Gilets jaunes: Tel-Aviv, New York on en parle…

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De nombreuses synagogues ont été fermées ce jour. Des mots d’ordres sécuritaires venant de la Communauté ont eu lieu avant ce samedi. Recommandations de fermetures de restaurants non cashers mais fréquentés par des juifs dans le Marais, synagogues protégées, boucheries casher dissimulées et recouvertes de panneaux.

Le premier bilan de « l’acte 4 » de la mobilisation des « gilets jaunes » est tombé samedi soir.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 125.000 manifestants ont été recensés sur l’ensemble du territoire. Les forces de l’ordre ont procédé à 1.385 interpellations, tandis que 118 personnes ont été blessées.

Plusieurs incidents ont eu lieu en région, notamment lors de rassemblements à Toulouse, Marseille ou Bordeaux. Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé samedi qu’il fallait « retisser l’unité nationale » et qu’Emmanuel Macron allait proposer des « mesures » en ce sens.

« Le président de la République s’exprimera. Il lui appartiendra de proposer les mesures qui viendront nourrir ce dialogue et qui permettront, je l’espère, à l’ensemble de la Nation française de se retrouver et d’être à la hauteur des enjeux qui sont déjà là et qui vont continuer à se poser dans les années qui viennent », a-t-il ajouté.

  1. Le Grand Rabbin de France avait adressé vendredi un courriel à l’ensemble du corps rabbinique à la veille des nouvelles manifestations des gilets jaunes, ce samedi. Retranscrit ici : « En cette veille de Chabbat et de nouvelles manifestations qui s’annoncent potentiellement violentes, je vous invite à faire de ce temps de prières hebdomadaires un moment particulier de ferveur et de convivialité ».
  2. Dans Actualité Juive lors de la manifestation de samedi dernier : « Le rabbin Shelomo Zini qui officie depuis vingt-six ans à la synagogue Elie Dray de la rue du Faubourg Saint-Honoré (près des Champs-Elysées) se retrouve lui aussi aux premières Loges. Chabbat dernier, il a ainsi dû rester tout le long de la journée à la synagogue sans pouvoir rentrer chez lui en raison des barrages. « À l’office, nous étions, Baroukh Hachem, aussi nombreux que d’habitude bien qu’un certain nombre de fidèles n’aient pas pu venir à cause des manifestations. À l’extérieur de la synagogue, c’était autre chose. Voir deux voitures de police entièrement ravagées par les flammes, c’est du jamais vu ».  Incontrôlable donc, le mouvement des Gilets jaunes s’acoquine de la présence des casseurs et extrémistes de tous bords en son sein, qui cherchent à récupérer la situation. C’est bien ce risque de dérapage qui inquiète le rabbin Zini. « Ces scènes auxquelles on assiste révèlent ce que l’être humain a de plus animal en lui. Comme il est écrit dans les Pirke Avot (Maxime des Pères chapitre 3) ‘Prie pour l’ordre public instauré par la royauté car sans la crainte qu’elle inspire, les hommes s’entre-dévoreraient vivants’ », rappelle-t-il. La Prière pour la République n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui. »

3. La Ligue de défense juive (LDJ) a appelé les fidèles à une « extrême vigilance » ce samedi, affirmant se tenir « prête et à intervenir si nécessaire, » ajoutant que des casseurs avaient appelé à « casser du juif ». La synagogue du Beth Habad a indiqué qu’il n’y aurait pas d’offices samedi matin et samedi soir en prévision de la manifestation sur les Champs Elysées « afin de protéger la communauté ».

QUELQUES FAITS du 8 Décembre

1. Scènes de pillage sur le bd Malesherbes, des groupes de manifestants attaquent les épiceries, les magasins, les habitants du quartier et les touristes sont paniqués.

2. Ambiance relativement tendue au cœur du 17ème, entre tentatives d’érection de barricades, voitures retournées, et déplacements fréquents au fil des jets de lacrymogènes par les forces de l’ordre qui ne sont jamais loin.

3. Les premiers casseurs font leur apparition à Paris, avenue Marceau et avenue George-V. Dans l’Ouest parisien, le profil des personnes présentes sur les avenues Marceau et George-V commence à changer : de moins en moins de femmes, et de plus en plus de jeunes entre 20 et 30 ans, essentiellement des hommes. Tous ne portent pas de gilet jaune mais cela reste la couleur qui domine. La plupart sont très bien équipés : masque à gaz ou foulards, lunettes de piscine, sérum physiologique…
4. Certains se sont équipés en club de golf avenue Marceau en pillant une boutique et sont en train de s’attaquer à un tabac.
5. A Saint-Lazare, les blindés de la gendarmerie se mettent en mouvement. Les manifestants se dispersent peu à peu, certains petits feus ont été allumés. Les blindés de la gendarmerie, eux, commencent à avancer non loin, rue de la pépinière. La situation est effectivement en train de se tendre place Saint-Augustin, non loin de la gare Saint-Lazare et de la Madeleine.
6. Les véhicules de police convergent vers la place de la Madeleine., où brûle une voiture
7. Dégradations près des Grands Boulevards. Des dizaines de policiers et de CRS prennent position près des Grands Boulevards, où des dégradations de mobilier urbain sont constatées. Les pompiers interviennent ainsi rue Réaumur.

8. La situation s’est brusquement tendue en début d’après-midi, forçant les gendarmes à utiliser les VBRG, blindés exceptionnellement déployés ce samedi dans la capitale. Une grande partie du mobiliser urbain de Paris avait été démonté par les services municipaux en prévision de la manifestation. Mais quelques poubelles et panneaux de la RATP ont cependant été incendiés par des manifestants dans le 2e arrondissement de Paris. Les forces de l’ordre ont répliqué en lançant des VBRG pour disperser les manifestants.

9. Le VBRG possède « des équipements lui permettant le contre-tir sous tourelle, le tir de grenades lacrymogènes sous tourelle, la diffusion de gaz lacrymogène », indique le site du ministère des Armées. Certaines versions sont équipées d’une lame qui permet de dégager les axes de circulation d’éventuels obstacles et barricades, comme en témoignent ces images.

10 Des tensions et incidents dans plusieurs lieux de la capitale

Des tensions et incidents ont éclaté dans plusieurs lieux de la capitale : à Richelieu-Drouot/Grands boulevards, sur l’avenue Marceau, sur l’avenue Niel, sur l’avenue de Friedland, rue Arsene-Houssaye, rue Beaujon, sur l’avenue des Champs-Elysées, dans le secteur de la place du Châtelet, sur le boulevard Sébastopol/rue Réaumur et à Strasbourg-Saint-Denis.

11. Des heurts ont éclaté sur l’avenue Marceau à Paris

Des heurts ont éclaté sur l’avenue Marceau entre le 8e et le 16e arrondissement de Paris. Des « gilets jaunes » ont déchaussé les pavés à l’aide d’une grille de protection d’arbres. Les forces de l’ordre ont dépêché un canon à eau sur place.

12. Une jeune femme blessée lors de l’attaque du Drugstore Publicis. Lors de la tentative d’attaque du Drugstore Publicis, quelques manifestants sont rentrés dans le Drugstore avant que les forces de l’ordre ne repoussent quelques dizaines de manifestants à l’aide de grenades lacrymogènes. Une boutique de téléphonie a également été prise pour cible et fait l’objet d’une tentative de pillage.

13. Des pavés sur la chambre de commerce et d’industrie de Paris. La chambre de commerce et d’industrie de Paris, avenue de Friedland (Paris VIIIe), est la cible de jets de pavés de la part de manifestants. Des barricades sont élevées puis démantelées sur l’avenue mais aussi dans les rues alentour, telle la rue Lammenais.

14. Une voiture incendiée boulevard de Courcelles.

15. Une barricade démantelée par les forces de l’ordre place Victor-Hugo. 

De nombreux pays mettent en garde leurs ressortissants, voire conseillent de ne pas venir à Paris ce week-end. Israël n’a pas publié de recommandations.

CE QUE CERTAINS ETATS RECOMMANDENT.

« Ne vous mêlez pas aux discussions et autres polémiques », « ne pas s’arrêter pour faire des photos ou des vidéos »: plusieurs pays ont conseillé la prudence à leurs ressortissants de crainte de nouvelles violences ce week-end à Paris. Et si la plupart des capitales se bornent à des appels à ne pas s’exposer, certains Etats incitent carrément à remettre à plus tard des visites prévues pour samedi et dimanche dans la capitale française en raison de la fronde des « gilets jaunes ».

« Ne voyager à Paris que si c’est absolument nécessaire » et « éviter les déplacements inutiles à Paris ».  Ceux qui ne pourraient pas annuler leurvoyage en France sont exhortés à prendre des « mesures de précaution », en particulier à se tenir éloignés des « lieux symboliques » et des « zones touristiques ».

Certains pays déconseillent d’aller en voiture dans le centre de la capitale française où « beaucoup de feux de signalisation sont endommagés », ce qui occasionne « parfois une circulation chaotique ». Ils suggèrent en outre de prévoir « assez de carburant » pour tout le trajet et de garer les véhicules « dans les parkings souterrains et non dans les rues (même pour un laps de temps très court) ».

A Madrid, les autorités ne sont pas non plus avares de conseils détaillés, dont « s’éloigner immédiatement des éléments violents rencontrés accidentellement (ne pas s’arrêter pour faire des photos ou des vidéos) pour ne pas se retrouver pris involontairement dans de possibles situations de confrontation avec les forces de l’ordre ».  Les Allemands sont appelés à « se comporter avec prudence », en « évitant les manifestations » et « les rues impraticables », tout comme les Italiens, auxquels il est « recommandé de faire preuve de la plus grande prudence, d’éviter les zones des manifestations, de suivre les instructions des autorités locales et si possible de limiter les sorties ».

« En particulier à Paris, il est conseillé d’éviter de se rendre dans le centre-ville », a ajouté le ministère des Affaires étrangères.

« La violence peut être utilisée. Soyez vigilant et évitez les endroits où se déroulent les manifestations », mettent également en garde les Pays-Bas.

La France y conserve cependant un « code vert », ce qui signifie qu’il n’y a « aucun risque particulier pour la sécurité ».  De même, les voyageurs turcs se rendant en France sont exhortés à « se tenir éloignés » des lieux où se déroulent les manifestations et à rester à bonne distance des endroits pouvant s’avérer dangereux, « surtout à Paris ».

LA MANIFESTATION DES GILETS JAUNES VUE D’ISRAËL. Dans Libération : « Une poignée de secondes dans les JT, des dépêches d’agences sur les dégâts à Paris samedi dernier moulinées sans recul par les grands quotidiens : en Israël, la couverture des gilets jaunes reste modeste. Distante si ce n’est inexistante. Etonnant, alors qu’ici, d’ordinaire, tout ou presque est matière aux envolées intello-idéologiques. Il est vrai qu’au pays des breaking news perpétuel, l’espace médiatique est déjà ­saturé par les affaires de corruption de Nétanyahou et les tunnels du Hezbollah à la frontière libanaise.

«Les deux premières semaines ont été totalement ignorées, note Asaf Ronel, reporter au grand quotidien de gauche Haaretz, en route vers l’aéroport pour couvrir l’acte IV des gilets jaunes dans la capitale. Cette indifférence est difficile à expliquer. Peut-être est-ce parce que, à l’inverse des autres mouvements populistes des dernières années, on a du mal à savoir si ça vient de la droite ou de la gauche…»  En Cisjordanie, on ironise sur Facebook : «A ce degré de violence, ici on aurait déjà eu 100 morts ! Et c’est nous les terroristes quand on jette des pierres ?» ­raconte le journaliste palestinien Qassam Muaddi.

A la télé, Al-Jezira et sa concurrente libanaise Al-Mayadeen ont consacré des éditions spéciales. Les experts en plateau flirtent avec le complotisme : pour eux, la France paye son immixtion dans les affaires syriennes, qui auraient grêlé les comptes publics et créé une crise migratoire source de révolte.

Mais pour Ali, quadra marxiste croisé dans un café de ­Ramallah, tout s’explique par trente ans de néolibéralisme : «Avec la disparition de la vraie gauche, le capitalisme pousse à la violence, dernier moyen de résister… Chez nous, ça donne les islamistes. Chez vous, les gilets jaunes…». G.G. (à Tel-Aviv et Ramallah)

Etats-Unis «Une taxe imposée par des gauchistes radicaux»

«Dites donc, c’est la révolution en France ! lance en rigolant un garde-frontière américain en nous rendant notre passeport, dans un check-point au sud de la Californie, tout près du Mexique. Mais contre quoi ils manifestent, au juste ?»

Le mouvement de colère des gilets jaunes a réussi la prouesse d’intéresser les chaînes d’info américaines, d’habitude peu enclines à couvrir des événements à l’international quand ils n’ont aucun lien avec les Etats-Unis.

Les images des violences lors des manifestations des yellow vests se sont même imposées sur les écrans. «Il n’y a pas eu de symbole de révolte vestimentaire aussi efficace depuis que les sans-culottes se sont saisis de leur pantalon pour se démarquer de l’aristocratie pendant la Révolution française», a même noté le New York Times après le recul de Macron.

L’intérêt pour cette actualité française a redoublé après des tweets de Donald Trump, qui n’a pas hésité à lier directement la décision du président français aux accords de Paris sur le climat, alors que la COP 24 se tient ces jours-ci en Pologne : «Je suis heureux que mon ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris soient tombés d’accord sur la conclusion à laquelle j’avais abouti il y a deux ans, a tweeté le président américain mardi. L’accord de Paris est fondamentalement mauvais car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays responsables, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs au monde.»

Juste avant, il avait même relayé sur son compte Twitter les fake news de Charlie Kirk, un commentateur de l’alt-right, selon qui les «émeutes dans la France socialiste» ont été causées par «une taxe sur le carburant imposée par des gauchistes radicaux».

Kirk va jusqu’à affirmer que les gilets jaunes «scandaient «nous voulons Trump» dans les rues de Paris».

L’extrême droite, les médias conservateurs, complotistes et de l’alt-right se sont largement fait l’écho des manifestations, ­décrites comme une humiliation envers Macron,qu’ils qualifient de «globaliste».

Ils n’ont visiblement pas digéré les attaques du président français contre le «nationalisme» de Trump. «Regardez dans le dictionnaire monsieur le président Macron, le nationalisme signifie la dévotion à son pays, a lancé l’ultraconservateur consultant de Fox News, Sebastian Gorka. Les travailleurs français veulent que Macron les représente de la même manière que Trump représente les travailleurs américains. Mais Macron vient de démontrer qu’il n’est qu’un politicien comme les autres.»

I. H. (à New York)

1 COMMENT

  1. En Israël ils doivent se dire: “et c’est ce petit con qui veut venir nous donner des leçons?” qu’il apprenne
    à diriger son pays avant de vouloir diriger le monde. Il veut aussi s’imiscer dans le processus de paix?
    Je vous le dit mes amis en Israël ils se marrent.
    AM ISRAEL HAÏ
    ROSA

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