie.

“Quiconque entreprend de raconter les nobles actions et les rares vertus de Donna Gracia  » écrivait un érudit contemporain, Rabbi Isaac Abohab,  » devra écrire des volumes s’il veut lui rendre justice ” .

Adaptation par JForum

Sources principales:

Marianne Picard Juifs et Judaïsme de 1492 à 1789 (tome 3) Biblieurope 2004

Naomi Ragen Le fantôme de Doña Gracia Mendes, éditions yodeo 2009 ( traduction française)
Catherine Clément La Signora, éditions Camann Levi 1992

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