Edwy Plenel, prophète métastasé de l’Islam radical

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«Les islamistes ne sont pas les musulmans, et Edwy Plenel n’est pas leur prophète»

«Les islamistes ne sont pas les musulmans, et Edwy Plenel n'est pas leur prophète»

FIGAROVOX / TRIBUNE – «L’islamisme n’est pas en soi une chose grave», a déclaré la journaliste de Mediapart, Jade Lindgaard, dans l’émission «C à vous» du samedi 11 novembre 2017. Fatiha Boudjahlat dénonce l’amalgame entre musulmans et islamistes.


Fatiha Boudjahlat est enseignante, cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République.


Jade Lindgaard, co-présidente de la Société des journalistes de Mediapart était reçue dans l’émission «C dans l’air» du dimanche 11 novembre 2017. On a retenu d’elle cette sortie «L’islamisme n’est pas en soi une chose grave». Pourtant, la même journaliste expliquait, dans la même émission, que le travail de journalisme ne consistait pas à dire que telle chose était grave et telle autre, non. C’est toute l’incohérence dogmatique de Mediapart: donner des leçons de journalisme, d’éthique, de justice, du beau, du bon, du vrai, et se dispenser de les respecter quand ses journalistes le décident.

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Mediapart est un média d’opinion et un média d’investigation, qui se revendique comme antisystème, qui a réalisé de belles enquêtes courageuses, qui a mis au jour tant de scandales et de malversations. On ne peut qu’être attristé de la voir enrôler dans la croisade lancée par son co-fondateur, qui a brouillé l’image et la crédibilité de ce média par son militantisme idéologique effréné. Les journalistes pouvaient-ils se dissocier de Plenel?

En France, les morts sont du côté des laïques et du côté de Charlie Hebdo. Les tueurs sont du côté des islamistes

Cela aurait été plus courageux que de s’en prendre aux fraudeurs fiscaux. Le courage n’est pas du côté de celui qui soutient les islamistes. En France, les morts sont du côté des laïques et du côté de Charlie Hebdo. Les tueurs sont du côté des islamistes. Il aurait fallu défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression tout le temps, et Plenel, seulement quand il a raison.

Mediapart précise avoir interviewé deux fois Tariq Ramadan, et lui avoir consacré une longue enquête fouillée et objective. Mais comme le CSA recense les interventions des politiques, nous devrions comptabiliser les heures que Plenel a consacré à défendre Tariq Ramadan, le nombre de tribunes partagées avec lui lors de conférences autant politiques que religieuses. Le nombre de tweets en sa faveur, dont celui parlant de sa beauté qui expliquerait la jalousie dont il serait la victime. Les tribunes des journalistes de Mediapart, dont une classant Valls comme recours social-national (histoire de juste suggérer le national-socialisme…) et l’hyperpersonnalisation de Plenel justifient que l’on s’interroge sur Mediapart dans son ensemble.

Jade Lindgaard dénonce dans cette émission «l’aura maléfique construite» autour de la figure de Ramadan. Mais nous dénonçons leur construction méthodique de son aura angélique, l’apposition par Plenel d’une auréole sur celui qu’il présente encore maintenant comme «un intellectuel spirituel». Comment ne pas nous étonner que la puissance d’analyse de Mediapart soit à ce point à éclipse? Tariq Ramadan n’est pas islamologue. Il est islamiste. Il ne produit pas du sens. Il produit du religieux. De la norme. De l’ultra-orthodoxie. Plenel, donc Mediapart, dans un mélange des genres dont il est comptable, ont consacré à la défense et à la normalisation de l’islamisme une surface médiatique, un temps, un réseau intellectuel disproportionné avec ce que pèse en France ce courant politico-religieux d’extrême-droite.

En s’engageant dans le combat contre cette islamophobie d’islamistes, Mediapart concourt à façonner à son goût la figure du musulman selon ses critères

C’est que Mediapart s’engage dans la lutte contre l’islamophobie. Sans vouloir comprendre que l’islamophobie vise d’abord à coaliser les musulmans autour de leurs leaders les plus radicaux. Parce que comme l’explique le philosophe américain Michael Walzer, dans une société démocratique, les groupes religieux ne peuvent assurer leur existence qu’en tant qu’associations volontaires. Les leaders de ces groupes ont plus à craindre de l’indifférence de leurs membres que de l’intolérance des gens de l’extérieur. Indifférence que les leaders doivent briser par une intolérance qu’il s’agit de créer, d’exagérer, de provoquer parce qu’elle a pour effet, même fantasmée, de conserver ces groupes sous leur férule. En s’engageant dans le combat contre cette islamophobie d’islamistes, Mediapart concourt à façonner à son goût la figure du musulman selon ses critères. On se rappelle de la photographie de leur rédaction, étonnamment monochromatique. Eux savent pourtant ce qu’est un authentique musulman et un bon arabe: c’est un islamiste. Ils sont dans l’orientalisme religieux.

Plenel surcompense son rendez-vous raté avec l’histoire. Il se rêvait Jean Moulin, Zola, Schindler… aussi longtemps qu’Israël n’existait pas. Il a décidé de se consacrer aux nouveaux «juifs des années trente», les musulmans. Les juifs de maintenant ne l’intéressent guère, l’antisémitisme qu’ils subissent ne le mobilise guère, pas plus que la rédaction de Mediapart. Y a t -il seulement dans notre pays une Sarah Halimi du côté des musulmans? Ou un Ilan Halimi? Ah si, le CCIF a rapporté le vol d’un câble de cuivre dans une mosquée. Un jet de lardons sur une autre aussi. Pour combien de tags antisémites? Combien d’agressions anti musulmanes? Pour combien d’agressions anti-juives? Mediapart ne devrait pas être économe de sa capacité d’indignation et de condamnation: Tous les crimes haineux devraient nous mobiliser. Ces musulmans, Plenel les veut et ne les reconnaît que comme islamistes, dans la radicalité religieuse et politique.

Plenel fait l’amalgame entre des personnes pratiquant un culte honorable, beau, exigeant, avec une métastase politique prétendant conquérir et éliminer tout ce qui n’est pas elle

Dans l’hostilité et l’étanchéité vis-à-vis de la France et de la République. Plenel fait l’amalgame entre des personnes pratiquant un culte honorable, beau, exigeant, avec une métastase politique prétendant conquérir et éliminer tout ce qui n’est pas elle. Ce ne sont pas les musulmans qui ont assassiné tant de nos compatriotes. Ce sont les islamistes. Et on ne doit plus distinguer ceux qui portent les armes de ceux qui arment en mots ceux qui s’arment tout court. Plenel le bourgeois blanc pénitent s’est livré à une bien coupable appropriation culturelle quand il a expliqué que l’excellente Une de Charlie le caricaturant, ce qui est un peu leur cœur de métier, visait les musulmans à travers lui. Il a épousé les codes de communication des islamistes, puisqu’il a lancé une fatwa contre Charlie en portant une telle accusation à leur encontre. Edwy Plenel n’est pas l’islam. Edwy Plenel n’est pas les musulmans. Edwy Plenel n’est pas Zola. Edwy Plenel n’est pas Jean Moulin. Edwy Plenel est celui que l’antisémite et homophobe Mehdi Meklat a qualifié de «petit papa». Il est un bourgeois militant de l’indigénisme et de l’islamisme. L’islamisme est une chose grave en elle-même. L’islamisme a tué en France. Des enfants. Des jeunes. Des juifs. Des musulmans. Des chrétiens. Des athées. Des laïques. Des indifférents. Des fonctionnaires, des journalistes. Des Français et des non-Français.

Jade Lindgaard déclarait aussi qu’il fallait comprendre et expliquer l’islamisme. Mais avec quelle distance et quelle crédibilité Mediapart peut-il le faire quand il fait l’amalgame entre les islamistes et les musulmans? Ce n’est pas une différence de degré dans la piété qui distingue l’islam de l’islamisme. C’est une différence de nature. L’islamisme n’est pas l’islam. Les islamistes ne sont pas Les Musulmans. Et Edwy PLenel n’est pas leur prophète. Et s’ils me critiquent, je la jouerai comme Edwy: Ce seront les musulmans, les femmes, les «racisés», les Franc-comtois, les enseignants, les fonctionnaires, les frisés, les gauchers que j’accuserai Edwy de viser au travers moi.


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Fatiha Boudjahlat

1 COMMENT

  1. Moi je fais la distinction entre musulmans (on est musulman parce qu’on est né dans une famille musulmane) et islam et coran. Le mal, c’est le coran, donc l’islam qui n’est qu’une hérésie du judéo-christianisme. Un judéo-christianisme mal compris.
    Beaucoup de musulmans en ont conscience mais sans encore oser le dire. Un jour viendra où ils feront eux-mêmes leur aggiornamento car leur silence ne sera plus tenable. Ils n’y couperont pas. Ils, ceux qui sont dans la colère et le ressentiment, vivent une crise de croissance qui se manifeste par de la haine et une hostilité destructrice. En fait, ils compensent leur complexe d’infériorité par un sentiment de supériorité.

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