Le Prince Ali a un boulevard devant lui à présent. Il peut largement avoir la majorité face à Sepp Blatter, qui va terminer son mandat en plein scandale de la FIFA. On peut s’étonner juste de la concomitance entre le congrès de la FIFA , de l’élection présidentielle de cette organisation et les diligences de la justice américaine. La justice américaine semble avoir eu un timing qui convenait à l’élimination de Sepp Blatter, alors que l’on sait que les États-Unis n’avaient jamais accepté la désignation de la Russie pour le mondiale de 2018 et du Qatar en 2022. 

Le vote de la FIFA en décembre 2010 avait fait bien sûr des malheureux : les autres pays candidats à l’organisation étaient, pour le Mondial de 2018, l’Angleterre, et des duos Portugal-Espagne et Belgique – Pays-Bas. Pour l’édition de 2022 étaient également en compétition les États-Unis, l’Australie, la Corée du Sud et le Japon. Certains auront probablement été écartés parce qu’ils avaient organisé l’événement il y a peu (Corée, Japon) ou parce que leur dossier n’a pas semblé assez consistant (Pays-Bas, Belgique). D’autres, en position de favoris, doivent encore se demander ce qui leur a manqué (États-Unis, Angleterre).

Ce n’est pas le Prince Ali qui reviendra sur ces choix, lui qui veut réintégrer l’équipe féminine d’Iran, et qui restera toujours assez proche des Palestiniens. Il n’en demeure pas moins que cette situation devient dangereuse potentiellement pour Israël, bien qu’il faille 75% des voix pour arriver à la radiation d’Israël de la FIFA.

Mais rien n’interdit de penser que derrière cette affaire, une fois de plus les États-Unis règlent leurs comptes, mais favorisent une fois de plus un prince arabe à la tête d’une des plus riches voire la plus des organisations sportives.

Le Prince Ali ?

Le prince Ali de Jordanie (en arabe, الأمير علي بن الحسين / Ali ben al-Hussein), né le à Amman (en Jordanie), est un prince jordanien, troisième fils du roi Hussein, demi-frère du roi Abdallah II, qui occupe depuis 2011 le poste de vice-président de la Fédération internationale de football association pour l’Asie.

Le , le prince Ali épouse l’Algérienne Rym Brahimi (1969), ancienne journaliste de CNN, fille de Lakhdar Brahimi, représentant spécial des Nations unies pour l’Afghanistan et l’Irak. L’union est publiquement célébrée le 7 septembre de la même année. Ils ont deux enfants :

 

Le Scandale

Face au dernier scandale en date qui touche la FIFA, il a renouvelé son discours prônant le renouveau. Calme et déterminé, le Prince jordanien Ali bin Al Hussein, dit Prince Ali, joue la carte de la jeunesse et de la transparence pour tenter de déboulonner le patron de la FIFA en exercice depuis 1998 et qui brigue un cinquième mandat à 79 ans.

« Aujourd’hui est un jour triste pour le football, a déclaré le prince Ali, mercredi 27 mai, jour de l’interpellation de sept membres de la fédération internationale à Zurich. Nous ne pouvons continuer avec cette crise. La FIFA a besoin d’un leader qui gouverne, guide, protège, assume les responsablités, ne rejette pas le blâme sur d’autres et restaure la confiance. »

Agé de 39 ans, ce demi-frère du roi Abdallah II, qui a le rang de général dans l’armée jordanienne, bénéficie dans les milieux sportifs internationaux d’une image positive, celle d’un homme modeste et travailleur.

Vice-président de la FIFA depuis 2011

Marié depuis 2004 à l’ex-journaliste algérienne Rym Brahimi, le prince Ali, père d’une fille et d’un garçon, est, selon son entourage, « déterminé à tenter sa chance jusqu’au bout et n’a envisagé à aucun moment le retrait de sa candidature [face à] “Sepp” [Blatter] ».

Vice-président de la FIFA pour l’Asie depuis 2011, il dirige également depuis 1999 la Fédération jordanienne de football. En annonçant sa candidature, le prince Ali a expliqué vouloir redorer le blason de la FIFA, éclaboussée par les polémiques et les affaires en tout genre.

Le football mondial « mérite une gouvernance de classe mondiale » et la FIFA doit être « une organisation de service et un modèle d’éthique », a-t-il martelé, éreintant implicitement la gestion controversée de Blatter, entré à la fédération internationale il y a quarante ans.

Soutien de Platini

Le Jordanien, qui a rasé récemment sa barbe naissante, a des appuis de choix sur la planète du ballon rond. Lors d’un salon autour du football asiatique en Jordanie, il avait ainsi convié un de ses partisans, l’ex-star Diego Maradona. Lundi, il a reçu par voie de presse un soutien de poids, celui de Michel Platini, président de l’UEFA.

Le credo de sa campagne fut l’intégrité. « Nous devons être plus ouverts, plus transparents dans la façon avec laquelle nous faisons les choses. Il n’y a rien à cacher, à mon avis, et il ne faut pas qu’il y en ait », a-t-il plaidé sans cesse.

Celui qui enchaîne les pauses cigarettes pendant les travaux du comité exécutif à la FIFA, à Zurich, a diffusé lundi une vidéo électorale dans laquelle il s’exprime depuis son bureau, où trône une photo de son père, feu le roi Hussein. Le prince Ali est né d’un troisième mariage, avec la reine Alia, une Jordanienne d’origine palestinienne tuée dans un accident d’hélicoptère en 1977, deux ans après sa naissance.

Dans ce spot, les images de matchs de foot d’enfants et féminines abondent. Depuis 2012, le prince a en effet créé l’Asian Football Development Project (AFDP, à but non lucratif), le projet de développement du football asiatique, qui a pour mission de développer le jeu à travers l’Asie, en particulier auprès des jeunes, et de valoriser la place des femmes.

Des études aux Etats-Unis

L’AFDP a notamment mené, avec succès, la campagne pour lever l’interdiction faite aux femmes voilées de jouer. A son crédit également, la proposition – acceptée – d’augmenter le nombre de pays participant à la Ligue des champions d’Asie.

Le prince Ali se présente comme « un fervent partisan du football féminin ». « Je suis déterminé à aborder toutes les questions pertinentes afin de veiller à ce que toutes les filles et les femmes puissent jouer ce beau jeu à travers le continent [asiatique] », déclarait-il dès 2011.

Le cursus du prince est riche d’études aux Etats-Unis, où il a obtenu en 1993 un diplôme de la Salisbury School, au Connecticut. Comme la plupart des membres de la famille royale de Jordanie, il a ensuite rejoint l’Académie militaire royale de Sandhurst en Grande-Bretagne, dont il est sorti en 1994.

Lui qui a servi comme chef de la sécurité spéciale du roi, de 1999 à 2008, a grandi dans une famille qui baigne dans le milieu sportif. Sa sœur, la princesse Haya, a brigué deux mandats à la Fédération équestre internationale (FEI). Son demi-frère, le prince Faiçal Bin Al-Hussein, est quant à lui membre du Comité international olympique.

Le prince Ali, amateur de lutte gréco-romaine, doit maintenant gérer son plus grand combat, vendredi lors de l’élection présidentielle de la FIFA, à Zurich, face à un redoutable adversaire.

 

JForum.fr  – AFP

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