L’un des principaux candidats à la présidentielle égyptienne, l’islamiste Abdel Moneim Aboul Foutouh, a qualifié Israël d’Etat « raciste » en estimant que le traité de paix de 1979 entre son pays et l’État hébreu devait être révisé.
Lors d’une interview télévisée tard samedi, Abdel Moneim Aboul Foutouh a également affirmé que l’assassinat du chef d’al-Qaida, Oussama Ben Laden, par les forces spéciales américaines relevait du « terrorisme d’État ».
Abdel Moneim Aboul Foutouh, l’un des favoris des sondages pour le scrutin des 23 et 24 mai, avait déjà décrit Israël comme un « ennemi » jeudi lors d’un débat télévisé avec son principal rival, l’ancien ministre des Affaires étrangères Amr Moussa.
Lors de l’interview samedi soir avec la chaîne satellitaire privée CBC, il a précisé avoir été opposé au traité de paix dès son entrée en vigueur.
« Je considère toujours le traité de paix comme une menace à la sécurité nationale de l’Égypte, et il doit être révisé », a-t-il dit.
« Il s’agit d’un traité qui interdit à l’Égypte d’exercer son entière souveraineté sur le Sinaï et permet aux Israéliens d’entrer dans le Sinaï sans visa, alors qu’ils ont besoin d’un visa pour Le Caire », a-t-il ajouté.
La présence de l’armée égyptienne n’est pas autorisée dans certaines parties du Sinaï depuis les accords de paix de 1979.
« L’assassinat de Ben Laden : un acte de terrorisme d’État » (Abdel Moneim Aboul Foutouh)
Abdel Moneim Aboul Foutouh a dit qu’Israël était « un État raciste avec 200 têtes nucléaires » constituant, selon lui, une menace pour l’Égypte.
Islamiste «modéré» soutenu par des salafistes comme par certains libéraux, Abdel Moneim Aboul Foutouh a refusé de décrire Oussama Ben Laden comme un terroriste, estimant que le terme avait été utilisé par les États-Unis pour « frapper les intérêts musulmans ».
Il a affirmé que son assassinat, en 2011 au Pakistan, était un « acte de terrorisme d’État » et que le chef d’al-Qaida aurait mérité un procès équitable, même qu’il n’était pas d’accord avec son usage de la violence.
« Si une cour juste l’avait condamné, alors le verdict aurait dû être appliqué », a-t-il dit. Amr Moussa a lui aussi plaidé pour une révision du traité avec Israël et a décrit la politique de l’État hébreu envers les Palestiniens comme une « question de sécurité nationale » pour l’Égypte.
14-05-2012/AFP
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