Israël a-t-il bombardé une base aérienne syrienne ?

Des frappes aériennes ont visé dans la nuit la base militaire d’Abu al-Duhur, située dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie. Si Israël n’a pas revendiqué ces attaques, le gouvernement syrien et l’envoyé américain pour l’Irak et la Syrie ont pointé du doigt l’État hébreu, dénonçant une escalade inutile et dangereuse pour la stabilité régionale. Le ministère syrien des Affaires étrangères a qualifié ces frappes d’« acte d’agression injustifié » et de « violation flagrante de la souveraineté syrienne », soulignant que cette action menace la sécurité dans la région.

L’envoyé américain Tom Barrack a exprimé une vive inquiétude, rappelant que ces frappes ne favorisent en rien la stabilité régionale. Il a insisté sur le fait que le gouvernement syrien, dirigé par Ahmed al-Shaara, n’adopte pas une posture agressive ni ne soutient de forces par procuration, mais privilégie au contraire la désescalade avec Israël. Barrack a appelé à privilégier le dialogue et la retenue, estimant que des accords durables de désescalade passent par un engagement soutenu entre toutes les parties concernées.

Les frappes ont été menées par quatre avions, selon des médias arabes, qui ont ciblé la piste de la base militaire située à environ 70 kilomètres de la frontière turque. Les informations sur les dégâts matériels ou d’éventuelles victimes restent limitées, et les autorités syriennes n’ont pas encore publié de communiqué officiel détaillé. Certains médias affiliés à Hezbollah ont attribué ces frappes à Israël, bien que l’armée israélienne n’ait fait aucun commentaire à ce sujet.

La base d’Abu al-Duhur a une histoire mouvementée, ayant changé plusieurs fois de mains au cours de la guerre civile syrienne. Initialement capturée par les rebelles en 2015 après un siège prolongé, elle est revenue sous le contrôle du régime de Bachar al-Assad en 2018, avant d’être reprise par les forces rebelles en novembre 2024. Depuis la chute d’Assad, la zone est sous la gouvernance du nouveau gouvernement syrien d’Ahmed al-Sharaa.

Dans ce contexte, les frappes aériennes ravivent les tensions dans une région déjà fragilisée. La Turquie a récemment dénoncé les attaques israéliennes comme un facteur majeur de déstabilisation en Syrie, soulignant que la stabilité syrienne est une responsabilité partagée par tous les pays voisins. En réponse, Israël a critiqué la Turquie pour son occupation partielle du territoire syrien et a justifié sa présence dans une zone tampon comme une mesure de protection contre les attaques terroristes.

Cette récente offensive soulève des questions sur l’avenir des relations entre Israël et la Syrie, ainsi que sur les risques d’une escalade militaire plus large. Alors que les appels à la retenue se multiplient, la situation reste fragile.

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