Israël ; les retraités contraints de travailler après 65-67 ans
Israël se distingue parmi les pays développés par un taux élevé d’emploi chez les seniors, notamment après 65 ans. Plus de 28 % des hommes et environ 15 % des femmes de cette tranche d’âge restent actifs professionnellement, des chiffres supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Cette dynamique s’explique en partie par la longévité accrue des Israéliens, mais surtout par des impératifs économiques dans un contexte où le coût de la vie, notamment le logement et les services, pèse lourdement sur les budgets familiaux.
Les données récentes montrent que parmi les hommes qui continuent à travailler après l’âge légal de la retraite, plus de 58 % poursuivent leur activité au-delà de 70 ans. Chez les femmes, cette proportion est plus faible, autour de 29 %. Cette poursuite d’activité n’est pas liée à une reconversion professionnelle, mais plutôt à la continuité dans leur emploi actuel. Environ 70 % des seniors actifs occupent leur poste depuis plus de dix ans, ce qui souligne une stabilité et une fidélité à leur employeur. Cette situation évite aux seniors les difficultés liées à la recherche d’un nouvel emploi à un âge avancé.
Les secteurs les plus concernés par cette présence accrue des seniors sont la sécurité, les soins et les services aux personnes, où les travailleurs de plus de 65 ans représentent environ 31 % des effectifs. L’éducation et le milieu académique suivent avec près de 16 %. En revanche, le secteur de la haute technologie compte très peu de seniors, seulement 4 %, en raison des exigences intellectuelles et de la nécessité d’adaptation constante aux nouvelles technologies.
Cette réalité s’inscrit dans un contexte où le système de retraite israélien a évolué tardivement. L’obligation de cotiser à une pension est entrée en vigueur en 2008, ce qui signifie que beaucoup de seniors actuels n’ont pas bénéficié d’une couverture complète tout au long de leur carrière. Cette situation a conduit à des pensions insuffisantes pour maintenir un niveau de vie confortable, obligeant de nombreux retraités à prolonger leur activité professionnelle par nécessité financière.
Les retraités issus de l’immigration, notamment ceux venus de l’ex-URSS, illustrent particulièrement cette problématique. Arrivés en Israël à un âge avancé, ils n’ont pas eu le temps de constituer des droits à la retraite comparables à ceux des natifs. En 2016, seulement 20,3 % des anciens immigrants de plus de 67 ans percevaient une pension, contre des taux beaucoup plus élevés dans d’autres groupes. Leur taux d’emploi a ainsi augmenté de manière significative, passant de 8,2 % en 2006 à 20 % dix ans plus tard, principalement par nécessité économique.
Cette tendance soulève des questions sur la pérennité du système de retraite israélien face à l’allongement de la durée de vie et à la hausse du coût de la vie. Si certains seniors choisissent de travailler pour rester actifs, d’autres le font par obligation, ce qui révèle des disparités sociales et économiques importantes. Le défi pour les autorités sera d’adapter les mécanismes de protection sociale afin de garantir une retraite digne sans contraindre une part croissante de la population âgée à rester sur le marché du travail.
En somme, la forte présence des seniors sur le marché du travail israélien traduit à la fois une société vieillissante, des conditions économiques contraignantes et un système de retraite encore en phase d’ajustement. Cette réalité complexe nécessite une attention continue pour équilibrer bien-être social, dynamisme économique et justice intergénérationnelle.
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