En marge de la Haggada de Pessah

Très chers Amis,
Il est important de suivre attentivement les consignes de confinement tant pour ne pas être contaminés que – pour le cas où nous serions porteurs sans le savoir – ne pas contaminer toutes les personnes qui nous sont chères. Aussi je me joins à tous ceux qui le demandent déjà RESTEZ CHEZ VOUS !!! ET SOYEZ EN BONNE SANTE POUR LA PLUS GRANDE JOIE DE TOUS CEUX QUI VOUS AIMENT !!!!
JE SAIS QUE TOUTE L ‘ANNÉE NOUS ATTENDONS LE SOIR DU SEDER MAIS PRENEZ SOIN DE VOUS POUR QUE POUR D’AUTRES FÊTES NOUS PUISSIONS TOUS ETRE RÉUNIS 
HAG PESSAH KASHER ET SAMEAH !!!!!
La semaine prochaine, sDv nous reprendrons le cours des parashot
Cordialement en espérant que Mashiah se dévoile enfin à nos yeux


Je voudrais vous proposer ici quelques réflexions sur la fête de Pessah

Caroline Elisheva Rebouh le 05.04.2020

Dans la guemara, Rabbi Yéhouda fait remarquer que si les 10 plaies d’Egypte sont regroupées par trois sigles c’est pour une raison qui se cache derrière chaque sigle ainsi nous avons « datsakh » qui est le sigle de « dam, tsfardéâ et kinim » (le sang, les grenouilles et les poux) c’est parce que derrière ce sigle se trouvent des sens cachés tels que l’existence divine le deuxième sigle : « âdash » soit : « ârov, déver, shekhin, » (les bêtes sauvages, la peste, les ulcères) le sens caché pour ce groupe est le pouvoir sur la nature, et pour le troisième groupe : « beahab » pour « barad, arbé, hoshekh et bekhorot » (la grêle, les sauterelles, les ténèbres et la mort des premiers nés) pour affirmer s’il en était besoin que rien ni personne n’est comparable à D. dans l’univers tout entier et que Le seul et Unique qui peut agir directement est D. par Lui-Même, directement et sans intermédiaire.

En marge de la première des dix plaies : le sang : tout ce qui était liquide se transforma en sang sans lequel il n’est de vie possible mais en la présence ‘extérieure) duquel toute vie est impossible ainsi, les poissons par exemple n’ont pu survivre et personne n’a pu boire et par la présence du sang dans l’eau la végétation en pâtit.

LE SANG auquel est fait allusion est aussi celui de la brit mila qui fait qu’un être devient partie intégrante du peuple et ce SANG dont nous avons badigeonné les linteaux de nos portes pour sauver nos premiers-nés de la mort infligée aux premiers-nés égyptiens.

Ce sang de l’agneau pascal, ce sacrifice nous rappelle que le bélier pris par ses cornes dans le buisson racheta le premier-né d’Abraham.

Et, ce double sacrifice, celui du bélier et celui de l’agneau, ont donc un rapport direct avec le rachat du premier-né. Les commentateurs nous enseignent à propos des versets (Ezéchiel XVI, 6 et 8)  où il est écrit bedamayikh hayy (tu vivras dans ton sang) que nous vivons à cause ou plutôt grâce au sang de la circoncision (milah) et du sacrifice pascal !

Et ce qui conforte cette opinion est que dans les deux versets, il est écrit : « je suis passé » dans le sens de « je t’ai observée » mais il y a aussi un autre sens c’est que tout d’abord, toi, tu n’étais qu’une enfant (allusion à la mila) puis, tu es devenue femme (tu as mûri ; femme = la nation juive) et alors, tu as été sauvée par le sacrifice pascal.

Cet agneau, est la représentation d’une idole égyptienne et sacrifier un agneau signifie démystifier cette idolâtrie.

Les TÉNÈBRES : Cette plaie s’est déroulée en deux temps et d’un temps à l’autre les ténèbres se sont épaissies au fur-et-à-mesure au point où les ténèbres sont devenues si palpables aux Égyptiens qu’il leur était impossible de se mouvoir alors que chez les Juifs, les ténèbres ne les empêchaient nullement de bouger et de plus ils voyaient tout.

Rashi et d’autres commentateurs émettent l’opinion selon laquelle pendant ces ténèbres les 4/5 du peuple juif périrent car ils avaient cédé aux coutumes égyptiennes par conséquent le peuple avait considérablement grandi en ce temps où les Hébreux sont devenus un peuple juif ils étaient donc par conséquent près de 3 millions d’êtres mâles de 20 à 60 ans sans compter les femmes les enfants et les vieillards étant donné que nous savons qu’ils étaient 600,000 hommes de 20 à 60 ans à la sortie d’Egypte !!!

Ces ténèbres ont donc été l’expression du silence et de la mort car la parole est vie et lumière tandis que les ténèbres sont mort et silence. Le cinquième de la population juive restant en vie cherche chez les Égyptiens non seulement leur salaire dû pendant les 430 ans où ils ont travaillé et ont été réduits en esclavage mais, sur un plan spirituel ils ont recherché les étincelles divines dispersées en Egypte.

LES SAUTERELLES :
Alors que la grêle abime la végétation mais en laisse un peu les sauterelles, elles, détruisent tout de manière irrémédiable tout comme la mort détruit tout sur son passage sans espoir de renaissance.
Voici donc quelques réflexions…………

<ENCORE AU SUJET DES ENSEIGNEMENTS DE LA HAGGADA

Dans le Judaïsme, au cours de deux très importantes fêtes, les convives sont réunis autour d’une table avec un cérémonial particulier et avec des aliments particuliers qui excitent notre curiosité. Ce sont les fêtes de Rosh Hashana et de Pessah..

La mitsva (le commandement) de Pessah ne réside pas seulement dans l’obligation de ne pas consommer de Hamets (levain ou pain levé) mais aussi dans celle d’enseigner en quoi consiste cette fête et, pour ce faire, certains gestes, textes, coutumes, aliments et attitudes doivent attiser la curiosité des commensaux.

La première des questions qui se posent est de comprendre pour quelle raison le récit de la haggada commence par un paragraphe rédigé en araméen à l’exception de deux mots (« leshana habaa » = l’année prochaine) ?

En réalité, il faut savoir que le texte de la Haggada de Pessah a été conçu par les Tanaïm de la Knesset Haguedola et, donc, à l’époque, les Juifs qui avaient été exilés parlaient l’araméen ainsi que tous les occupants de la Terre d’Israël s’exprimaient désormais en cette langue, bien que des Grecs (Hellènes) ou des Romains succédèrent aux Babyloniens et qu’eurent lieu des influences linguistiques comme nous le verrons plus bas dans cet exposé.

En lisant le premier paragraphe en araméen, les occupants pouvaient comprendre qu’ils remémoraient la sortie d’Egypte mais ils ne pouvaient comprendre que les Juifs portaient en eux le secret espoir (TIKVA en hébreu) de se retrouver libérés en Terre d’Israël l’année suivante. Il s’agit encore du même souhait que chaque Juif formule année après année d’être libre et sur la terre de nos Aïeux.

Et, pour apporter encore quelques précisions à propos de l’araméen, nous dirons ceci : certaines prières sont dites en araméen comme le kadish ou certaines suppliques de Yom Kippour et on ne peut les dire qu’à la condition d’être au minimum un quorum de 10 hommes. La raison en est la suivante : l’Univers a été entièrement créé en hébreu (y compris les Anges du Service divin appelés Mal’akhé HaSharet).

De cette manière, lorsque des hommes se réunissent pour prier en Hébreu, les Anges accourent pour emporter les prières des fidèles vers HaShem. Au contraire, lorsque 10 hommes se réunissent et prient en Araméen, D. reçoit ces prières Lui-Même sans avoir recours au service des Anges. HaShem est heureux de voir Ses enfants célébrer Pessah dans le monde entier pratiquement en même temps et IL montre ainsi aux Anges qui s’étaient montrés « réticents » lors de la Création de l’homme : « Voyez comment Mes Enfants me rendent hommage et Me remercient, en cette nuit où JE les ai fait sortir d’Egypte » !

Après ce premier paragraphe où chaque personne qui pourrait avoir faim est conviée à se joindre à l’assistance pour y manger à satiété du « pain de misère », l’on a coutume d’entendre le plus jeune enfant de l’assistance poser 4 questions sur les différences évidentes qui existent entre cette première nuit de Pessah et les nuits ordinaires.

En effet, le devoir éducatif et didactique des parents s’exprime en l’illustration d’éléments concrets : la matsa, les herbes amères et l’agneau (sacrifice), le fait que d’ordinaire on mange rapidement (parfois même sans prendre le temps de s’asseoir) alors qu’en ce soir de séder chacun des commensaux consomme en s’accoudant (signe de liberté). Ce devoir d’enseigner les enfants doit perdurer malgré les évènements et les situations géographiques qui peuvent changer.

Se trouve un passage au cours duquel intervient l’un des Tanaîm qui atteignit une très haute fonction alors qu’il n’était âgé que de 18 ans : Rabbi Eléazar ben Azarya. Malgré son très jeune âge, il fut nommé Président (Nassi) de la Kenesseth Haguedola (la grande assemblée).

Sa chevelure et sa barbe blanchirent tout-à-coup et, dans la Haggada est reportée son exclamation devenue très célèbre : « voici que je parais être un homme de 70 ans »

L’explication de cette phrase est la suivante : Rabbi Eléazar ben Azarya est la réincarnation du Prophète Samuel qui est mort à 52 ans. 52 ans ajoutés aux 18 ans que le Tana avait à l’époque font bien 70 ans. La blancheur de la chevelure et de la barbe provient de l’amas de responsabilités échu à R’ Eléazar….

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

 

 

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